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Interview : Jérome Dreyfuss vide son sac

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C’est dans son atelier du 12ème arrondissement de Paris qu'on a rencontré Jérome Dreyfuss, le dieu du Sac. Simple, courtois et drôle, c’est en présence de Billy, Bobi, Momo et les autres que le Gepetto du it-bag a accepté de répondre à quelques questions.

Si Jérome Dreyfuss devait vider son sac, je trouverais quoi ?
Je ne porte jamais de sac (rires) !

Tu fais des sacs pour séduire les filles ?
Oui et non. Il y a dix ans, on ne s'en souvient peut-être pas, mais on ne trouvait que des sacs de maisons prestigieuses de l’Avenue Montaigne. Ma femme et ses copines n’avaient aucune envie de sacs avec des logos partout, alors un soir, en déconnant, je leur ai dit : c’est moi qui vais vous faire des sacs. C’était donc un peu pour les séduire mais aussi pour leur rendre service et organiser leur vie que je me suis lancé dans cette entreprise.

C’est quoi un truc qui te fait marrer ?
On est en train de créer une ligne homme parce que mes potes me demandent des sacs. Pour les filles, j’avais mis une lampe au fond de leurs sacs. Cette fois, je vais mettre un décapsuleur. C’est plutôt cool !

A la maison, je suis en compétition avec Carlos. Un mec, c’est moins fonctionnel qu’un sac, non ?
Je te plains. Il est devenu presque plus facile de jeter son mec que son sac ! D’ailleurs, lui, il doit son nom au vrai Carlos !

C’est quoi le point de départ de tout ça ?
Quand j’avais 11-12 ans, j’ai eu ma période Gainsbourg. Et ses interviews où il expliquait comment il s’était tapé Bardot, Deneuve et surtout Isabelle Adjani, me rendaient fou ! Il expliquait qu’il était super moche mais qu’il se tapait les plus belles filles de la Terre. Et j’ai voulu faire pareil. Mais je ne savais pas comment m’y prendre. Alors je me suis dit : je vais faire des fringues. J’allais dans la cour du bahut, je leur proposais de faire des essayages et ça a marché.

D’où te vient ton inspiration ?
Notre métier, c’est d’analyser tout ce qui bouge, comment les gens fonctionnent, comment ils vivent et enfin, de s’adapter à ça. Ce qui est difficile, c’est de ne pas être en retard dans ce qu’on propose, même si encore ce n'est pas le plus dur. Il faut surtout ne pas être trop en avance. On doit répondre aux demandes d’une époque. Il faut être juste. Parfois, tu fais quelque chose, tu sais que c'est bien mais personne ne le regarde. Au début, ça a fait ça avec le Billy, les filles se demandaient ce que c’était que ce sac chewing-gum tout mou, et je leur disais : "Mais si vous allez adorez, vous verrez !" Il a fallu quatre ou cinq saisons pour que ça démarre. Il ne faut pas être juste dans le timming, il faut être juste dans le temps. Donc je m’inspire de tout, de ce que je vois, de mes fantasmes.

Tu fais tester tes sacs avant de les vendre ?
En ce moment, je suis en train de tester un nouveau sac et mes amis en testent d’autres. Et au bureau, il y a 17 ou 18 filles qui sont ravies d’en tester aussi !

Tes sacs sont connus pour être doux, aussi.
Je voulais que le cuir de mes sacs soit aussi doux que les fesses de mon fils quand il est né.

D’où vient leur forme ?
La forme vient du contenu. Quand je dessine un sac, je pense à ce que je vais mettre dedans. C’est ce qui fait naître sa forme. Les biberons, les ordinateurs...

Et tout ces noms ?
J'ai besoin de rire. Le sac Aldo par exemple, c’est venu en le voyant pendant les essais, collé contre la poitrine des mannequins. Je me suis dit que j’aimerais bien être un sac, alors ce nom un peu macho est venu comme ça. C’est à chaque fois pareil. Et puis très vite, les filles ont commencé à nous écrire en nous disant qu’elles avaient quitté Billy pour Aldo et qu’elles craquaient aussi pour Momo. Je ne pensais pas que ça marcherait.

Tu écoutes quoi quand tu travailles ?
Le Best Of de Nina Simone.

Et un livre qui t'accompagne partout ?
Tout Marguerite Yourcenar. Et Kafka sur le rivage d'Haruki Murakami.

T’as une fringue dont tu ne pourrais pas te séparer ?
Mon T-shirt Nike avec des trous ! Je l’ai mis à tous mes examens, c’est mon objet fétiche.

Si tu ne devais garder qu'une seule vision ?
Ma femme et mon fils.

 

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Nicolas Beguin
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