Décryptage : le look skateur

A l'occasion de la sortie en poche du Dictionnaire du look, Glamour.com vous propose un dernier look : le skateur.

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Chevalier du bitume marbré de bleus et de croûtes, le skateur se déplace à bruit de planche sonnante et trébuchante. Et ne demande qu’une choise : qu’on le laisse en paix découvrir tout ce que le mobilier urbain a à lui offrir en matière d’aventure extrême.

Sk8 Story
La légende voudrait que le skateboard soit une invention de jeunes américains désargentés qui, frustrés de ne pouvoir acheter un surf, auraient par dépit fixé des roulettes à une planche de bois pour glisser sur le bitume. Une autre légende voudrait que ce ne soit pas le manque d’argent mais bien la tristesse de ne pouvoir faire du surf en hiver qui ait forcé les jeunes à confectionner une planche tout-terrain et multisaison.
Dans les années 70, le phénomène s’étend et la discipline évolue. Le skateur des débuts qui s’amusait à rider dans des piscines vides, les pools, se met en tête d’exploiter tout ce que l’urbanisme lui propose comme rampes, bancs, marches, poubelles et autres bornes d’incendie. C’est le début du freestyle.

Ollie
Au début des années 80, l’Américain Alan Golfand, dit Ollie, entre dans la légende en exécutant une figure de type no hands aeria sur rampe, c’est-à-dire sans avoir recours à l’usage de ses mains (en exécutant un saut de la planche avec les pieds seuls). Et invente sans le savoir ce qui sera la figure phare de la discipline : le ollie. Depuis, il n’est pas rare d’entendre des phrases aussi étranges que : "Ce gars c’est un mytho il ne sait même pas faire un ollie." ou "Faudrait peut-être que tu saches faire autre chose qu’un ollie."

Street Skate
Rodney Mullen révolutionne à son tour la discipline en adaptant le ollie en flat (ollie sur sol). Dès lors, le monde du skate se divise en deux : les skateurs de rampe, habitués des skate parks, qui rident "proprement" et les abonnés du street, pratique hautement plus hardcore, qui s’attirent les foudres des piétons et des municipalités par leur passion bruyante et leurs dégradations répétées du mobilier urbain.

Skate boarding is not a crime
Selon la loi, la pratique du skateboard en France ne serait ni une liberté individuelle ni un moyen de transport à l’inverse, étrangement, du roller. La pratique du skate dans la rue est illégale dans plusieurs villes de France sous peine d’amende (peu dissuasif, son montant s’élève à 4 euros). Le skate n’est pas censé s’exercer en dehors des skate parks. Beaucoup de modules antiskate – barres et bittes en fer encombrant les trajectoires – ont ainsi été installés dans le but de décourager les skateurs, qui n’ont trouvé rien de mieux que d’apprendre à les rider.

Style 70’s
Fun : Friand de vêtements moulants et fluo, le skateur des années 70, plus proche de Fame que de Paranoid Park, porte shorts de foot moulants, t-shirts et protections, Converse.
Thrash : Fan de hard rock aux cheveux longs et gras, imbibé de bière, vêtu de shorts cargo et de jeans déchirés, le thrash est une terreur urbaine.

Style 80’s
Les skateurs se divisent durablement entre punks à perfecto et adeptes des t-shirts fluo Waikiki.

Style 90’s
La culture streetwear et hip-hop vient unifier les skateurs et impose une silhouette XXL : les pantalons baggy et autres sweats à capuche font leur apparition.