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Interview : la success story de Natalia Vodianova

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A 33 ans, elle règne plus que jamais sur la fashion sphère. Le top russe revient sur son ascension, sa fondation Naked Heart… et ses amours "riches et célèbres".

Presque quinze ans déjà. Quinze ans depuis ce jour de 2001 où le monde de la mode a découvert sur le podium d’un défilé Marc Jacobs cette beauté aux yeux transparents et aux jambes interminables. Depuis, Natalia Vodianova, alias Supernova, comme l’a surnommée le photographe Mario Testino, squatte le firmament des top models. Alignant les campagnes de pub, multipliant les fashion weeks, mère de quatre enfants (trois avec son premier mari, l’Anglais Justin Portman, et un avec son compagnon actuel, Antoine Arnault)…
Son enfance âpre et rude dans l’atmosphère glacée de la Russie soviétique la hante et rend plus hallucinante encore cette ascension vers la stratosphère du luxe international. Les clefs pour comprendre cette personnalité si complexe s’y dissimulent également : réputée dure à cuire, travailleuse acharnée, ambitieuse assumée, Vodianova a fêté l’an dernier les dix ans de sa fondation, Naked Heart, qui vient en aide aux enfants défavorisés en Russie. Une vie d’héroïne de roman, celle d’une Angelina Jolie de la mode, qu’elle continue d’écrire, entre survie et futilité, paillettes et réalité brute. Rencontre avec une femme de tête au visage angélique et à la détermination d’acier.

Glamour : Comment votre enfance en Russie a-t-elle influencé votre idée de la beauté ?

Natalia Vodianova : Petite, je regardais des vieux films soviétiques, parce que c’est ce qui passait à la télévision. Une certaine forme de beauté faisait partie de la propagande : les femmes avaient des yeux clairs, d’immenses sourires…La vie était rude mais les gens voyaient ces images, et il y avait une part de force au cœur de la souffrance. Quand j’ai découvert les films étrangers, Audrey Hepburn est devenue mon idole.

Votre grand-mère, qui vous a élevée, avait de longs cheveux roux et portait du rouge à lèvres rouge…

Elle sortait le grand jeu : cheveux relevés en chignon, maquillage… Chaque matin, elle se levait à 6 heures pour aller courir dans le parc et piquer une tête dans le lac gelé avant d’aller travailler.

Quels conseils de beauté vous a-t-elle donnés ?

Un jour, elle m’a surprise en train de m’épiler les sourcils. Elle m’a demandé ce que je fabriquais, je lui ai dit que je les détestais car ils étaient trop épais. "Non, m’a-t-elle répondu, tu ne comprends pas. Tes sourcils sont ton point fort !"

Vous souvenez-vous de votre premier casting, quand un "talent scout" est venu à Nizhny ?

Je ne connaissais rien au métier. Nous étions une rangée de pauvres filles en minijupe, terrifiées. Un type passait dans les rangs pour nous regarder, et je voyais à quel point il y prenait du plaisir. C’était un vrai connard. Je me tenais là dans un coin, et un autre homme a pris une photo de moi. C’est comme ça que j’ai été découverte.

Votre grand-mère a dû vous convaincre de monter dans l’avion pour Paris. Quelles étaient vos réticences ?

J’étais bien à Nizhny. J’avais ma petite vie, mon stand de fruits marchait bien. Au fond, j’avais peur que rien ne se passe et que je doive revenir au pays la tête basse.

Arriver à Paris à 17 ans a dû être un cataclysme…

En tant que fille en Russie, j’avais été exposée à la violence de la rue : les vols, les bagarres… A l’école, des bandes de filles et de garçons vous tabassaient si vous les regardiez de travers. Il fallait être forte. En arrivant ici, je ne parlais ni français ni anglais, j’étais sur la défensive, je pensais qu’il fallait que je continue à me battre en permanence.

Est-ce ainsi que vous avez acquis une réputation de dure à cuire dans l’industrie ?

C’est possible. Vous ne pouvez pas savoir comme j’étais soupe au lait. J’avais 17 ans, j’étais seule… C’était dur de se faire des amis. J’ai mis du temps à trouver quelqu’un qui me connaisse assez bien pour me dire : "Tu n’es plus en Russie, personne ne te veut du mal."

Vous avez 33 ans et vous continuez à poser. Selon vous, les Français sont-ils plus à l’aise avec la question de l’âge que les Américains ?

Oui. L’obsession de la jeunesse est l’apanage des nouveaux riches : ils partent de rien, alors ils ont besoin de la dernière voiture, de la fille la plus jeune… En France, c’est différent. Si vous rencontrez Catherine Deneuve, vous ressentez clairement le charisme d’une femme plus âgée et respectée.

Vous avez été nommée "Femme de l’année" par le Glamour US pour votre action au sein de votre fondation. Or quand vous l’avez créée en 2004, vous aviez déjà cette vie fantastique : mari, famille, carrière… Vous aviez le sentiment que quelque chose manquait ?

Quand tu as été élevée dans l’idée qu’il faut assez de force pour survivre chaque jour, tu ne te dis pas, à 21 ans, "Tiens, je vais en profiter, je l’ai bien mérité." A un moment, vers 2003, je me suis sentie perdue, je me demandais comment passer à la prochaine étape. Et Beslan est arrivé [le massacre dans l’école russe, au cours duquel 186 enfants ont été tués, NDLR]. Ça a allumé une étincelle en moi, et j’ai eu envie de rendre à mon pays tout ce qu’il m’avait donné.

Cela doit vous rendre heureuse de pouvoir venir en aide à des enfants comme votre sœur, qui souffre d’autisme sévère.

Quand je repense à mon enfance, je me souviens de mon amour absolu pour Oksana, mais aussi que beaucoup des problèmes de ma famille venaient d’elle. En créant Naked Heart, je pensais aux enfants comme elle, qui ont besoin de soins particuliers. La première aire de jeux construite grâce à la fondation était située à cinq minutes de là où j’ai grandi ; je me rappelle tous ces enfants, leurs rires… J’ai éclaté en sanglots.

Parlons de votre famille. Antoine, votre compagnon, est le P.-D.G. de Berluti et siège au conseil d’administration de LVMH. Entre vous, ça a été le coup de foudre ?

Ça a pris deux-trois mois. J’étais curieuse, puis j’ai appris à le connaître et j’ai réalisé quelle personne formidable il était. Au début, nous nous disputions un peu le pouvoir. Antoine est un homme très gâté : il a l’habitude que les femmes soient heureuses d’être avec lui. Je le suis, bien sûr, mais j’ai aussi un sens très fort de l’indépendance.

Vous avez grandi dans une ambiance matriarcale ?

Oui. Mon grand-père était un homme formidable, mais c’est ma grand-mère qui faisait la loi. C’était un gentleman, mais s’il oubliait de tenir la porte à ma grand-mère, il se prenait un de ces savons ! Avec Antoine, j’ai de la chance ; notre relation est équilibrée. A certains moments, il a été "l’homme" quand j’en avais besoin. Il lui est arrivé de dire : "Tu ne fais pas ce voyage." Il décrochait le téléphone et annonçait : "Désolé, elle ne partira pas, elle est épuisée." Ça me rendait folle au début. Mais je finissais par l’écouter et par me reposer.

Vous avez l’intention d’avoir d’autres enfants ?

Oui, c’est dans nos projets.

Mais vous ne vous arrêtez jamais !

Non. Antoine aussi travaille dur, mais il comprend qu’il faut se reposer pour être fort. Donc nous nous complétons. Ma folie et ma détermination l’inspirent.

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Christa D’Souza Adaptation?: Clémentine Goldszal
Inread
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