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Clémentine Desseaux : "Il aura fallu 20 ans pour que je m’assume enfin"

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Elle mesure 1m73, a de jolies tâches de rousseur et est le nouveau visage de la marque grande taille Navabi. A 26 ans, Clémentine Desseaux, top français plus size expatrié à New York, n’en finit pas de monter. Glamour l’a rencontrée.

Comment êtes-vous devenue mannequin "grande taille" ?

Au départ, ce n’était pas un choix de carrière. Juste un petit job que je faisais à côté de mes études de marketing pour me faire un peu d’argent. Alors que je faisais un stage à Paris, j’ai envoyé quelques photos à une agence spécialisée dans les grandes tailles. On me disait souvent "tu as un joli visage mais c’est dommage, t’es grosse." Sympa… J’ai décidé de passer outre et l’agence m’a rappelé très rapidement. J’ai commencé par des petits shootings par-ci par-là. Je trouvais ça marrant.

A partir de quel moment, c’est devenu plus qu’un à côté ?

A la fin de mes études, j’ai booké une publicité télé pour Castaluna. Un mois plus tard, je lâchais mon travail dans le marketing, mon mec, mon appart et je partais pour Miami. Je me suis dit "j’essaye pendant trois mois et si ça ne marche pas je rentre". Au bout de quelques jours, j’entendais parler d’un casting American Apparel. J’ai envoyé mes photos et deux semaines plus tard, je shootais la campagne à Los Angeles.

Pourquoi avoir choisi Miami ?

J’avais envie de vivre sur la plage, en tongs… Plus sérieusement, cette ville m’a changé.  C’est là que j’ai vraiment pris confiance en moi. Déjà, j’ai arrêté de faire des régimes. Je me suis rendue compte que ce n’étais pas moi le problème, c’était les autres. Parce qu’ici, personne ne me regardait bizarrement ou me traitait de grosse. Ça m’a libéré. Il aura fallu 20 ans pour que je m’assume enfin, c’est beaucoup de temps perdu.

A quoi est due cette différence de mentalité selon vous ?

La France a un vrai problème avec la différence en général. Que ce soit la taille, la couleur, la langue. On a une image arrêtée de la beauté, de ce que l’on doit porter ou non, de comment on doit se comporter. Dès qu’on sort de ce cadre, on est très vite stigmatisé.

La presse et les marques utilisent les termes de mannequin "grande taille", ou "plus size", "rondes"… Quel est le terme le plus approprié selon vous ?

Moi, je me considère simplement comme un mannequin. Bien sûr, je comprends qu’on doive le spécifier, comme si ca ne se voyait pas assez, puisque cette industrie a été créée il y a plus de 20 ans et que ce marché était tellement nouveau à l’époque qu’on avait besoin de le catégoriser. Mais j’ai l’impression que plus on parle de cette différence, plus on l’entretient. Il serait peut-être temps de s’en débarrasser ?

En ce moment, il y a pourtant de nombreux mouvements lancés sur les réseaux sociaux contre les diktats de minceur imposés aux femmes ou simplement pour qu’elles s’acceptent telles qu’elles sont. Vous pensez que les choses sont en train de changer ?

Sur les réseaux sociaux oui, sur les blogs oui mais toujours très peu dans les magazines. Dès que je reviens à Paris, j’essaie de faire bouger les choses à mon échelle et je vois bien qu’il y a de plus en plus de personnes intéressées pour parler de la mode grande taille mais c’est encore compliqué et si long. C’est frustrant car ça me paraît si simple. Le public serait heureux, ça rapporterait de l’argent… Les marques généralistes ont un vrai rôle à jouer car ce sont elles qui donnent la cadence.

Comment est-ce que vous avez réussi à trouver votre style vestimentaire ?

Ma maman m’a beaucoup aidé. On s’est toujours beaucoup amusé avec la mode. Et puis j’ose ! Quand on est ronde, on s’empêche de porter beaucoup de choses, des couleurs flashy, des vêtements ajustés… Mais il faut essayer ! C’est souvent une histoire de matière et de coupe. On peut tout se permettre dans ces cas-là.

Avez-vous des bons plans pour shopper "grande taille" ?

Pas vraiment… Ca reste encore très compliqué aujourd’hui de trouver de belles pièces bien coupées et surtout pas trop chères. A Paris, on peut aller chez Forever 21 ou H&M qui ont des lignes grande taille avec quelques pièces ou encore chez Women Curve, une boutique dans le Sentier plus spécialisée. Mais Internet reste encore leader sur le secteur. C’est pour ca que j’apprécie la ligne de Navabi dont je fais la campagne. Ce sont des pièces classiques, très bien coupées et qui vont à tout le monde.

Si les mannequins dits "classiques" ont l’obligation de ne pas grossir, est ce que vous avez celle de ne maigrir ?

Ne pas grossir et ne pas maigrir, oui. Les critères sont tout aussi stricts. Je travaille avec mon corps donc je dois faire du sport pour ne pas être flasque, avoir de beaux cheveux, de beaux ongles, une bonne hygiène de vie. Mon agence me "vend" au client comme faisant une certaine taille (du 44) donc si j’arrive sur le shooting en faisant du 46, je ne rentre plus dans les vêtements. Ce qu’il faut, c’est une certaine régularité.

Est-ce que vous pensez déjà à votre reconversion ?

Bien sûr ! Monter mon blog (Bonjour Clem) a été une première étape puis il y a 6 mois, j’ai lancé avec mon copain ma propre entreprise. Je suis revenue à mes premiers amours et je fais du développement commercial et marketing pour des marques françaises de prêt-à-porter et d’accessoires qui veulent s’implanter aux Etats Unis. Aujourd’hui, le mannequinat me prend 60% de mon temps car c’est ce qui me rapporte le plus mais j’aimerais en faire de moins en moins.

Un conseil à donner pour enfin s’assumer ?

Pour moi, il a suffi que je quitte la France. Mais tout le monde ne peut pas partir… Donc je dirais qu’il ne faut pas avoir peur de changer ce qui nous rend malheureux. Ca peut être son environnement général mais aussi son mec s’il ne nous dit pas tous les jours qu’on est belle. En bref, ne pas avoir peur de créer des changements pour se sortir d’une situation qui ne nous convient pas. Cela peut parfois faire peur mais c’est toujours bénéfique.

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Sarah Duverger
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