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La question du jour

Dans la campagne, elles sont où les banlieues ?

A quelques jours du 1er tour de l'élection présidentielle, les banlieues resteront dans les mémoires comme le grand oubli de la campagne de 2012.

Retour de hype
En 2007, la banlieue, c'était le thème à la mode. Suite aux émeutes de 2005, Nicolas Sarkozy avait promis un "plan Marshall des banlieues" s'il était élu. Tout le monde parlait ZUS et ZEP. Ségolène Royal, elle, y était en permanence et avait réussi à conquérir un maximum de voix (score dans les banlieues au second tour : 75%). En 2012, changement de cap radical : les candidats n'y ont fait que de rapides sauts de puce. François Hollande a fait un marathon de 48 heures début avril dans les banlieues lyonnaise et parisienne. Deux jours après, le président-candidat le copie avec une visite-éclair à Drancy.

Alors que droite et gauche se renvoient la faute de l'enlisement des banlieues, chez les petits, c'est pire : Bayrou a passé quelques heures dans les Yvelines début mars et Marine Le Pen, elle, s'est carrément félicitée de ne pas s'y être rendue arguant que "dans les banlieues, ils ont tout : les caméras de télévision, l'argent de la politique de la ville qui se déverse... Ce sont des milliards".

Qui a peur de la grande méchante banlieue ?
Le plan Marshall est tombé aux oubliettes et les 4 à 8 millions de personnes qui vivent en banlieue aussi. Pourtant, le chômage (42% des jeunes de 15-24 ans) et la pauvreté y atteignent des sommets. Sauf qu'en 2012, les thèmes à la mode sont la crise et l'austérité ; les mesures dans le vent, la baisse des subventions à la prévention. Selon un sondage de l'Ifop, c'est même la dernière préoccupation des Français : 29% seulement le considèrent comme enjeu prioritaire, loin derrière la lutte contre le chômage (74%). Annoncer des aides dans ce contexte, c'est plutôt casse gueule.

Pourtant, la colère monte dans les quartiers...
...où le sentiment d'abandon et de trahison est fort. En février dernier, le collectif Aclefeu (créé à la suite des émeutes de 2005) a refait parler de lui en occupant un hôtel particulier. L'année dernière, Cités en mouvement a organisé un Grenelle des banlieues dans plusieurs villes de France. Fruit de cette tournée, 23 propositions que l'asso a soumis aux candidats, notamment sur la lutte contre le chômage, la déscolarisation, la discrimination et la crise du logement.

Et du coup, ça les fait pas bouger les candidats ?
Dans les programmes comme dans les déplacements, la stratégie reste la même : on ne se mouille pas et surtout on cache ces banlieues qu'on ne saurait voir. Les questions relatives aux quartiers sont donc abordées de manière transversale  dans les thèmes "éducation", "chômage", "sécurité".

-François Hollande veut créer "un ministère de l'Égalité territoriale" pour en finir avec l'état d'exception qui règne dans les banlieues et 150 000 emplois d’avenir en donnant la priorité aux gens des quartiers populaires ainsi que des exonérations de charges pour les entreprises embauchant dans les cités.
-Nicolas Sarkozy veut achever la rénovation urbaine en lançant un second plan de rénovation de 18 milliards d’euros.
-Jean-Luc Mélenchon veut supprimer le ministère de la Ville et réorienter les politiques de droit commun vers "l'accès au droit à la ville pour tous".
-Marine Le Pen veut corriger le "déficit de savoir-être et du manque de connaissance de nos codes sociaux" des jeunes de banlieue par "la maîtrise de la langue, de la culture et des coutumes françaises."
-Eva Joly veut réinvestir dans l'humain les moyens consacrés au "béton" et envoyer dans les quartiers les professeurs volontaires ou les plus expérimentés.



(G.M.)

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