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Prenez la parole

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Camille
Bien gagner sa vie semble aujourd'hui honteux... Camille , 19 ans, étudiante en sciences économiques et gestion, Saumur (Maine-et-Loire).
  • Quelles sont vos difficultés aujourd'hui ?

    Je suis étudiante en dernière année de licence économie-gestion et actuellement en stage dans une entreprise privée. En cette période de campagne, je ne peux que constater que l'on invective les hauts salaires ou les riches (à  partir de quel revenu est-on riche?). Cependant, comme tous les étudiants de mon âge, j'aspire à un bon salaire ce qui semble normal et totalement sain. Bien gagner sa vie semble aujourd'hui honteux, voire même misanthrope ou injuste envers la société. Les étudiants sont donc confrontés à ce paradoxe : viser des jobs qui paient bien tout en devant cacher ce revenu par honte de gagner trop par rapport à d'autres emplois. Devons-nous donc limiter nos ambitions pour ne pas avoir cette étiquette de "trop bien payés" et ainsi rentrer dans le moule de la France bien pensante? Comment assumer ses choix de carrière si c'est pour devenir la cible de certains politiques lors de chaque élection ? Doit-on être effrayé de la réussite professionnelle ?
     

  • Quels sont les sujets qui vous préoccupent le plus ?

    La méritocratie prend enfin forme dans notre France conservatrice faite d'institutions limitant les effets d'un ascenseur social (ENA pour les hauts fonctionnaires ou HEC pour les dirigeants du CAC40). Les étudiants basent souvent leur choix d'emploi sur les débouchés mais également les salaires (argument vendeur des écoles de commerce) mais tout en ayant par la suite l'automatisme de ne pas divulguer ce salaire qui parait honteux alors qu'il est bien souvent mérité après de longues années d'études ou un engagement fort dans le travail.

  • Que voudriez-vous voir changer en priorité après la Présidentielle ?

    Il faudrait que ce système de méritocratie basée sur le modèle anglo-saxon se démocratise tout en s'accompagnant d'une image positive du travail bien fait et bien payé sans que celui-ci n'engrange une honte chez les futurs travailleurs. Il faut que les étudiants aient une image plus positive du travail et de sa rémunération qui ne doit plus être un affront à la société. Cette manière de faire est peut-être une des raisons du manque de réussite à la Mark Zuckerberg ou encore à la Larry Page et Sergey Brin (les jeunes créateurs de Google). Les étudiants doivent donc être encouragés à vivre des réussites similaires, ce qui nous permettrait sûrement de décomplexer quelques petits génies français qui ont déjà honte du salaire qu'ils gagneront s'ils réussissent ou qui n'envisagent que la Chine et la Silicon Valley comme endroit propice à leur développement professionnel. Pour cela, on devrait également délivrer plus de bourses au mérite pour ne pas non plus favoriser qu'une seule classe de la population, celle qui peut offrir à ses enfants les meilleures formations.

  • Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

    J'ai du mal à me projeter dans 10 ans, vu le monde incertain dans lequel nous vivons, surtout en Europe. Je pense que cette élection peut tout changer pour le pire ou pour le meilleur. Mais j'espère dans 10 ans avoir trouvé un emploi stable avec un revenu suffisant pour ne pas mener une vie au-jour-le-jour et pouvoir faire des projets d'avenir. J'espère également que je pourrais être fière de cette situation et non être obligée de m'en cacher car je compte bien la mériter.

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