• glamour-snippet-ysl-blackopium
  • Fashion Week Glamour

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
joursheuresminutessecondesdécouvrir
joursheuresminutessecondesdécouvrir
Inboard

Jenna Lyons nous donne une leçon de mode

Jenna Lyons nous donne une leçon

Michelle Obama porte ses créations. Le secret de la marque J.Crew ? Un vestiaire casual et des touches de couleurs éclatantes. Et surtout, le charisme de sa créatrice, Jenna Lyons, qui nous délivre sa recette imparable du chic made in USA.

La présidente et directrice artistique de J.Crew (prononcer "djè-crou") sort son téléphone pour chercher un selfie pris la veille avec une admiratrice dans un restaurant de Manhattan. Sourire. "C’est la première fois qu’on m’attendait à la sortie des toilettes." Aux Etats-Unis, Jenna Lyons est une star. Avant même son apparition dans un épisode de la série Girls, l’année dernière, ses lunettes à grosse monture noire et ses cheveux plaqués étaient reconnus dans la rue par des légions de fans. Quelle Américaine n’a pas un vêtement J. Crew dans son placard ? En quelques années, cette grande Californienne de 45 ans a métamorphosé l’entreprise familiale de VPC où elle a commencé sa carrière, en géant du prêt-à-porter cool et bon marché. Lena Dunham et Solange Knowles s’habillent en J.Crew. Michelle Obama aussi. Et la griffe part aujourd’hui à la conquête de l’Europe : après Londres l’année dernière, elle vient d’ouvrir sa première boutique à Paris.

Malgré son physique intimidant, "la femme qui habille l’Amérique", comme l’a appelée le New York Times, n’a rien de la patronne glaciale qu’elle incarnait dans Girls. Cordiale, expressive, elle parle à toute allure, ébouriffe volontiers la tignasse d’un collaborateur, et rit facilement, surtout d’elle-même. Nous sommes à Manhattan, dans l’énorme immeuble de Broadway qui abrite aussi Facebook et MTV. Les bureaux de J.Crew s’y déploient sur cinq étages, témoins de la bonne fortune d’une marque qui pèse aujourd’hui 2,5 milliards de dollars. Plantée dans des baskets montantes Adidas, les cheveux tirés en chignon sévère, Jenna Lyons choisit les filles qui présenteront la collection automne-hiver lors de la semaine des défilés. Les looks sont rangés sur un long portant : une robe à sequins multicolores sur une chemise masculine, une parka militaire doublée de fourrure jaune canari ou encore un petit manteau prince-de-galles sur un jean roulé aux chevilles. Un vestiaire B.C.B.G. assaisonné d’ "army wear ", de fluo, de paillettes et de plumes. La formule J.Crew.

Il suffit d’un coup d’œil pour comprendre que ce style, c’est le sien. Jenna Lyons est sa propre égérie. Depuis que Mickey Drexler, le P.-D.G. du groupe, a eu l’idée de la pousser sur le devant de la scène, elle est aussi la meilleure ambassadrice de la maison. Ultra-photographiée sur le circuit des défilés et des soirées mondaines, où elle côtoie le Tout-New York intello-branché, elle fait de fréquentes apparitions dans l’immuable catalogue J.Crew (l’une des photos, prise dans son appartement, a fait polémique : elle y vernissait en rose les ongles de son petit garçon). Son histoire d’amour avec une femme, Courtney Crangi, après un divorce compliqué, fait les délices des tabloïds depuis trois ans. "Je n’ai pas cherché à devenir l’image de la marque. C’est arrivé. Ce n’est pas toujours facile pour moi", confie cette icône réticente, qui ne s’est jamais complètement débarrassée de ses complexes d’adolescence. Atteinte d’incontinentia pigmenti, une maladie orpheline qui abîme la peau, les cheveux et les dents, elle mesurait déjà 1,83 m au collège, et souffrait de se sentir différente. Trente ans plus tard, Jenna Lyons plaide pour une mode "inclusive" – dont personne ne peut se sentir exclu –, et s’efforce de communiquer sa foi dans le pouvoir transformateur des vêtements. Leçon de style…

Glamour : Votre garde-robe brûle dans un incendie. Quelles sont les cinq premières pièces que vous rachetez ?
Jenna Lyons 
: Une chemise sur mesure, un jean, un blazer, une paire d’escarpins noirs et une belle montre.

Votre look idéal pour le bureau ? 
Il n’y a pas de formule universelle, mais je conseillerais à tout le monde d’avoir une tenue de secours pour les matins où le temps manque. Pour moi, c’est un jean, une chemise blanche et des talons. Et un rouge à lèvres rouge. Quand on n’a pas le temps de se maquiller, un lipstick rouge peut vous sauver.

Peut-on s’habiller pour réussir – "dress for success" –, comme disent les Américains ? 
Un jour, une femme m’a écrit pour me remercier. C’était une biologiste qui travaillait sur les cellules souches, enfermée dans son labo. Pour la première fois, elle avait dû faire une présentation devant une large assemblée de médecins, et elle disait que sa tenue J.Crew lui avait donné l’assurance dont elle avait besoin. La mode peut donner des ailes.

Comment s’habiller pour un premier rendez-vous amoureux ?
Tout dépend… Comment voulez-vous que la soirée se termine ? [Rires]. Moi, j’aurais plutôt tendance à y aller comme je suis. En défaisant quelques boutons.

Comment rester chic par temps chaud ? 
Il n’y a rien de plus beau qu’une marinière Saint James et un jean blanc. C’est ce que je porte à chaque fois que je quitte New York pour partir au soleil. Avant d’atterrir, je remplace mes ballerines par des sandales. Ça marche où que vous soyez, aux îles Vierges ou à Saint-Tropez.

Un indispensable pour le printemps ? 
Je suis obsédée par les combinaisons pantalons. Achetez une combinaison ! Je le conseille à tout le monde. Même à ma mère.

Plat ou talons ? 
Choix impossible. Jamais je ne pourrais renoncer aux baskets ni aux talons.

Vos "do" et " don’t " ? 
Ce qu’on peut faire de pire, c’est porter des vêtements qui ne sont pas seyants sous prétexte que c’est la tendance. On l’a vu avec la mode des jeans taille basse. Tout ne va pas à tout le monde. Vous savez ce qu’on éprouve quand on se regarde pour la première fois dans un miroir avec un vêtement qui nous met vraiment en valeur ? C’est à ce sentiment qu’il faut se fier.

Un "don’t" qui finit par être un "do"? 
Le blanc en hiver, l’association noir/bleu marine, les mélanges d’imprimés.

Un conseil beauté ? 
Buvez un verre de vin ! On est plus belle quand on est détendue.

Y a-t-il un look féministe ? 
Je ne crois pas. Voyez Lena Dunham: être féministe, c’est s’habiller comme on l’entend.

Que peut-on garder du look hipster ? 
Les tennis. Et les bonnets.

Peut-on être normcore et sexy ? 
Il y a mille façons d’être sexy ! C’est la grande leçon que j’ai apprise à New York. J’ai grandi en Californie, où je n’étais ni assez blonde ni assez bronzée pour attirer l’attention. Quand je suis arrivée ici pour mes études, je suis tombée des nues. Soudain, les gens me remarquaient dans la rue. On m’a même demandé si je voulais être mannequin. C’est pour ça que j’aime cette ville. Chacun a sa propre conception de ce qui est sexy.

Peut-on avoir du style sans argent ? 
Absolument ! L’argent a même tendance à nuire. Plus vous avez de moyens pour vous habiller ou décorer un appartement, et plus vous risquez d’en faire trop, de ne pas savoir choisir. On fait de meilleurs choix quand on est obligé d’arbitrer. Les vêtements que j’ai le plus aimés sont ceux pour lesquels j’ai dû économiser.

LIRE LA SUITE
Stéphanie Chayet
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.