• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

Le questionnaire de (Gaspard) Proust

gproust

Après avoir vu son one man show assassin et hilarant, on se demande si cet ex-banquier né en Slovénie, bientôt à l’affiche du film de Frédéric Beigbeder est, comme son alter ego scénique, un trentenaire désabusé, snob et cruel. Réponse.

Est-il misogyne ?
"C’est bizarre de penser ça d’autant que j’ai plus d’amis femmes que d’amis hommes. Je ne suis pas méchant avec elles, je décris juste ce que j’ai vécu. Au fond, elles sont intriguées. Elles se disent qu’il y a un poussin blessé qui sommeille en moi et veulent me sauver. L’ennui aujourd’hui, c’est qu’on parle de méchanceté quand on est honnête. Les femmes veulent être comprises et j’ai l’impression qu’elles m’en veulent parce que je comprends très bien ce qu’elles désirent. D’ailleurs, parfois, elles me font peur."

N’aime-t-il rien ?
"Dans mon spectacle, je ne parle jamais de ce que j’aime. C’est par lâcheté ou par pudeur extrême. J’aurais peur d’être rejeté et puis j’ai un caractère plutôt réservé. Les gens se livrent trop aujourd’hui. Et quand ils se livrent, ils ne sont pas très intéressants. Ma grande peur, c’est de ne pas être intéressant. Je me protège, je ne livre rien, c’est pour ça que certains disent que ce n’est pas un spectacle très généreux. Imaginez la déception si vous saviez tout de moi. Connaître mon petit cœur ? Mais pourquoi ? On ne se connaît pas. Ils viennent me voir une fois, on passe une heure et demie ensemble et ils aimeraient que je baisse mon slip. Les gens sont fous."

Est-il fasciné par les bourgeois ?
"La bourgeoisie, c’est le prolétariat qui a réussi, comme moi. Ça me dégoûte autant que ça me fascine. Une nouvelle aristocratie qui travaille, c’est quand même honteux. Il n’y a rien de plus sordide qu’entendre un grand chef d’entreprise se plaindre qu’il travaille 20 heures par jour. Peut-être que si je fréquentais plus les bourgeois, je les critiquerais moins. D’ailleurs, les gens sont très déçus quand je leur dis où j’habite alors qu’on m’imagine déambuler à Passy (quartier bourgeois de Paris, ndlr)."

Est-il fasciné par les bourgeoises?
"Je suis fan des bourgeoises que j’ai un peu fréquentées. Ça porte de plus beaux vêtements, du cachemire. Elles se parfument, s’entretiennent, s’épilent... Elles ont ce fitness de la beauté. Vous avez remarqué que les femmes riches sont plus belles que les femmes pauvres ?"

Est-il dragueur ?
"On pourrait dire que monter sur scène est une grande entreprise de séduction mais mon but n’est pas de draguer le public. Je ne sais pas draguer. Si je me dis que je dois plaire, ça se voit et c’est raté. Curieusement, si je suis moi-même, j’arrive à séduire plus facilement. Les gens ont perdu l’idée qu’on peut séduire en étant soi-même. Ils pensent qu’il y a des codes à suivre pour plaire."

Est-il snob ?
"Tout ça parce que j’aime la musique classique. Je ne vais pas renoncer à cette extase métaphysique à cause de préjugés pouilleux de trois ploucs qui n’y connaissent rien. Mais je fais de la muscu en Gore-Tex (ma matière préférée après le cachemire) donc vous voyez, je fais des trucs de beauf. Comme je ne travaille pas à la chaîne, je vais à la salle de sport pour garder le contact avec toutes les couches sociales."

Est-il pessimiste 
"On a quand même le droit d’avoir son caractère, non ?"

Est-il manipulateur ?
"Les gens se posent pas mal de questions à mon sujet. A quel moment cesse-t-il de jouer ? Quand est-il sincère ? Mais je ne me suis pas construit de personnage, ce qui n’est pas “naturel” pour un one man show. On dit aussi qu’avec mon nom, j’ai fait un coup formidable. En fait, mon pseudo est proche de mon vrai nom que les Français ne savent pas prononcer parce que c’est du slovène patiné d’allemand. Je préfère sonner juste avec un faux nom que sonner faux avec un vrai. Et Proust était le plus proche mais ce n’est pas du tout mon auteur favori."

Est-il réac ?
"Les gens entendent ce qu’ils veulent dans mon spectacle. A la fin de la générale, un type de gauche m’a dit : “Ton spectacle est vraiment trotskiste,  il dénonce la bourgeoisie.” Cinq minutes, un type classé de droite : “Tout ce que vous dites sur scène, c’est tout ce que je pense.” Comme les gens ne savent pas qui je suis vraiment, ils projettent tout ce qu’ils veulent sur moi, tout et son contraire. Je n’ai aucun contrôle là-dessus mais au moins, je rends les gens libres. Ils peuvent se défouler et à travers moi, ils parlent beaucoup d’eux-mêmes."

Est-il asocial ?
"Je n’aime pas la foule alors forcément Facebook ou Twitter sont parfaits pour moi. C’est très agréable d’avoir une proximité de l’esprit. On peut dire des choses mais sans la promiscuité des corps. Il reste une distance assez saine. Pour ça, le monde virtuel est parfait, ça permet d’être avec les autres sans trop l’être. Je suis un très bon compagnon pour moi-même, la solitude ne me dérange pas. Et puis, je connais mes manies, parfois je m’agace tout seul. Je ne pense pas être quelqu’un d’inintéressant sinon je me serais quitté depuis longtemps."

Est-il anti-branchés ?
"Qu’est-ce qu’un branché ? C’est quelqu’un qui, tous les matins, met son uniforme et se balade avec sa petite barbe à la con. Il n’y a rien de plus triste que l’anti-conformisme conformiste. Moi, je sors peu, Paris est une ville fatigante. Ça fait 5 ans que je vis à Paris, je suis allé au Baron une fois et trois fois au Montana. Je suis un mauvais client pour les paparazzis."

Est-il nostalgique de la banque?
"Ça n’a jamais été un choix et j’ai fait ce métier en Suisse avec beaucoup plus de distance que la scène. Je trouvais ça totalement grotesque, je ne croyais pas une seconde à ce que je disais. Je gagnais bien ma vie mais ça ne m’intéressait pas. J’ai tenu trois ans. La dernière année, j’ai senti le plan social arriver et j’ai commencé à faire l’imbécile au bureau. Mon morceau de bravoure, c’était de m’endormir dans l’open space. »

Est-il control freak?
"Je flippe quand je me vois en photo. Je déteste voir les images du spectacle. C’est ma croix, je suppose. A chaque fois qu’on me demande des images du spectacle, je suis furieux. C’est un moment entre le public et moi, c’est très impudique d’aller filmer ça. Pour le film de Beigbeder, ce sera différent, c’est un rôle de composition. Et puis, l’intrigue est formidable : c’est un homme qui est amoureux d’une femme plus de trois jours. Voilà enfin une occasion de savoir ce que c’est d’être amoureux. Je ne pouvais pas refuser une occasion pareille."

Est-il carriériste?
"Oui. Après avoir fait dans l’humour, je tournerai dans un film dramatique. Les gens découvriront que je suis un clown au cœur tendre, aussi capable de faire pleurer."

Est-il menteur ? 
"Non. J’aurais beaucoup de scrupules à mentir à une journaliste."


Gaspard Proust tapine, du 13 au 17 décembre, Salle Gaveau et en tournée en France.

L’amour dure 3 ans, en salles le 18 janvier.

LIRE LA SUITE
Nathalie Dépret
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.