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Vincent Gallo, homme à tout faire

Le film : Essential Killing L’acteur dilettante Le cinéaste rare Le musicien touche à tout 6

A l’occasion de la sortie d’Essential Killing, Glamour.com dresse le portrait de l'acteur, du musicien, du mannequin... bref, de l'artiste le plus complet (et le plus sexy) de la culture indé américaine.

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Le film : Essential Killing

Le film : Essential Killing

Deux ans après Tetro de Francis Ford Coppola, Vincent Gallo est de retour sur les écrans sous la direction de Jerzy Skolimowski.
Le pitch : Mohammed (Gallo, barbu comme un taliban) est arrêté par des troupes US dans le désert afghan. Au cours d’un transfert vers une base secrète dans un énigmatique pays d’Europe de l’Est, il survit à un accident et s’échappe dans les étendues enneigées. Le début d’une course-poursuite qui va voir le film fondre salutairement dans son décor et par la même occasion dans une forme d’abstraction poétique. Un film en forme de monochrome (les paysages recouverts par la neige), qui permet à Skolimowski (peintre à ses heures) de délaisser le contexte géopolitique du départ et de se concentrer sur l’inévitable glissement d’un homme vers la mort - une odyssée radicale et primitive, forcément essentielle. Si le personnage interprété par Gallo n’est pas sans rappeler d’autres avatars de l'acteur (son mutisme et ses yeux inquiets évoquent le protagoniste de The Brown Bunny ; on songe aussi à Trouble Every Day) il n’a jamais été aussi fascinant à force de présence animale (il ne prononce pas un mot du film). Une performance récompensée par la Coppa Volpi du meilleur acteur à la dernière Mostra de Venise, durant laquelle Gallo présentait également son troisième long-métrage, le joliment titré Promises Written in Water.




En salles le 6 avril.
 

2 /6

L’acteur dilettante

L’acteur dilettante

Au début des années 80, Vincent Gallo traîne ses guêtres dans l’underground new-yorkais. Il commence à réaliser des courts-métrages et à faire épisodiquement l’acteur. Si ses premiers rôles sont souvent des seconds, son apparition dans Les Affranchis de Scorsese lance une carrière de comédien aussi riche que peu planifiée. C’est d’ailleurs ce qui fait la particularité du personnage : il ne fait que ce qu’il désire, au moment où il le désire. Après avoir volé la vedette à Johnny Depp dans Arizona Dream de Kusturica (où il imite Cary Grant en rejouant la fameuse scène de l’avion dans La Mort aux trousses), il entame une longue collaboration avec Claire Denis, qui culminera dans Trouble Every Day, aux côtés de Béatrice Dalle. On le retrouve aussi chez Ferrara (Nos Funérailles) où il seconde exemplairement Christopher Walken. Mais comme on est jamais mieux servi que par soi-même, c’est dans les films qu’il met lui-même en scène que Gallo est peut-être le plus saisissant.

3 /6

Le cinéaste rare

Le cinéaste rare

En 1998, Gallo réalise son premier long-métrage, Buffalo 66 (avec lui-même, Christina Ricci et Ben Gazzara). Un film qui s’inscrit dans la lignée du ciné indé américain de l’époque, quelque part entre Jim Jarmush et les frères Coen. Malgré son (relatif) succès, il ne revient à la réalisation (si on exclue clips et courts-métrages) qu’en 2004, avec The Brown Bunny, véritable chef-d’œuvre, pourtant moqué par la critique à Cannes. Le film crée la polémique en raison d’une scène de fellation non simulée.
L’histoire ? Un pilote de moto (ce qu’a vaguement été l’acteur/réalisateur à une époque), sorte de dieu mutique et mélancolique (un peu à la manière de Clint Eastwood dans Pale Rider), traverse les Etats-Unis pour retrouver une femme. Gallo invente, le temps de quelques brèves rencontres ou d’une échappée en moto dans le désert, un road-movie minimaliste. Un film de famille solitaire qu’il a non seulement réalisé, mais aussi monté, photographié, écrit, produit et dont il a composé la musique.

4 /6

Le musicien touche à tout

Le musicien touche à tout

La musique est peut-être le premier amour de Vincent Gallo. Dans les années 70, il joue dans une poignée de groupes post-punk à Buffalo (sa ville de naissance), puis à New-York où il est le bassiste du groupe Gray aux côtés de Jean-Michel Basquiat, avec qui il se produit au mythique CBGB (club où a joué le gratin de la scène rock de l’époque des Ramones à Television). Il s’essaie même au rap, sous le pseudo Prince Vince dans le duo Trouble Deuce, et passe plusieurs fois dans l’émission Graffiti Rock (il apparaîtra plus tard dans un clip de Jay Z). Gallo, qui compose la musique de tous ses films, entretiendra aussi une relation avec Chan Marshall de Cat Power (elle chante Mister Gallo sur son premier album). En 2000, il signe sur le prestigieux label anglais WARP et publie deux albums, dont When en 2001, où il mêle folk et expérimentations bruititistes, pour un résultat à son image, fragile et terriblement touchant, comme le single So Sad, sorti la même année.

5 /6

Gallo en vrac – plasticien et « it-boy »

Gallo en vrac – plasticien et « it-boy »

Vincent Gallo est une icône de la mode – une sorte de Chloë Sevigny au masculin, bref un it-boy. Il a été l’égérie de nombreuses marques, de H&M à Calvin Klein, en passant par la vodka Belvedere. Uniqlo lui aurait même proposé de dessiner une collection. Il a posé pour Richard Avedon et Terry Richardson et est proche d’Agnès B, qui a exposé ses travaux  à la Galerie du jour en 2001. Car Vincent est également peintre et plasticien. Il a fréquenté Basquiat, mais aussi Julian Schnabel, devenu lui-même cinéaste. Schnabel est d’ailleurs l’auteur d’un biopic de l’artiste d’origine haïtienne, où Gallo joue son propre rôle. À propos de son travail, de dernier a fait cette sortie remarquée : « J’ai arrêté de peindre en 1990, alors que j’étais au sommet, uniquement dans le but de priver les gens de mes tableaux sublimes, et je l’ai fait par pure méchanceté ». Une phrase qui illustre assez bien la posture d’un artiste surjouant la provocation et l’arrogance.

6 /6

L'illuminé

L

Gallo, qui a soutenu les candidatures de Bush Junior jusqu’au bout et a été vu en compagnie des filles de l’ancien président américain lors de défilés, est un spécialiste du lynchage en mode automatique. L’interview accordée à IFQ est un modèle du genre. Quand le journaliste lui demande s’il envisage une suite à Buffalo 66, il répond : « Pourquoi pas, à condition que je puisse récupérer du gras liposucé de Christina Ricci pour la cloner et en refaire la fille adorable et ronde des débuts ».
Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Mais il a aussi beaucoup été attaqué injustement. Ainsi du critique Roger Erbert qui avait dit à propos de The Brown Bunny qu’il s’agissait « du plus mauvais film jamais projeté à Cannes ». A quoi Gallo avait répondu qu’il espérait qu’Erbert « crève d’un cancer du côlon ». Dans l’interview  d’IFQ, Gallo se dit « si inintéressant qu’il finit par être fascinant ». Une boutade qui résume assez bien le paradoxe de l’artiste, créateur génial et clown désabusé, qui rêve tellement d’être haï qu’il en finit par être aimé. À moins que ce ne soit l’inverse.

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