"Zahia a une vraie vision de l'élégance"

Le 22 janvier 2013 sera diffusé sur Paris Première "Zahia de Z à A", un documentaire qui vous fera changer d’avis sur la blonde à la cambrure extraordinaire. Interview du réalisateur, Hugo Lopez.

© Story Box Press -

Pourquoi t’être intéressé à Zahia ?
A vrai dire, c’est Zahia qui s’est adressée à la société de production pour laquelle je travaille, Story Box Press,  car elle aimait beaucoup nos documentaires sur la mode et malgré les très nombreuses propositions qu’elle avait déjà reçues de toutes parts, c’est avec nous qu’elle voulait pour la première fois se laisser filmer. La productrice Lorraine Willems m’a alors proposé de la rencontrer : je suis allé chez elle à plusieurs reprises, nous avons beaucoup parlé, et finalement un jour elle m’a dit : "La prochaine fois, viens avec ta caméra".  C’est comme ça que ça a commencé, assez simplement.

Quand le scandale du foot a éclaté en 2010, les médias ont donné de Zahia l’image d’une bimbo opportuniste qui voulait à tout prix se faire remarquer : partageais-tu cette vision ?
Pas du tout. Certes c’était déjà une icône médiatique à même pas 20 ans, mais finalement on ne l’avait jamais vraiment entendue parler. Rare dans les médias, elle n’est jamais apparue dans aucun programme de télé réalité, loin du cliché d’une Loana par exemple. J'avais été plutôt surpris par ses choix de collaborations à l’époque et j’avais assisté à son premier défilé de lingerie Haute Couture. Bref, je trouvais que c’était un personnage plutôt intéressant, moins évident à cerner qu’on aurait pu l’imaginer.

Le documentaire débute par une série de plans où l’on découvre la technique imparable de Zahia pour monter en voiture en toute élégance : en fait, Zahia est tout sauf vulgaire, non ?
Zahia a une vraie vision de l’élégance, de comment se comporter quand on est une femme : ses modèles sont les actrices égyptiennes des années 60 qu’elle trouve sublimes et dont elle essaie de copier la manière hyper codifiée de séduire les hommes. Elle a aussi un côté geisha, dans sa manière de faire de très petits pas, serrée dans sa jupe moulante. D’ailleurs, j’ai été très étonné de voir qu’elle consacrait au moins 3 heures par jour à se faire maquiller et coiffer : ce rituel quotidien rythme sa vie et il ne serait pas imaginable pour elle de s’en passer. Elle le fait plus pour ressembler à ces femmes égyptiennes qu’elle admire, séduisantes mais aussi pleines de caractère, que par pure coquetterie.

Zahia est entourée de collaborateurs ou d’amis  bienveillants qui ont l’air de tous l’adorer sincèrement : est-ce qu’elle vit dans une bulle, protégée du monde réel par son entourage ?
Zahia a très peu d’amis, elle ne sort pas, ne boit pas, ne fume pas. Ses collaborateurs professionnels sont aussi ses confidents et ont clairement beaucoup d’affection pour elle, sans doute parce qu’ils voient en elle la petite fille qui est en train de réaliser son rêve avec sa maison de couture. Le respect est mutuel, elle les écoute et ils la confortent dans ses choix. Dans le documentaire, on assiste à une réunion pour choisir le nom des robes du défilé. L’une d’entre elles s’appelle "Dis moi oui", mais Zahia trouve que ce n’est pas valorisant pour la femme qui apparaît "en demande". Sa collaboratrice répond, très sincèrement : "Elle a raison et on n’a rien compris".