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Que deviennent les filles des films d’horreur ?

Jamie Lee Curtis Halloween

Alerte rouge sang : alors que s’est terminé le Festival du film fantastique de Gérardmer, Glamour.com se demande si endosser le rôle de jolie scream queen souffle plutôt le chaud ou l'effroi sur une carrière d’actrice.

1 - Les filles que ça a lancé

Parlons d'un temps, internautes, que vous n'avez pas connu : les seventies, qui vit sortir des écrans, tels des diables de leur boîte, les meilleurs films d'horreur. Dedans, du monstre baveux, des serial killers siphonnés, mais surtout – c'est nouveau alors - de l'héroïne dégourdie qui leur met une rouste. En voilà deux, immenses gigues, physiques anguleux, qui n'eurent peur ni du sang ni des scènes en culotte taille basse : Sigourney Weaver et Jamie Lee Curtis. La première, venue de nulle part, saura survivre à Alien pour réussir derrière une carrière solide, de Working Girl et Gorilles dans la Brume à Avatar. La seconde, décidée à ne plus être une "fille de" (Tony Curtis et Janet Leigh), démarre couteau à la main dans Halloween. Une perf' haletante qui lui ouvre les portes de Hollywood (jusqu'à son Golden Globe dans True Lies). Pas ingrates, les filles : toutes deux joueront plus tard dans des suites (Alien 2, 3, 4 ; Halloween 20 ans après), signes à la fois de gratitude et d'addiction envers ces rôles auxquels elles doivent tout.

Next generation : Asia Argento et Jennifer Connelly ont elles aussi poussé des cris très tôt au cinéma. Dans le giallo exactement, ce genre italien, fétichiste, où de méchants égorgeurs gantés-masqués se baladent avec une arme blanche. Asia jouera pour son père Dario (Trauma, Le Fantôme de l'Opéra...) et mettra du temps à lui pardonner ("Je soupçonne mon père de m'avoir donné la vie parce qu'il avait besoin d'une actrice principale pour ses films"). Aujourd'hui, icône contre-culture, elle peut lui dire merci. Jennifer Connelly aussi goûtera aux délires de Dario Argento (Phenomena, à l'âge de 15 ans), notamment les passages avec les asticots, on ne vous dit pas.

Enfin, Jessica Biel, en marcel trempé tout le long du remake de Massacre à la Tronçonneuse, va scier le public masculin, imposer sa carrure, et démarrer une carrière. En comparaison, Kelly Brook, qui passe Piranha 3D et son springbreak à secouer ses deux gros flotteurs, n'arrive toujours pas à sortir du créneau bimbo. Moralité : rien ne sert de courir dans des films d'horreur, encore faut-il avoir du talent... Lily Collins et Lily Cole, toutes les deux en compétition dans des films à Gérardmer devront s'en souvenir.

2 - Les filles que ça a relancé

Pour toutes celles-là, le déroulement est le même : un démarrage de carrière en trombe, un creux, le film d'horreur... et ça repart ! Meilleur exemple : Drew Barrymore. Née avec une cuillère en cellulloïd dans la bouche (petite-fille de John Barrymore, filleule de Spielberg...), elle est la copine de E.T. À 7 ans. Après, c'est la cata : alcool à 11, cocaïne à 12, elle racontera ses trasheries dans une autobio (Little Girl Lost) en 1990. Partie trop vite, elle doit reprendre son souffle. Scream, en 1997, et son fameux quizz d'ouverture ("C'est quoi ton film d'horreur préféré ?"), sera son ballon d'oxygène (même si elle meurt égorgée et pendue !). Depuis, elle est l'actrice bankable des comédies d'avion et la productrice de Bliss. Plus tôt avant elle, il y avait eu Claudine Auger : actrice de théâtre, à l'aise chez Molière ou Giraudoux, mais surtout première James Bond Girl française (dans Opération Tonnerre). Jouer une des victimes de La Baie Sanglante de Mario Bava (1972) lui permettra de se relancer, notamment dans du polar noir avec Delon.

Le film d'horreur aide aussi à casser une image. Offrir du contre-emploi. Ainsi en fut-il de Milla Jovovitch, trop associée à Luc Besson (mari et fournisseur de rôles : du 5e Elément à Jeanne d'Arc), qui trouva en Alice / et la saga Resident Evil un passeport pour la grosse machinerie hollywoodienne. A contrario, Megan Fox, révélée par Transformers, su montrer dans Jennifer's Body, série B allégorique sur les affres de l'adolescence, écrite par Diablo Cody (Juno), qu'elle avait plus d'une corde sensible à son arc.

Tribute enfin à deux petites frenchies : 1/ Mylène Jampanoï qui, de Sous le Soleil pour la télé au doublage de Kung Fu Panda, semblait sans identité fixe. Son Martyrs (2007), torture porn movie vraiment choquant, prouva au moins qu'elle avait des tripes (sic). 2/ Maïwenn, avec Haute Tension (co-joué par Cécile de France), renouait avec le cinéma, le succès, la visibilité, après des années loose sur le plan perso (divorce à 17 ans avec Besson, dépression, zéro fric...). Peut-être que Polisse n'aurait pas existé sans ça.

3 - Les filles que ça a coulé

Citez un film avec Neve Campbell. Scream, oui, très bien. Sinon ? Scream 2, bon d'accord. Et le 3 et le 4. Car voilà : l'actrice canadienne, âgée aujourd'hui de 38 ans, n'a jamais pu sortir de son  rôle de Sidney (hormis Sex Crimes peut-être). Cannibalisée par son rôle de scream queen, la pauvre Neve. A la voir si bien hurler, trembler au téléphone, et flipoter la fameuse réplique ("Is there anybody here ?"), aucun producteur ne l'a jugée bonne à jouer autre chose. Ce fut un peu pareil pour Marilyn Burns : hallucinante dans le Massacre à la tronçonneuse d'origine, le cri le plus perçant depuis Fay Wray et King Kong, la pauvre Marilyn ne fit plus rien ensuite, comme trop associée à son rôle.

La liste est longue de ces actrices, peut-être limitées, qui n'ont jamais su sortir du genre. De Ali Larter (la saga Destination finale) à Imogen Poots (28 semaines plus tard, Chatroom, Frightnight), de Jennifer Love Hewitt (Souviens-toi l'été dernier) à Danielle Panabaker (Vendredi 13 le remake, The Crazies, Piranha 3D). Quand c'est assumé, décomplexé, ça peut valoir une rigolade sympa. Saluons ainsi Linnea Quigley, peu ici la connaissent : recordwoman du cri le plus long enregistré au cinéma (90 secondes), vue dans une nuée  de séries Z fauchées (Creepozoïds, The Naked monster...), et si possible, sans soutif. Plus tragiques enfin, les trajectoires de Dominique Dunne et de Linda Blair : la première, juste après le classique Poltergeist (1982) qui l'a révélée, fut étranglée par son ex. A nightmare came true... Linda quant à elle, après avoir craché du vert dans L'Exorciste (c'était la petite fille possédée), ne s'en est jamais remise. Trafic de stup', dépression sévère, nanars en cascade. Bref, pour certaines, le film d'horreur... c'est l'horreur !

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Gaël Le Bellego
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