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Mannequins noirs : le retour du Black Power?

Les années cultes Donyale Luna : la pionnière Naomi Sims : la "self-made woman" Beverly Johnson : la fille en Vogue 23

Naomi Campbell, Katoucha Niane, Tyra Banks ou Alek Wek, autant de grands noms du mannequinat qui ont, depuis la fin des 90's, laissé place à de nouveaux visages toujours plus caucasiens. Pourtant, si l'époque des grands modèles-stars semble révolue, de nouvelles filles, comme Jourdan Dunn ou Joan Smalls, ont profité de leur aura internationale pour s'élever contre un racisme ambiant qu'elles disent omniprésent. A l'heure de la fast fashion et des égéries quasi jetables, rétrospective des tops noirs ayant le plus marqué le monde de la mode... et de leurs dignes successeurs. 2013, le retour du Black Power ?

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Les années cultes

Les années cultes

Donyale Luna, Beverly Johnson, Graces Jones ou Alek Wek... Autant de noms mythiques connus de toutes les générations. Retour sur les années cultes de ces mannequins noirs devenus icônes du Black Power, depuis les années 60 jusqu'au début des années 2000.

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Donyale Luna : la pionnière

Donyale Luna : la pionnière

Les débuts

Donyale Luna est née en 1945 à Détroit, dans le Michigan. Elle vit une enfance peu commune, ponctuée par la mort de son père, tué par sa mère dans un cas de légitime défense. Après cette épreuve, elle développe une personnalité fantasque et étrange, brouillant les pistes sur ses origines familiales et ethniques.

Le basculement

Poussée par le photographe de mode David McCabe, célèbre pour ses clichés d'Andy Warhol, elle emménage à New York et commence à travailler en tant que mannequin. Très vite, la jeune Donayle apparaît en couverture du Harper's Bazaar, en 1965. Une couverture qui l'emmène jusqu'à Londres, où elle posera également sous l'objectif du célèbre photographe David Bailey pour la couverture de l'édition britannique du magazine Vogue. Après Beverly Johnson pour Vogue US, elle est ainsi la première afro-américaine à poser en couverture d'une édition étrangère de Vogue.

La consécration

Après son succès pour Vogue UK, la jeune Américaine de 20 ans rentre à New York et signe un contrat d'exclusivité d'un an avec le photographe alors superstar Richard Avedon. Dès lors, elle enchaîne les apparitions dans les plus grands magazines de mode, tels que le Harper's Bazaar, les différentes éditions de Vogue, Elle ou Queen UK. En 1967, son corps est pris comme modèle pour la fabrication des mannequins de vitrine noirs de la fabrique Adèle Rootstein.

Après le succès

Mystérieuse, secrète et d'humeur changeante, la belle se lasse rapidement du monde de la mode et se lance dans le cinéma. Elle apparaitra (ente autres) dans différents court-métrages d'Andy Warhol, Satyricon de Federico Fellini, Qui êtes vous Polly Maggoo ? de William Klein ou Salomé du réalisateur Carmelo Bene. Mais son attitude de diva et son caractère excessif la poussent à consommer des drogues qui l'éloigneront progressivement des plateaux et studios photos, jusqu'à sa mort par overdose en 1979 à Rome.

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Naomi Sims : la "self-made woman"

Naomi Sims : la "self-made woman"

Les débuts

Naomi Sims voit le jour en 1948 dans le Mississipi, à une époque ou la déségrégation reste encore théorique. Passionnée par la mode dès sa plus jeune enfance, elle rêve d'aller faire ses études à New York, au Fashion Institute of Technology, dans une ville beaucoup plus ouverte que sa région natale.

Le basculement

Pour financer ses études, elle décide de sa propre initiative de se présenter à des castings, sans se soucier des critiques de ses proches. D'abord modèle pour des illustrateurs, elle entre dans l'histoire en 1967 en devenant la première femme noire à poser en couverture du supplément mode du New York Times. Un tour de force qui marque les esprits et qui fait de la jeune femme le nouveau visage du moment.

La consécration

La couverture du Fashion of the Times lui ouvre les portes de la célèbre agence Ford Models. Elle enchaîne alors les couvertures historiques, devenant tour à tour le premier mannequin noir à poser en couverture des magazines Ladies' Home Journal, Life, McCall's, Essence ou Cosmopolitan. Premier top noir de l'histoire, son esprit d'initiative aura ouvert la voie a tous les mannequins noirs des décennies suivantes.

Après le succès

Après une carrière au sommet, l'Américaine, toujours en avance sur sont temps, lance son entreprise de cosmétiques spécialement conçus pour les peaux noires. Une première mondiale, qu'elle complète par des lignes d'extensions capillaires. Elle publie également des guides à l'attention des afro-américaines, comme All About Health and Beauty for the Black Woman, publié en 1986, un classique en la matière resté depuis une référence pendant plusieurs années.

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Beverly Johnson : la fille en Vogue

Beverly Johnson : la fille en Vogue

Les débuts

Née dans une famille de la classe moyenne américaine en 1952, Beverly Johnson mène une enfance tranquille, loin des problèmes raciaux qui divisent encore les Etats-Unis. Championne de natation au lycée, elle étudie le droit criminel à Chicago et décide de s'essayer au mannequinat comme passe-temps.

Le basculement

Très rapidement repérée par le magazine Glamour, qui lui consacre une série photo, la jeune Beverly enchaine les couvertures de magazines à une vitesse incroyable, cumulant près de 500 couvertures au cours de sa carrière.

La consécration

10 ans après Naomi Sims, elle révolutionne à sa manière le monde de la mode en devenant le premier mannequin noir à faire la couverture de l'édition américaine de Vogue en 1974. Une couverture qui fera d'elle un symbole dans la lutte en faveur de l'égalité entre blancs et noirs aux Etats-Unis, puis dans le monde entier. L'année suivante, elle est la première femme noire à faire la couverture du magazine Elle français. Elle figure aujourd'hui parmi les 20 femmes les plus influentes du monde de la mode selon le magazine Times.

Après le succès

Après une carrière très dense dans le mannequinat, Beverly Johnson s'essaie à un autre art : le cinéma. Ses rôles dans Ashanti en 1979 ou The Meteor Man en 1993 lui ouvrent les portes de la télévision. S'éloignant petit à petit de la mode, elle est actuellement la star de sa propre téléréalité, qui s'intéresse à sa relation ambivalente avec sa fille Anansa Sims.

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Grace Jones : le caméléon

Grace Jones : le caméléon

Les débuts

Née en Jamaïque en 1948, Grace Jones déménage vite aux Etats-Unis avec ses parents. Attirée par l'univers du théâtre et du cinéma, elle intègre finalement pendant ses études supérieures l'agence Whilemina Models pour augmenter ses opportunités de rencontres et de collaborations.

Le basculement

Sa carrière explose véritablement lorsqu'elle déménage à Paris en 1970. Son look androgyne, son crâne rasé et sa peau très noire dérangent et fascinent à la fois les grands noms de la mode. L'Américaine défile alors rapidement pour Yves Saint Laurent, Claude Montana, Kenzo Takada ou Azzedine Alaia. Elle collabore également avec les plus grands photographes de mode, parmi lesquels Helmut Newton, Guy Bourdin ou Hans Ferrer, apparaissant plusieurs fois en couverture de Elle ou de Vogue.

La consécration

Plus que sa carrière de mannequin, ce sont ses relations avec la scène artistique qui vont faire son succès. Adepte du Club Sept, une des places gays les plus tendance du Paris 70's, Grace Jones fréquente les acteurs les plus influents du monde des arts, comme Karl Lagerfeld ou Giorgio Armani. On se souvient de ses quelques rôles marquants au cinéma, en particulier dans Conan le barbare ou Dangereusement Vôtre, de la saga James Bond. Mais c'est sans aucun doute sa collaboration avec son compagnon de l'époque, Jean-Paul Goude, qui a fait d'elle une véritable icône mode et beauté des années 80.

Après le succès

Malgré quelques tentatives pour revenir sur le devant de la scène, Grace Jones reste véritablement associée aux années 70 et 80. Se détachant difficilement de cette image, elle revient régulièrement dans des séries photos qui évoquent cette période.

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Iman : la "Néfertiti"

Iman : la "Néfertiti"

Les débuts

Fille de deux diplomates somaliens, Iman passe son enfance à suivre ses parents dans leurs déplacements dans les pays du Golfe. Installée en Egypte durant ses années lycée, la jeune femme décide de suivre la voie familiale en étudiant les sciences politiques à Nairobi. Un choix de vie vite remis en question.

Le basculement

Repérée dans son université kenyane par le photographe américain Peter Beard, elle décide d'interrompre ses études pour le suivre à New-York. Elle rencontre rapidement l'ancienne rédactrice en chef de Vogue US, Diana Vreeland, qui tombe immédiatement sous le charme de cette "Néfertiti". Iman décroche par la suite une série photo complète dans l'édition de 1976 du magazine.

La consécration

Cette première apparition dans le Vogue US lance sa carrière. Iman devient alors la muse des plus grands créateurs, parmi lesquels Gianni Versace, Calvin Klein, Issey Miyake, ou Dona Karan. Mais c'est surtout sa collaboration avec le couturier français Yves Saint Laurent, qui imagine sur elle sa collection African Queen de 1985, qui la fait connaître de tous.

Après le succès

Iman s'intéresse dès la fin des années 70 au cinéma et profite de son succès en tant que mannequin pour commencer une carrière d'actrice, dont on retient surtout sa participation au film Out of Africa aux côtés de Robert Redford et de Meryl Streep. Elle devient également porte-parole de l'association Keep a Child Alive qui lutte contre le SIDA et travaille conjointement avec d'autres organismes dénonçant les politiques d'extraction diamantaire en Afrique ou les violences faites aux enfants.

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Katoucha Niane : l'insoumise

Katoucha Niane : l

Les débuts

Sans doute l'un des premiers tops noirs à être égérie pour de grands créateurs parisiens, Katoucha Niane aurait pu ne jamais connaître le succès. Née en 1960 à Conakry, en Guinée, elle vit une enfance douloureuse, très loin du glamour parisien. Excisée, expatriée, abusée, elle grandit entre amitiés douteuse, drogues, sorties incontrôlées et fugues. A l'âge de 17 ans, enceinte et contrainte de se marier, elle s'enfuit pour Paris avec son enfant.

Le basculement

Arrivée en France en 1977, la jeune femme vit des premiers mois difficiles. Mais son physique de liane, qui lui avait valu d'incessantes critiques en Afrique, lui ouvre très vite les portes d'une des plus grandes agences de mannequins de l'époque : Glamour mannequin. Deux mois plus tard, elle signe pour devenir mannequin cabine pour la maison Lanvin. Le début d'une carrière fulgurante.

La consécration

Tout s'enchaine alors très vite pour la belle d'1m80 qui défile pour Thierry Mugler, Paco Rabanne ou Azzedine Alaïa... Autant de créateurs qui vont donner l'opportunité à la Katoucha Niane de se faire un nom au moment où la starification des tops prend de l'ampleur. Mais la vraie consécration restera pour elle de devenir égérie et muse d'Yves Saint Laurent de 1987 à 1992. Une place de premier plan qu'aucune femme noire avant elle n'avait eu la chance de prendre.

Après le succès

Malgré une carrière prolifique, Katoucha Niane garde des séquelles d'une enfance traumatisante. Habituée des boites de nuit et consommatrice régulière de rogues, elle défraye régulièrement la chronique. Après l'échec de sa carrière de styliste, et malgré un bref rebond dans les années 2000 avec son association  KPLCE (Katoucha Pour Lutter Contre l'Excision), Katoucha Niane continue à mener une vie dissolue jusqu'à sa mort accidentelle par noyade à Boulogne Billancourt dans la nuit du 2 février 2008.

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Waris Dirie : le phénix

Waris Dirie : le phénix

Les débuts

Née en 1965 en Somalie, Waris Dirie n'a que 13 ans lorsqu'elle rejoint seule la capitale, Mogadiscio, pour échapper à un mariage forcé. Envoyée à Londres auprès de l'un de ses oncles ambassadeur de Somalie en Angleterre, elle y est séquestrée 6 ans comme esclave, jusqu'au renversement du gouvernent somalien.

Le basculement

La jeune femme est repérée à Londres par le photographe anglais Terence Donovan. Une rencontre qui l'amène à poser en couverture du célèbre calendrier Pirelli en 1987. Une révolution qui fait grand bruit et qui lance sa carrière.

La consécration

Lancée par sa couverture Pirelli, la jeune femme travaille également pour Chanel avant d'être repérée par le milieu du cinéma. Elle s'ouvre alors les portes d'une carrières à plusieurs branches, jonglant entre sa vie de mannequin, d'actrice et même d'écrivain. Egérie Lanvin, Revlon ou encore Courrèges, on la retrouve en parallèle à l'affiche de films à succès, notamment celle du James bond Tuer n'est pas jouer aux côtés de Timothy Dalton. Son livre, Fleur du Desert, sorti en 1997, devient immédiatement un best-seller dans plus de 65 pays.

Après le succès

A la fin des années 90, suite à son autobiographie, le top est contacté par le Fonds des Nations Unies pour la population. Nommée "ambassadrice de bonne volonté" de l'O.N.U. contre les mutilations génitales féminines, elle crée également en 2002 sa propre association. Expatriée en Autriche, l'ancien mannequin poursuit depuis son engagement contre les violences faites aux femmes en Afrique.

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Alek Wek : l'incontournable

Alek Wek : l

Les débuts

Alek Wek nait au Soudan en avril 1977. Membre d'une ethnie du Sud-Soudan, elle doit quitter son pays pour l'Angleterre en 1991 pour échapper à une guerre civile religieuse entre le Nord et le Sud du pays. A Londres, elle débute des études de design au London College of Fashion.

Le basculement

Repérée par Fiona Ellis lors d'une fête à Londres en 1997, la jeune femme de 20 ans, qui croit à un canular, refuse sa proposition. Mais attirée par le monde de la mode et du mannequinat, elle tente sa chance quelques mois plus tard à New York, où son physique atypique séduit le photographe de mode Steven Meisel.

La consécration

Sa collaboration avec Steven Meisel lui permet de signer un contrat avec Nars, le géant américain de la cosmétique backstage. Elle négocie également une couverture pour l'édition américaine de Elle. C'est la consécration pour le top soudanais qui enchaîne dès lors couvertures, séances photos, défilés et campagnes publicitaires pour les plus grands créateurs, comme John Galliano, Calvin Klein ou Ermanno Scervino. Fait marquant de son parcours, elle est l'un des premiers mannequins noirs à être choisi comme mariée en clôture d'un défilé de Fashion Week  pour Christian Lacroix.

Après le succès

Après avoir reçu le Vénus de la Mode en 1999 et avoir été sacrée "Top de la décennie" par le magazine I-D, Alek Wek décide de faire le tri dans sa carrière. Avec désormais plus de temps libre, elle lance sa propre ligne de maroquinerie, qu'elle nomme "Wek 1933", en hommage à l'année de naissance de son père. Elle s'engage parallèlement dans l'humanitaire, devenant missionnaire pour Vision Mondiale et Médecins Sans Frontières au Soudan.

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Naomi Campbell : la tigresse

Naomi Campbell : la tigresse

Les débuts

D'origine jamaïquaine, Naomi Campbell est née en à Londres où elle est élevée par sa mère. Repérée à l'âge de 15 ans par un ancien modèle propriétaire de sa propre agence de mannequin, elle décide de se lancer dans la mode et le mannequinat.

Le basculement

Naomi Campbell rejoint très vite l'agence Elite Model et décroche dans la foulée, à seulement 15 ans, la couverture du magazine Elle anglais en avril 1986. Un véritable tremplin pour le jeune top qui déménage par la suite à Paris. Elle y rencontre Azzedine Alaïa, dont elle sera la muse fidèle pendant trois ans. A peine arrivée à Paris, elle devient le second mannequin noir de l'histoire de Vogue UK à poser en couverture.

La consécration

Après le Vogue UK, c'est l'édition française du magazine que Naomi Campbell révolutionne en devenant la première femme noire à faire la couverture en août 1988. Déjà célèbre, elle devient alors une véritable icône, entrant dans le petit cercle des super-modèles consacrés à la fin des années 80. Suit une décennie de couvertures, de séances photos et de défilés pour tous les plus grands créateurs. Elle apparaît également dans les clips de George Michael ou Michael Jackson. Bien plus qu'un top model, elle devient l'image de la femme noire moderne.

Après le succès

Après plus d'une décennie de succès ininterrompu, "la panthère", comme les magazines s'amusent à l'appeler, a du mal a gérer son fort tempérament. Excessive, agressive, voire brutale, elle défraie la chronique et fait la Une des journaux à scandales, ce qui ralentit sa carrière dans les années 2000. Mise de côté pendant un temps, elle améliore son image en s'engageant alors auprès du dalaï-lama ou de Nelson Mandela. Un changement qui lui permet de revenir sur les podiums lors d'apparitions événementielles spectaculaires, comme en ouvrant le défilé Versace pour l'automne/hiver 2013/2014.

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Tyra Banks : la TV star

Tyra Banks : la TV star

Les débuts

Née en Californie en 1977, Tyra Banks grandit dans une famille de la classe moyenne américaine. Suite au divorce de ses parents à la fin des années 80, la jeune fille de 11 ans perd 15 kilos. Elle redécouvre alors son corps et commence déjà à envisager une carrière dans le mannequinat. Elle préfère cependant persévérer dans la voie qui la passionne, le cinéma, en intégrant un cursus de production audiovisuelle à l'université de Californie dans laquelle elle étudie.

Le basculement

Malgré sa passion pour le cinéma, Tyra Banks saute sur l'opportunité quand l'agence Elite la recrute en 1993 et lui propose de l'envoyer à Paris. Son incroyable aisance, aussi bien lors des castings que sur les podiums ou lors de séances photos, la rend vite indispensable aux plus grandes maisons. Swatch, Tommy Hilfiger, Escada, Anna Sui... Tous s'arrachent la jeune Californienne pendant près de 4 ans.

La consécration

Mais c'est à son retour aux Etats-Unis, en 1997 que Tyra Banks explose, en devenant le premier mannequin afro-américain à poser pour les magazines GQ et Sports Illustrated. Elle ouvre également la voie des mannequins noirs chez Victoria's Secret, dont elle devient l'un des Anges les plus prisés pendant 7 ans.

Après le succès

L'image d'Ange du modèle l'éloigne cependant assez rapidement de la haute couture. Tyra Banks revient alors à ses premiers amours, la télévision et le cinéma. En 2003, après quelques apparitions dans des séries, elle crée le concours de mannequinat télévisé America's Next Top Model, immense succès toujours d'actualité, qui fait d'elle une figure incontestable du paysage audio-visuel américain.

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Liya Kebede : la nouvelle actrice

Liya Kebede : la nouvelle actrice

Les débuts

Née en Ethiopie en 1978, Liya Kebede est repérée par un réalisateur devant son lycée qui la présente à un agent français. Une fois son bac en poche, elle s'installe à Paris dans l'espoir de commencer une carrière d'actrice.

Le basculement

La jeune éthiopienne est finalement rattrapée par sa beauté, qui la pousse vers les podiums en 2000, quand Tom Ford lui demande de défiler pour Gucci. Suivent trois années riches en collaborations, en particulier avec le magazine Vogue Paris qui lui consacre l'intégralité de ses séries mode et beauté ainsi que la couverture de son numéro de mai 2002.

La consécration

2003 est une année décisive pour Liya Kebede, qui devient la première femme noire égérie beauté de la marque Estée Lauder. Une révolution dans le monde de la cosmétique qui la propulse en tête des mannequins les plus demandés du moment. Elle entre au classement du magazine Forbes des 15 modèles les mieux payés au monde.

Après le succès

Liya Kebede freine légèrement sa carrière de modèle à partir de 2004 pour se consacrer à ses autres passions. En 2006, elle est nommée "ambassadrice de bonne volonté" par l'O.M.S., l'Organisation Mondiale de le Santé, pour la santé maternelle, néonatale et infantile. Parallèlement, elle débute une carrière d'actrice prometteuse en apparaissant dans des films à succès, comme Lord of War aux cotés de Nicolas Cage, Raisons d'Etat de Robert de Niro ou encore Fleur du Désert dans lequel elle incarne la mythique Waris Dirie. Plus récemment, elle apparait dans Le Capital de Costa-Gavras avec Jean Dujardin.

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En route pour le changement ?

En route pour le changement ?

Depuis les années 50, plusieurs mannequins noirs ont donc réussi à pénétrer le temple de la mode, longtemps réservé aux caucasiennes. Les trois dernières décennies du XXème siècle ont ainsi consacré tour à tour des beautés à la peau colorée, les élevant au rang d'icônes de la mode et de la cause noire. On pensait alors l'industrie de la mode et la société prêtes à s'ouvrir aux mannequins de toutes origines, et pour longtemps.

L'arbre qui cache la forêt

Leur statut d'icône peine cependant à cacher la réalité du milieu. Figures d'exception  au sein des agences de mannequins dans les années 80 et 90, elles se détachent des autres avant tout pour leur rareté sur le marché. Quant aux créateurs et décideurs du monde de la mode, une collaboration avec un de ses mannequins stars suffit à leur donner bonne conscience. De quoi tuer dans l'œuf le processus de changement entrepris depuis Donyale Luna.

Des succès à double tranchant

Finalement, si la fulgurante notoriété de quelques mannequins de couleur leur offre la possibilité d'entrer au panthéon de la cause noire dans la mode, elle retarde du même coup un véritable bouleversement des mœurs. Au début des années 2000, peu de modèles noirs foulent encore les catwalks, mis à part Liya Kebede, ou quelques figures du milieu comme Naomi Campbell ou Alek Wek.

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La relève

La relève

Si le début des années 2000 laisse peu de place aux mannequins de couleur, à partir de 2007, une nouvelle vague de modèles noires déferle sur la sphère fashion, avec à sa tête Jourdan Dunn, Joan Smalls ou Chanel Iman. Considérées comme des modèles comme les autres et non plus comme des icônes célébrées pour leur originalité, il devient presque banal de les voir aux Fashion Week. Certaines maisons ont d'ailleurs contribuer à ce renouveau en mettant particulièrement en avant les modèles de couleur, en premier lieu Givenchy, qui leur donne toujours une place de choix dans ses lookbooks, campagnes et défilés.

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Jourdan Dunn : la rebelle

Jourdan Dunn : la rebelle

Repérée à 16 ans dans les rayons du magasin Primark, la jeune Anglaise est présentée dès l'année suivante comme "la nouvelle star de 2007" par Vogue UK. Mais la véritable consécration arrive l'année suivante, quand elle devient le deuxième mannequin noir à défiler pour Prada, 10 ans après sa compatriote Naomie Campbell. Jourdan Dunn pose et défile depuis pour les plus grandes maisons et les magazines le plus pointus.

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Joan Smalls : la battante

Joan Smalls : la battante

D'origine portoricaine, Joan Smalls s'installe à New York en 2008 pour percer dans le mannequinat et aider sa famille. Sa rencontre l'année suivante avec Ricardo Tisci lance sa carrière, le créateur de Givenchy la faisant défiler en exclusivité en 2010. Depuis, elle est apparue dans de très nombreuses campagnes publicitaires, notamment celle d'Estée Lauder pour la diversité dans laquelle elle représente les femmes noires.

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Chanel Iman : l'effrontée

Chanel Iman : l

Certaine de vouloir être mannequin depuis son enfance, l'Américaine Chanel Iman se présente spontanément au concours de l'agence Ford en 2006, où elle se classe 3ème. Sa carrière est lancée. Elle défile dès février 2007 pour les plus grands créateurs et devient la favorite d'Anna Wintour à qui elle fait un clin d'œil en plein défilé. Un peu en perte de vitesse deux ans plus tard, elle revient sur le devant de la scène en devenant un Ange Victoria's Secret.

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Herieth Paul : la femme-enfant

Herieth Paul : la femme-enfant

Originaire de Tanzanie, Herieth Paul est arrivée au Canada à l'âge de 14 ans en suivant sa mère diplomate. Repérée à un casting organisé par l'agence canadienne Angie's, elle signe finalement avec  Women Managment qui lance sa carrière internationale. On l'a notamment remarquée dans les pages de Vogue Italie et en couverture de Elle Canada en juillet 2011. La Canadienne défile depuis pour les plus grandes maisons, comme Diane von Furstenberg ou 3.1 Philip Lim.

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Nyasha Matonhodze : la surprise

Nyasha Matonhodze : la surprise

Nyasha Matonhodze, qui a grandit au Zimbabwe aux côtés de sa grand-mère, rejoint sa mère à Londres en 2002. Ses parents la poussent en 2009 à se présenter au concours Elite Model Look, dont elle atteint la finale. C'est sa ressemblance avec Naomi Campbell qui séduit l'agence Elite de Londres, Paris et Milan. Dès l'année suivante, elle défile à Paris et Londres et signe avec l'agence new-yorkaise Marylin. A la clé, des éditoriaux dans des magazines prestigieux comme Teen Vogue et un rôle d'égérie dans la campagne Louis Vuitton automne/hiver 2011/2012.

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Sessilee Lopez : la blacklistée

Sessilee Lopez : la blacklistée

La carrière de l'Américaine démarre en 2004 quand la jeune fille de 15 ans est signée par IMG Models. Mais c'est en 2007 que le top décolle en passant chez Major Model Management. A présent représentée à l'international, elle défile pour certains des plus grands créateurs parmi lesquels Karl Lagerfeld ou Jean-Paul Gaultier, et est apparue dans  les magazines de mode les plus pointus comme Vogue, Dazed & Confused, ou i-D. Sa participation aux show Victoria's Secret en 2008 et 2009 contribue également à sa notoriété. On regrette cependant que les créateurs ne fassent pas d'avantage appel à la belle Américaine, comme on a pu le contaster dans le documentaire "Les Filles en Vogue" du magazine éponyme.

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Anaïs Mali : la féline

Anaïs Mali : la féline

Née en 1991 à Toulon, ce mannequin d'origine tchadienne est repéré dans les rues de Paris en 2009. Elle tente alors sa chance à New York ou elle signe successivement avec Wilhelmina Models et Ford NY. Après ses débuts au défilé Vivienne Westwood, la jeune femme devient de plus en plus demandée. En  2011, elle apparaît à plusieurs reprises dans les éditions italiennes, françaises et américaines de Vogue. La même année, elle défile pour Victoria's Secret. Depuis, le jeune top de 22 ans a notamment fait la couverture de Madame Figaro et de W Corée.

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Rose Cordero : la "first lady"

Rose Cordero : la "first lady"

Repérée à l'âge de 13 ans sur son terrain de volley-ball en République Dominicaine par Sandro Guzman, fondateur de Ossygeno Model Management, le jeune top signe avec l'agence Wilhelmina Models en 2008 avant de rejoindre Supreme Management à New-York et Women Management à Milan. Rose Cordeo enchaîne depuis les défilés et collaborations pour Burberry, Max Mara, Jason Wu, Marc Jacobs, Zac Posen ou Louis Vuitton. Elle décroche en mars 2010 la couverture de Vogue Paris et devient alors la première femme noire à être en couverture du magazine..

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Mannequins noirs : vrai changement ou fausse tendance ?

Mannequins noirs : vrai changement ou fausse tendance ?

Malgré de nouvelles venues au succès incontestable, il est difficile de nier la persistance d'un sectarisme à l'encontre des modèles noires. En témoignent les vives critiques sur le racisme ambiant de Jourdan Dunn, en interview dans les pages du magazine Edit, pour le site net-a-porter. "J'ai déjà du rebrousser chemin en me rendant à des castings parce que 'le client avait déjà trop de filles noires' ".  Autre anecdote parlante, une maquilleuse aurait refusé de s'occuper d'elle car sa peau était "trop noire" à son goût. Une prise de parole rare dans un milieu fermé, et qui a encouragé d'autres modèles à s'exprimer sur le sujet. Chanel Iman et Joan Smalls ont publiquement soutenu Jordan Dunn dans ses déclarations, expliquant avoir eu à subir le même genre de traitement.

Ce problème de racisme, qui ne date pas d'hier, était encore tabou jusqu'à peu, et souvent mis sur le compte de la personnalité difficile de certaines icônes noires comme Naomi Campbell. Une excuse datée et bien peu convaincante, qui laisse place aujourd'hui à des critiques encore timides mais grandissantes envers les différents acteurs du secteur. Sont visées en premier lieu les maisons n'ayant jamais pensé (ou très rarement) à faire défiler des femmes de couleur, alors que d'autres maisons plus ouvertes, même en luxe et en haute couture, n'hésitent pas à choisir des modèles noirs pour représenter leurs marques. C'est notamment le cas de la maison Givenchy, qui, pour chacun de ses lookbooks, photographie autant de tops noirs que de tops blancs ou métis.

Et depuis quelques saisons, ce sont désormais les magazines eux-mêmes qui sont pointés du doigt, préférant parfois colorer la peau de mannequins blancs plutôt que de faire appel à des modèles noirs. En 2009, c'est le magazine Vogue US qui s'attire ainsi les foudres de la critique en publiant des photos de Lara Stone intégralement peinte en noir. L'année suivante, le magazine Numéro fait poser la blonde et diaphane Constance Jablonski avec un teint ultra hâlé et coiffée d'une perruque afro avec un jeune métis, le shooting ayant eu lieu dans un champs évoquant clairement la savane.  Plus récemment, le même magazine récidive dans son numéro de février en peignant la peau du modèle blanc Ondria Hardin pour une série "African Queen". Une démarche artistique qui n'a pas fait l'unanimité.

Sophie Gallay et Laurianne Melierre
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