Les rois du (show) buzz

Comment parvient-on à atteindre les 150 000 "followers" ? Entre Café du commerce et nouvelle agora, Twitter fait et défait les réputations. Clash, auto-promo, scoop… enquête sur les stratégies de com 2.0.

norman
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Buzz… les quatre lettres les plus galvaudées de l’histoire du Web. Toutes les semaines, des noms sortis de nulle part émergent en quelques minutes et se taillent une bonne place dans nos conversations de machine à café : Norman, le mec qu’on voudrait tous rencontrer, Miss Sing, la rappeuse qui se prend pour JoeyStarr ou Mickael Vendetta, le commentateur politique le plus inattendu de la dernière campagne présidentielle. Il suffit de quelques heures pour se faire un nom, changer de réputation, devenir le héros local, le grand méchant loup. Ou la grande méchante louve, dans certains cas : on pense à Valérie Trierweiler et son tweet anti-Ségolène qui a fait trembler la République. Non, le Net n’est pas l’endroit idéal pour la spontanéité, ni les sorties de route improvisées. Sur Twitter, place publique du Web, chaque faux pas coûte cher, chaque bonne idée peut rapporter gros car l’art du tweet est une science qu’il faut apprendre à maîtriser. Qu’est-ce qui crée un mouvement de foule virtuelle ? Et comment peut-on s’en servir à des fins personnelles ? La génération Y est en train de voir naître les premiers experts en la matière. Des petits malins qui ont compris comment communiquer sur eux, sur leur vie, leurs amis, leurs habits et s’auto-ériger en icônes du moment. Glamour a mis à jour cinq stratégies pour s’inscrire dans le tableau des top tweets, le Saint Graal, le top 50 des années 2010.

Balancer des infos d’insider
Ce fantasme est né avec la série Gossip Girl. La figure fantomatique de cet être qui sait tout ce que les autres ne savent pas et le dévoile au grand jour. S’il y a bien un mot qui répond parfaitement au buzz, c’est le scoop. L’information est devenue un torrent dans lequel l’internaute lambda se noie quotidiennement. Il fallait donc, à notre époque compliquée, un maître nageur expérimenté qui se charge de dompter le flot de l’actualité. Le superhéros français, dans cette catégorie, est indéniablement Vincent Glad. Lui, c’est le joli garçon du Grand Journal de Canal+, mais pas seulement. A 27 ans, il est prof de journalisme Web et a souvent prouvé qu’il n’y avait pas mieux que lui pour lire entre les tweets. C’est lui qui a accusé Michel Houellebecq de plagiat, lui qui a dévoilé le profil Facebook de Zahia en plein scandale footballistique, lui qui a accusé Morandini de voler des infos sur d’autres sites, tentant de se faire passer pour un super journaliste. Vincent Glad, c’est le justicier qui manquait à la Toile. Et nombreux sont ceux (il a près de 47 000 followers) qui passent tous les jours sur son compte espérant y trouver leur ration d’infos chaudes et croustillantes. Et pourtant, comme tous les vrais héros, il garde la tête froide : "Je ne prétends pas être un spécialiste", tweetait-il, il y a quelques semaines. Dans le même registre Julian Assange, Maître Eolas, Miss Press (alias Mélissa Bounoua) qui explose Vincent Glad avec ses 155 000 followers.