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Le Prince Miiaou, une minette rock

Le Prince Miiaou

Autodidacte et autoproduite, Maud-Elisa Mandeau aka Le Prince Miiaou, sort un 3éme album, Fill the blank with your own emptiness, dans le royaume dépeuplé du rock français au féminin. De Prince Miiaou à reine du rock, il n'y a qu'une note.

Le Prince Miiaou, une bête de scène

Sur scène, Maud-Elisa se déguise, comme pour cacher une timidité naturelle ou un physique inadapté à ce qui va suivre : un rock révolté, une impudeur amoureuse, un univers écorché et mélancolique, des morceaux extravagants et toqués. Elle dit n'aspirer à aucune succession : surtout pas musicale, puisqu'elle prétend ne pas vraiment s'y connaître, (si on zappe les cours de piano payés par papa maman et vite expédiés à 6 ans) et n'avoir découvert les Beatles ou Robert Smith que sur le tard. Pourtant, lorsqu'on l'interroge sur ses goûts musicaux, on découvre de belles références, de PJ Harvey, dont elle partage le timbre fragile, à Bon Iver,(qu'elle a le bon goût d'écouter en boucle), des inévitables Radiohead, Arcade Fire au plus méconnu Greenwood ou Chokebore. Et quand on lit sa bio entre les lignes, on apprend qu'elle a fait un mémoire sur le post-rock et quelques stages dans le milieu de la musique... Pas si inculte que ça la belle.

Longue vie au Prince

En chat, Le Prince Miiaou serait déjà centenaire et aurait usé quelques vies entre Jonzac près d'où elle a grandi, Bordeaux et Paris où elle a étudié, et de nouveau sa campagne de Charente-Maritime où elle est retournée vivre et enregistrer, au milieu des champs et des bois.
Après avoir œuvré au sein d'un groupe post-rock, avec grand-frère et ex-petit ami réunis, la frêle jeune femme semble avoir compris la saveur du "all by myself" : Maud-Elisa sort un 1er album en 2007, Nécessité Microscopique !, passé quasi inaperçu. Elle compose de subtiles et belles mélodies, joue de tous les instruments, d'abord sur son ordi puis pour de vrai, y pose des textes torturés et profonds, tantôt chantés tantôt parlés, mêlant sans complexe le français et l’anglais. En mode besoin de personne.

Deux ans plus tard sort Safety First, un 2ème volet plus poétique et moins sombre. Un album qui tape dans l'oreille d'un plus grand nombre et lui permet de passer sur la scène révélation des Francofolies de La Rochelle et des Eurockéennes de Belfort. Puis, Saint Graal de tout artiste rock, Bernard Lenoir la diffuse sur France Inter, Libé lui tire le portrait, les Inrocks la glissent dans leur CQFD et nous la découvrons (oui, le Saint Graal d'arriver jusqu'à nos oreilles). Mais toujours pas de maison de disque : n'est pas Zaz qui veut.

Le couronnement ?

Peu importe, aujourd'hui elle revient avec un troisième album encore une fois autoproduit (avis aux labels) qu’elle espère “plus joyeux, plus ouvert et plus simple”. Le prince Miiaou n'y fait encore qu'à sa tête, têtue et bien faîte, de la musique jusqu’aux clips faits maisons. Elle y chante beaucoup plus en anglais qu'en français (un seul titre en français : le single déjà sorti "J'ai 2 yeux"), plus libre sans la complexité et le poids de sa langue natale. Plus simple donc, mais toujours aussi riche et créatif, bricolé et détaillé, ses mélodies bigarrées et magnétiques font encore mouche (bon parfois "plouf" aussi comme avec le morceau pourtant éponyme de l'album, bruyant et pénible) et on ronronne à l'idée de la voir bientôt sur scène (ce soir au Divan du monde pour le festival "Les femmes s'en mêlent" et un peu partout ailleurs en France).

Vive le Prince et graouu le Miiaou !

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Jean-Sébastien Barrais et Bethsabée Krivoshey
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