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Un café avec Nicola Formichetti, nouveau directeur artisique de Diesel

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A l'occasion du lancement de sa première collection capsule en tant que nouveau directeur artistique de la maison Diesel, #DieselTribute, nous sommes allés à la rencontre du désormais très demandé Nicola Formichetti. Ses inspirations, ses influences, sa collection ou ses coups de coeur, pleins feux sur celui que l'on peut déjà qualifier de "néo-maître du denim".

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Nicola Formichetti : les influences

Nicola Formichetti : les influences1

D'où te vient ton inspiration?

Des endroits que j'aime ! Par exemple, j'adore Paris. Pour moi, c'est tellement romantique et stimulant. Vraiment, j'aime cette ville, visuellement. Ca peut sonner vraiment cliché pour un parisien, mais pour moi, c'est d'une beauté incomparable. D'ailleurs, je préfère Paris aux parisiens !

Tu travailles dans la campagne italienne pour Diesel : la ville ne te manque pas trop ?

Je voyage sans cesse entre Londres et Paris. A Londres, c'est un peu comme ma maison : j'y ai vécu 10 ans, c'est de là que je tire toute ma créativité. Les gens, les marchés, les rues, les boutiques vintage... Mon magasin favori à Londres ? Rellik, dans l'Ouest londonnien. Ils ont tout, des 70's aux 80's, avec des pièces prestigieuses comme Chanel ou Vivienne Westwood... A Londres, il y a quelque chose de très fort que je peux ressentir. J'aime le côté international de cette ville : scandinaves, européens, asiatiques, gays, japonais, brésiliens, c'est ce que j'aime ! C'est à Londres que je fais toutes mes recherches ! En revanche, je n'y mange pas. Je préfère, et de loin, la nourriture japonaise.

Quelle est ta relation au Japon et à l'Asie en général ?

J'y vais environ tous les 2 mois, ma parents y vivent et j'y suis né. Depuis le Japon, je vais en Corée, en Chine... Je veux découvrir l'Inde, ce genre de régions dont je n'ai encore aucune idée. Ce qui est vraiment drôle, c'est que Renzo Rosso, le fondateur de Diesel, adore l'Asie autant que moi. Il est italien et est, de manière générale, très influencé par les vêtements de travail américains et italiens, le "workwear". Mais sa passion, c'est le Japon. J'ai découvert ça après avoir rejoint la team Diesel. Et je dois avouer que ça a expliqué beaucoup de choses sur l'état d'esprit de Diesel. Nous ne sommes pas vraiment dans la "high fashion". C'est un label chaleureux et familial, qui touche aussi bien au lifestyle qu'à la mode : une manière de voir les choses à la japonaise, en somme.

Quels éléments retiens-tu du Japon pour Diesel ?

Je suis allé dans tellement de boutiques au Japon ! C'est accueillant, il y a des plantes partout, on te sourit. Le vêtement fait partie d'une histoire à part entière. Il ne s'agit pas uniquement d'une collection sur cintres. C'est ce que j'ai envie d'insuffler à Diesel. D'ailleurs, mon prochain défi sera de redesigner les magasins de la marque.

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Nicola Formichetti : l'enfant terrible du web

Nicola Formichetti : l

Pour toi, que représente Diesel ?

Diesel a une histoire familiale très forte. Mais en devenant de plus en plus importante, la marque a peu à peu perdu de son lien avec les consommateurs, c'est un processus normal. Aujourd'hui, porter du Diesel, ce n'est plus forcément "appartenir à la famille Diesel", alors que c'était le cas dans les 90's. Je suis là pour ramener de l'humain au sein de la marque, revenir à des valeurs de tribu, d'où le nom de ma première collection capsule, #DieselTribute.

Nous savons que tu es un addict de la culture web : comment parviens-tu à faire de Diesel une histoire 2.0 ?

En 2013, il n'y a pas de "culture web". Pour moi, c'est juste la manière dont nous vivons tous aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'une stratégie marketing ou d'une idée de com'. A l'heure où toutes les marques se réclament "digitales" alors qu'il n'en est rien, je veux faire du web la base de Diesel. Il ne s'agit plus de créer une collection puis de la mettre sur un site, mais de trouver des outils pour le faire de manière simultanée, avec des inspirations, des mannequins, des couleurs qui me viennent d'Internet. Pour moi, c'est très naturel : je parle le même langage que les jeunes.

Parle-nous du nouveau Tumblr Diesel

C'est une manière pour moi de trouver des talents, des visages, des compétences, peu importe le lieu, l'âge ou le style. Comme c'est un Tumblr participatif, tout le monde peut soumettre ses clichés, ses morceaux de musique... C'est comme ça que j'ai découvert deux jeunes photographes de génie, alors qu'il est de plus en plus difficile de trouver de bons photographes. J'ai aussi découvert des créateurs d'imprimés incroyables ou des mannequins dingues, que j'ai d'ailleurs shootés pour la nouvelle campagne printemps-été 2014 de Diesel. Et cette même campagne a été retouchée avec des filtres disponibles sur Instagram et d'autres applications de retouche gratuites. Je crois que ça n'avais jamais été fait avant, en tout cas pas pour une marque de cette envergure. J'utilise vraiment Internet comme un outil principal de ma collection, de mes boosters mode. C'est "réel" et ça vient du cœur. Je ne crois pas ces vieux qui disent qu'Internet met de la distance entre les gens ! Je discute en permanence avec des gens qui sont à l'autre bout de la planète, je sais ce qu'ils pensent, je vois leurs photos, je lis en temps réel ce qu'ils ont à me dire : en quoi est-ce faux ? Je veux le même sentiment pour Diesel : une réalité digitale qui entrerait en balance avec la réalité physique.

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Nicola Formichetti : chef de gang

Nicola Formichetti : chef de gang

Comment décrirais-tu Renzo Rosso ?

C'est mon mentor, je l'admire pour ce qu'il est, pour sa créativité et son travail. J'aimerais être comme lui plus tard. Il travaille dur et s'amuse beaucoup. Je suis toujours impressionné par lui, c'est aussi pour ça que j'ai dit oui à sa proposition.

Comment t'a-t-il proposé de devenir le nouveau directeur artistique de Diesel ?

Quand je travaillais pour Mugler, Renzo Rosso était de ceux qui m'encourageaient, me poussaient à m'exprimer. Un jour où nous étions à Tokyo au même moment, nous sommes allés boire un café, et il m'a fait sa proposition entre deux phrases. J'étais choqué... et tellement honoré. Je n'y avais jamais pensé de manière aussi concrète. C'est à partir de là que j'ai compris que je voulais vraiment travailler avec lui, et certainement depuis plus longtemps que je ne le pensais. En l'espace d'un instant, nous avons entrevu tout ce que nous pouvions faire avec Diesel, car nous avons la même vision de la marque.

Qu'imagines-tu pour le futur de Diesel ?

Pour le moment, ma priorité, ce sont les boutiques. Mon idée, c'est de les rendre plus chic, plus simples aussi. Il faut que ça change. J'imagine des endroits où l'on peut se relaxer, où l'on ne se sent pas agressé par les pièces de la collection. J'ai envie que les gens se disent "waouh, je fais vraiment partie d'un gang". Parce que c'est ça, Diesel, un gang.

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Nicola Formichetti : la naissance de #DieselTribute

Nicola Formichetti : la naissance de #DieselTribute

Quel a été ton processus de fabrication pour ta première collection capsule, #DieselTribute ?

Je suis allé fouiller dans les archives Diesel, pour m'imprégner de la marque, de son passé, de ses succès. J'y ai trouvé des choses incroyables, des choses que j'avais presque oubliées ! J'ai réutilisé certaines pièces presque en l'état, en purifiant simplement les coupes et les silhouettes, et j'en ai imaginé de nouvelles. J'ai voulu imaginer une collection intemporelle, constituée de pièces qui peuvent vraiment durer dans le temps sans jamais se démoder, car ma collection capsule #DieselTribute n'est pas "à la mode". Je hais les tendances, je veux juste créer des vêtements. En bref, garder les essentiels, jeter le reste : c'est ça, le #REBOOT de Diesel.

Quelle a été ta plus grande surprise lors de ta fouille dans les archives Diesel ?

Le sportswear, définitivement. Est-ce-que tu te souviens de cette époque des 90's où les gens portaient du Chipie, du Chevignon ? Diesel faisait partie de cette mouvance ! Du denim avec des influences sport, du rouge, du blanc, du jean. Tout était influencé par le hip-hop, la culture américaine... C'était aussi le temps des logos XXL, et j'avais complètement oublié ça dans l'histoire de Diesel. La collection printemps-été 2014 que je suis en train de créer tourne autour de ça, le "sport preppy".

Pour toi, qui est la fille Diesel ?

Je redéfinis la fille Diesel constamment. Pour moi, la fille Diesel est une fille qui se tient à côté d'un mec, et qui n'a pas peur de dire "hey, je suis aussi forte que toi". Tout est une question d'attitude ! La fille Diesel est brillante, elle a confiance en elle est sexy. Elle n'a pas besoin de s'apprêter pendant des heures... c'est peut-être en ça qu'elle est un peu frenchie, d'ailleurs. La fille Diesel peut porter des shorts en hiver, avec un manteau militaire trop grand pour elle. Elle a une personnalité forte et marquée. Dans la campagne, j'ai shootés des filles qui n'avaient rien à voir les unes avec les autres, parce que la fille Diesel est plurielle. Grande, petite, mince, ronde, tatouée... Il s'agit plus d'un caractère que d'un physique ou d'un look.

Comment choisis-tu tes modèles ?

Tout est basé sur l'instinct, mais j'en découvre sans cesse sur Instagram ou Tumblr. Je rencontre aussi beaucoup de filles simplement dans la rue. J'ai découvert l'une des principales filles de la campagne dans la campagne italienne, à côté des bureaux Diesel. Des cheveux oranges, des piercings... elle est tellement cool ! En fait, j'ai parfois un peu peur que Renzo Rosso me dise un jour de me calmer un peu, de revenir, au moins en partie, à des codes plus traditionnels. Mais ce jour n'arrive jamais, car lorsqu'il voit mes travaux, il est toujours là pour me pousser encore plus, me dire d'y aller à fond. J'adore ça !

Est-ce-que tu dirais que les vêtements que tu crées sont faits pour "s'amuser" ?

Je déteste les total look. Tu sais, cette fille qui arrive, pimpante des pieds à la tête, très bien habillée mais sans aucune once de folie. Pourtant, j'adore Comme des Garçons ou Prada, mais ce qui est incroyable, c'est que c'est l'inverse avec le denim : on peut vraiment s'amuser avec et en porter des pieds à la tête, car ce n'est pas de la mode, c'est une histoire. C'est ce que j'ai appris des archives Diesel.

Si tu ne devais choisir q'une seule pièce de ta collection capsule #DieselTribute ?

Le tote bag ! Il a été influencé par la veste cloutée, elle-même influencée par le t-shirt imprimé... Tout est réuni dans le tote bag. C'est certainement l'une des pièces les plus simples à porter. C'est une peut comme si je portais une veste en jean à mon bras. D'ailleurs, je crois que tout est déjà sold out, j'espère que l'équipe m'en a mis un de côté !

Laurianne Melierre
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