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Interview : Nabilla nous dévoile ses vérités

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Oubliez tout ce que vous savez. Les gros titres, les robes léopard, les extensions, la bouteille de shampoing, bref la Nabilla bimbo vendue par la télé réalité et la presse à scandale. En vrai, Nabilla est une fille pas bête du tout, assagie, assez drôle et toujours cash. Mais c'est surtout une jeune femme consciente que son quart d'heure de gloire comme le drame avec Thomas est arrivé beaucoup "trop vite". Et qui se bat au jour le jour pour enfin mériter son statut de starlette 2.0 et faire profil bas avant son procès.

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"Tout est arrivé trop tôt dans ma vie" Nabilla

"Tout est arrivé trop tôt dans ma vie" Nabilla

Comment allez-vous Nabilla ?

Ça va beaucoup mieux qu'avant (sourire). Mince je crois que j'ai mis du sel au céleri au lieu du sel normal sur mon burger ! (Elle est en train de manger à 17 heures, car elle n'a pas eu le temps de déjeuner avant et nous propose des frites... ndlr)

Comment vous est venue l'idée de ce livre, que vous avez écrit avec l'aide de Jean-François Kervéan ?

Je réfléchissais à un moyen de m'exprimer car tout ce que je lisais sur moi provenait d'autres personnes et je n'avais aucun contrôle dessus. Je ne voulais pas attendre le procès qui aura lieu en mai pour dire toute la vérité. J'ai voulu jouer cartes sur table pour que les gens la découvrent avant. J'ai bossé six mois sur ce livre, tous les jours, enfermée dans un Center Park.

Pourquoi avoir nommé cette autobiographie Trop Vite ?

Tout est arrivé trop tôt dans ma vie. Tout s'est passé trop vite, que ce soit l'ascension, la descente, la remontée. Dans la dispute avec Thomas, tout est allé "trop vite". On m'a arrachée de Touche Pas à Mon Poste "trop vite". Cette expression revenait tellement souvent que je ne voyais pas d'autre titre possible.

Jusqu'à 12 ans, votre enfance à Genève ressemblait à quoi ?

Elle n'était pas si facile. Ma mère, Marie-Luce, est française d'origine chrétienne et mon père, Khoutir, est d'origine algérienne et très musulman. Ils n'étaient vraiment pas sur la même longueur d'onde au niveau de notre éducation. Mon père nous empêchait, mon petit frère Tarek et moi de regarder la télé (surtout les filles dénudées et les scènes de baisers), pendant que ma mère disait  "Mais laisse-les voir comment ça se passe !" Il nous interdisait le porc, ma mère voulait en manger... C'était compliqué de choisir son camp, sans vexer l'un ou l'autre.

Votre père vous traite de kafir ("mécréant" en arabe) quand vous commencez à vous maquiller. Et vous allez vous faire vomir quand vous découvrez sans le savoir que vous avez mangé des chips au bacon avec des copines. Est-ce que ces interdits vous ont poussé à vous émanciper ?

Oui je pense. Surtout que j'ai l'esprit de contradiction. Aujourd'hui, on ne se parle plus et ça me fait souffrir. Mais je n'ose pas aller le voir. Et dans sa culture, ce sont les enfants qui vont voir les parents.

Quand vous avez 13 ans, vos parents divorcent, vous restez avec votre mère et votre frère s'installe avec votre père... Votre mère ne s'occupe alors pas vraiment de vous, comment le vivez-vous ?

Pas très bien. Aujourd'hui, je comprends qu'elle ait voulu refaire sa vie. Elle faisait ce qu'elle pouvait. Je pense qu'elle n'était pas méchante au fond. Mais j'avais besoin d'elle. Elle sortait le soir, me laissait des mots en me disant : "je t'ai laissé à manger dans le frigo". Je me sentais abandonnée.

Un jour, agacée par ses absences, vous brûlez avec une bombe de déo et un briquet sa garde-robe, dont beaucoup de vêtements lui avaient été offerts par votre beau-père...

Avec le recul, ça me fait de la peine, car elle a dû tout racheter et on n'avait pas beaucoup d'argent. Mais c'était un appel au secours. Je voulais qu'elle rentre, qu'elle s'occupe de moi. Je tournais en rond devant la télé. Mes compagnons s'appellaient Evelyne Thomas et Jean-Luc Delarue, devenus ma nouvelle famille. C'est là que j'ai un peu compris les mécanismes de la télévision, qu'il fallait être cash, sortir de bonnes phrases. Je n'avais que ça à faire de mater ces trucs. Et je suis d'ailleurs un peu devenu la Evelyne Thomas de mon entourage, donnant des conseils love aux copines, les écoutant. Je voulais vraiment faire rire les autres, que tout le monde m'aime bien.

Pour lire la suite de l'interview, c'est par ici.

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"J'étais trop rebelle pour devenir escort girl !"

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Aviez-vous une héroïne à cette époque, qui vous aidait à tenir ?

Oui, Diam's. Sa force et ses paroles m'inspiraient. Surtout le morceau "Daddy" que j'écoutais en boucle. Avec ces paroles : "Mais si seulement t'étais là papa ?" Je l'écoutais en pleurant dans ma chambre. Ce qui est fou, c'est que je n'ai dit à personne que je l'aimais et qu'elle ne le savait pas. Et il y a deux mois elle m'a contactée pour me faire un coucou. C'était dingue. Je lui ai dit, "Vas-y file moi tes textes, je vais les chanter, puisque tu ne veux plus le faire"...(rires)

Vous vous verriez chanter ?

Ah non, avec ma voix, vous allez canner.

A 15 ans, vous vivez seule en enchaînant les petits boulots : vendeuse, hôtesse dans un centre de fitness et spa... Qu'est-ce que ça vous a appris ?

Que je ne voulais pas faire ça toute ma vie. Je m'ennuyais, j'avais l'impression de me gâcher. Je savais que je n'étais pas trop moche et que j'arrivais à faire rire les gens. En plus, les mecs qui venaient au spa étaient un peu bizarres, ils me faisaient des avances. Ça ne me plaisait pas trop. J'étais trop rebelle pour devenir escort girl !

Ensuite, vous déconnez en ouvrant des comptes en suisse car une amie vous demande de rendre service à un pote, sans vous dire pourquoi. Et vous n'osez pas la décevoir...

Et je me suis retrouvée deux mois en prison pour les petits, le centre de détention "Framboise". Il n'y avait pas de télé, j'étais trop déprimée pour arriver à me concentrer sur un livre, même une BD. Et surtout je ne me suis fait aucun ami, car personne ne parlait ma langue. Il y avait beaucoup de Serbes, des Roumains, de Kurdes. On n'arrivait pas à communiquer. Je ne faisais absolument rien de mes journées.

C'est mémé Livia qui vous a sauvée après Framboise ?

Oui je me suis enfuie du centre pieds nus pour la rejoindre. Et elle s'est occupée de moi. Elle m'a appris à être patiente, et à me calmer. Elle comprenait que mes parents m'avaient délaissée et me soutenait inconditionnellement. Elle est toujours allée dans mon sens ou a tenté de me comprendre.

C'est à ce moment-là que, mineure, quelqu'un vous repère sur Facebook et vous propose l'Amour est aveugle ?

Oui j'avais mis des photos de moi avec du coton dans les seins, deux soutifs l'un sur l'autre (parce que je ne m'étais pas fait encore opérer), des lentilles bleues, des cheveux noirs jusqu'aux fesses, des robes léopard courtes avec de gros décolletés. Et mon profil était ouvert. Je crois que j'avais le profil type de la meuf de télé-réalité. J'espérais que quelque chose m'arrive à cette époque, j'essayais de m'envoyer de bonnes ondes en me concentrant sur mes rêves.

La suite de l'interview à lire ici.

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"C'était une embrouille passionnelle. Une dispute qui a mal tourné"

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C'est en faisant de la télé-réalité que vous rencontrez Thomas Vergara, sur le tournage des Anges...

Ça a été le coup de foudre. Je me suis dit que ce mec était vraiment très beau, mais je ne savais pas si j'allais lui plaire. Grand, les yeux clairs, c'était le type parfait, une sorte de Ken. Je savais que je plaisais aux Noirs, aux Arabes, aux mecs plus vieux, mais ce genre d'homme, je n'étais pas sûre de lui plaire, surtout avec mes faux-cils et mes robes pas possible. Il devait avoir une meuf, des prétendantes, etc. Je ne me sentais pas irrésistible.

Pendant les Anges saison 5, vous vivez une vraie histoire d'amour, ce qui ne plaît pas tout à fait à la production. Ils vous demandent de rejouer des scènes qui se sont passées en off car rien ne doit rester caché... Il y a d'ailleurs cette histoire que vous racontez dans votre livre, à Los Angeles, à propos d'un cygne...

Oui j'avais repéré une grosse peluche rose dans un supermarché. J'ai dit à Thomas : "Regarde, c'est un cygne". Il s'est moqué de moi en me disant "Mais non c'est une dinde ou un poulet, chérie". Quelques minutes plus tard, il me l'avait achetée en secret, en me le tendant : "Tiens, ton dindon". C'était trop chou. Sauf qu'après, la prod ne savait pas quoi faire de cet énorme animal de 2m. Il est resté planqué dans un placard toute la saison, et personne n'en a rien su.

C'est pendant cette même saison des Anges que vous balancez votre fameux "Non mais allô quoi ? T'es une fille, t'as pas de shampooing ?" 10 millions de vues en un mois sur YouTube. Vous devenez un phénomène, on vous adule en même temps que vous faites l'objet d'un violent bashing.

C'était bizarre car j'étais à la fois aimée et haïe. D'ailleurs dans mon premier Grand journal, ils avaient titré : "Nabilla, adulée et détestée ?" Des gens m'adoraient, d'autres voulaient ma mort. Tout le monde me reconnaissait dans la rue, voulait ma photo, me filmait. J'essayais de me cacher. Hier j'étais chez Nike sur les Champs, je voulais juste faire du shopping, mais je n'y suis pas arrivé. C'est comme ça.

Comment résumeriez-vous la fameuse nuit du 6 au 7 novembre ?

Trop vite, trop triste, trop dommage.

Votre procès aura lieu en mai, vous risquez sept ans de prison... Vous avez peur ?

Je n'ai tué personne. C'était une embrouille passionnelle. Une dispute qui a mal tourné.

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"La prison m'a fait redescendre sur terre"

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Vous êtes allée en prison après cette nuit-là, à Versailles, comment c'était ?

D'abord un cauchemar. Je ne me suis pas lavée pendant une semaine, alors que j'avais toujours été coquette. Je restais cloîtrée dans ma chambre. Ça commençait à jaser surtout que je ne descendais pas me balader dans la cour avec les autres. Je ne voulais pas être nue sous la douche avec mes tatouages devant toutes les meufs. Et j'avais peur de ce que les autres pensaient de moi. En fait, je suis finalement descendue. Et là, j'ai découvert que les filles étaient supers.

Il semble y avoir beaucoup de fraternité en prison. Vous parlez d'une certaine Paulette, qui a tué son mari et sa maîtresse qu'elle a surpris ensemble au lit, et qui fait de bons cookies pour tout le monde...

La prison c'est comme une famille. Les grands s'occupent des petits, les petits aident les grands, ceux qui savent écrire donnent un coup de main aux mères de famille pour rédiger leurs lettres. J'en ai profité pour passer mon brevet, je me suis replongée dans les fractions, ce qui n'était pas évident. La prison m'a fait redescendre sur terre. Je suis moins impulsive. Ça m'a calmée : fini le temps où je pouvais cracher sur un guichetier de la SNCF qui m'avait mal parlé. La prison a remplacé un coach ! Même avec Thomas, dès qu'il y a une dispute, on se calme tout de suite, en se faisant un regard qui dit : "rappelle-toi."

Vous sortez beaucoup moins aujourd'hui ?

Plus du tout. Je vis à Aix-En-Provence. J'écoute de la musique, je regarde la télé, je me promène, je fais du shopping. Je vois ma famille, on se fait de bonnes bouffes. Je suis nulle en cuisine mais je prépare très bien les tagliatelles au saumon.

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"Depuis que j'ai arrêté les sapes trop échancrées, on me regarde différemment"

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Vous avez changé de look, vous êtes beaucoup plus sage qu'avant, comment ça s'est passé ?

Ça a commencé quand j'ai défilé pour Jean Paul Gaultier. Il m'a mis un super mec, un styliste qui était son bras droit, dans les pattes pendant quelques jours qui m'a donné de bons conseils. Ensuite, j'ai rencontré ma styliste, Marion Malabre. J'ai beaucoup jeté de vêtements et accepté d'autres choses. Quand elle m'a rapporté un 501, au départ, je me suis dit : "c'est un jean de 1900 ça". Et puis je l'ai passé, et en fait ça m'allait. Aujourd'hui, je ne porterais plus de robes courtes, c'est mortel, ni de talons à plateformes. Si je mets des Louboutin, ce serait plutôt le modèle Pigalle, sans la plateforme, c'est plus chic quand même ! Sinon, je mixe des petites marques avec quelques pièces plus chères. Là aujourd'hui j'ai un blouson Zara (même pas en cuir) que j'ai acheté 40 €, un haut Maje qu'on m'a prêté – on me prête des vêtements, mais je finis toujours par en acheter la moitié - et que je dois rendre, un jean Balmain que j'ai acheté et des baskets Yeezy de Kanye West. Sinon pour le maquillage, j'aime bien Too Faced, Bare Minerals et Mac.

Comment voyez-vous votre avenir ?

En vrai, je ne veux rien faire. Peut-être du cinéma, de la fiction, mais plus de télévision. J'ai quelques rendez-vous. Bon je ne parle pas de rôles à la Marion Cotillard, mais un truc drôle et jeune, ça me dirait bien. J'aime bien le cinéma américain sinon, des blockbusters comme Ocean Eleven ou Casino Royal. J'ai aussi envie de me marier et je me verrais bien avoir des enfants avec Thomas. Thomas, c'est ma vie.

Vous écrivez dans Trop Vite, "Le rapport à la féminité de certains musulmans est inadmissible, je pourrais signer des pétitions contre cette condition révoltante qui m'en a fait voir de toutes les couleurs. Mais personne ne m'a demandé car Nabilla est une conne de la téléréalité avec de gros nichons et le quotient intellectuel d'un pois chiche." Vous vous considérez comme féministe ?

Oui. Les femmes et les hommes doivent être au même niveau. Les hommes doivent faire la cuisine eux aussi. Ce sont autant les tauliers que les femmes peuvent l'être. Le Moyen-Age c'est fini, on est en 2016. Je suis contre la gynophobie -le mépris des femmes-, un combat qui a été relancé par ma pote réalisatrice Liza Azuelos.

En exergue de votre livre, vous citez Rihanna : "Never a failure, always a lesson." Quelle est votre devise à vous ?

"Crois en tes rêves" et l'autre qui est plus vieux jeu, c'est "respecte-toi et on te respectera". Depuis que j'ai arrêté les sapes trop échancrées, on me regarde différemment.

Une question essentielle pour terminer, quel est votre marque de shampooing ?

(rires) Kérastase !


"Trop Vite" de Nabilla Benattia aux éditions Robert Laffont.

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