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Julie de Libran : Rencontre avec la nouvelle directrice artistique de Sonia Rykiel

Julie de Libran : nouvelle directrice artistique de Sonia Rykiel

En seulement une saison, cette Française, éduquée entre les Etats-Unis et l’Italie, a réussi à insuffler un air nouveau chez Sonia Rykiel. Portrait sous toutes les rayures.

« La sensualité est au cœur de chacune de mes collections », affirmait Sonia Rykiel dans les années 70. Un credo partagé, presque quarante ans plus tard, par Julie de Libran, nouvelle D.A. de la célèbre maison depuis marsâ?¯2014 : « Sonia Rykiel symbolise le glamour nonchalant et la féminité ultime. Ses vêtements étaient conçus pour les femmes qui l’entouraient, toutes libérées, indépendantes et sensuelles. » Les deux créatrices partagent la même philosophie et la même façon de travailler. Lors de son premier show pour la marque, le 29â?¯septembre dernier, Julie présentait une collection débordant de rayures, de cachemire seconde peau, de combinaisons en satin et de robes en tulle transparent, mais dans laquelle ne manquaient pas les jupes en cuir frangé, les salopettes en denim ou les shorts en coton kaki. Un équilibre entre les codes classiques indéniablement Rykiel et un style frais et jeune qui fait dire à Suzy Menkes, critique de mode redoutée : « Elle a trouvé le ton juste : joli, espiègle et complètement français. Très réussi. »

De l’ombre à la lumière

Cet engouement n’a rien d’étonnant car même si cette Parisienne élevée en Californie est à peine connue du grand public, le milieu se l’arrache depuis des années. Elle a fait ses armes aux côtés de Gianfranco Ferré, Jean-Charles de Castelbajac, Gianni Versace, Prada et Marc Jacobs ère Vuitton. Pourtant, Julie n’a pas toujours rêvé d’une carrière dans la mode. « Même si je dessine mes vêtements depuis que je suis petite, l’idée d’être créatrice ne m’était jamais venue à l’esprit. Il a fallu que mon père insiste et me trouve une école (Istituto Marangoni à Milan) pour que je franchisse le pas. » A 20 ans et fraîchement diplômée, elle décroche son premier job chez Gianfranco Ferré. « C’est à ce moment-là que j’ai vécu mon premier défilé inoubliable : il y avait Kate Moss, Naomi Campbell, Karen Mulder et Carla Bruni qui a débarqué en backstage avec sa guitare acoustique. » Elle garde aussi des souvenirs piquants de ses années auprès de Versace. « Gianni était un homme merveilleux, et tellement drôle ! Il voulait que toutes les femmes autour de lui portent des talons, mais il n’aimait pas le clic-clac des stilettos sur les sols du studio. On se baladait toutes sur la pointe de nos 14 cm pour ne pas faire de bruit. Et les semaines avant le défilé, lorsque l’on travaillait tard, il faisait des allers-retours entre le studio et son appartement juste au-dessus, vêtu d’une robe de chambre en soie. » Peu après le décès de Gianni Versace, elle se fait débaucher par Prada, où elle restera dix ans, jusqu’au moment où, en 2008, Marc Jacobs fait d’elle son bras droit chez Vuitton. « Il m’a appris à être attentive aux détails, à écouter et à observer. Il disait souvent que pour un créateur, rien n’est pire que se renfermer sur soi-même. » C’est suite au départ de son mentor américain en 2013 qu’elle reçoit le premier appel de Rykiel. Sa réaction ? « Lorsque j’ai entendu le nom Sonia Rykiel, j’ai eu des frissons. J’ai su que c’était la bonne maison pour moi. » Car depuis longtemps, Julie est attachée à la marque : « Ma mère, qui était ultra-moderne, s’habillait en Kenzo, Saint Laurent et, bien sûr, en Sonia Rykiel. Elle avait un tailleur en crêpe noir avec une doublure en satin vert composé d’un bermuda et une veste croisée à boutons dorés. J’en ai hérité et ça a d’ailleurs été le point de départ de ma première collection. »

Un fan-club glamour

Il n’a fallu qu’une saison à Julie pour se faire des adeptes, de Suzy Menkes au top Liya Kebede en passant par Sofia Coppola, qu’elle rencontre à l’école de son fils en 2008, le même matin de son premier entretien avec Marc Jacobs. « Elle a été comme un porte-bonheur », affirme la créatrice, qui admet être un poil superstitieuse. Depuis, elles sont devenues amies. Ses pièces préférées de la collection ? « Les combinaisons. Elle en a commandé plusieurs, elles lui vont tellement bien », explique Julie, qui, de son côté, confie avoir un style plus androgyne. « Ma pièce fétiche, c’est la veste d’homme. On dirait une armure et j’ai besoin de me sentir protégée par mes vêtements. » A l’heure de s’habiller, elle ne suit qu’une règle : « Je joue sur les contrastes. Si je montre mes jambes, je suis couverte en haut, si je porte un décolleté, je l’associe à une jupe longue, si je mets du rouge à lèvres, je ne me coiffe pas. J’aime ne pas tout dévoiler d’un coup. J’adore cet équilibre masculin/féminin et apprêtée/négligée qui est par ailleurs très français. » A l’image de l’esprit maison, que Julie aimerait exporter dans le monde entier. « Même avec une allure 100â?¯% française, la marque est internationale. Et je rêve de voir mes collections dans la rue, portées par des vraies femmes libérées, indépendantes et sensuelles… »

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