Rencontre : Jina Djemba, la protégée de John Malkovitch

Depuis le 12 janvier, on peut aller voir une nouvelle version des Liaisons Dangereuses revisitées par John Malkovich, au théatre de l'Atelier. Jina Djemba, qui y interprète l’emblématique Madame de Tourvel, est la révelation de la rentrée théâtrale.

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Tu avais trois ans quand est sorti, en 1988, Les Liaisons Dangereuses, de Stephen Frears. Tu l'as découvert tard ?
Quand ma mère me l'a autorisé, à 12 ans. Et puis j'ai vite dévoré toutes les lettres.
 
Comment es-tu arrivée sur ce projet ?
Je sortais du conservatoire et je me suis présentée à ce casting géant, on était 800 !  Ca c'est passé en plusieurs sessions. Après une première sélection, on s'est retrouvés au théâtre avec John Malkovitch. Et là j'ai su qu'il allait se passer quelque chose. Très vite, on a commencé à faire des matinées entières de séances de travail. Sans m'en rendre compte, l'aventure avait commencé.
 
Ca fait quoi d'enfiler le corset de Michelle Pfeiffer ? 
C'est très impressionnant. Physiquement déjà, on n'a aucun rapport. Mais il y a une fragilité en elle. Et elle connaissait tous les autres personnages : elle avait une longueur d'avance. Moi, j'ai auditionné et travaillé plusieurs rôles, ce qui m'a permis d'être dans la même dimension.
 
Dans la pièce, la Marquise de Merteuil et Valmont signent un pacte “d'inviolable amitié" ? Un truc pareil serait encore possible aujourd'hui ?
Non, je ne crois pas. Les relations aujourd'hui sont tellement éphémères que je suis vraiment sceptique à l'idée que l'on puisse sceller une chose pareille.
 
Qu'est-ce que doit faire un homme pour te séduire ? 
Il doit me faire la cour. J'aime la subtilité et le cérémonial de séduction.
 
Tu es une grande romantique...
Très...
 
Et ta technique de drague à toi ?
Je n'en ai pas... Je suis si passionnée dans mes rapports que je crois que ça fait peur aux garçons.
 
Tu es plus lettre d'amour enflammée ou SMS illimité ? 
Lettre d'amour ! J'écris encore énormément, mais j'ai un iPhone, alors je textote aussi beaucoup ! C'est d'ailleurs ce qui est bien dans la pièce, le mélange de modernité et de tradition, avec les nouveaux moyens de communication mais le texte de l'époque.