Les nouveaux gentlemen-farmers

Ingénieurs au chômage ou citadins en crise, une nouvelle génération retourne à la terre. Des néo-fermiers cultivent bio ou se lancent dans l’agrotourisme. Exemple aux USA avec Chris Fischer qui a repris l’exploitation de son grand-père.

Les nouveaux Gentlemen-Farmers
© Gabriela Herman - Nora Mandray

"Young farmers", c’est ainsi qu’on les appelle un peu partout dans le monde, eux qui réinvestissent la terre par envie ou par nécessité. De l’Europe du Sud aux Etats-Unis, ces néo-fermiers ont des profils atypiques : citadins en crise existentielle, jeunes fauchés, anciens ingénieurs au chômage… ils quittent les villes pour vivre d’air frais et d’autosuffisance. A Athènes, près d’un tiers des 20-34 ans a récemment envisagé de s’installer à la campagne*. En Espagne, les rescapés urbains de l’austérité s’exilent en masse pour reprendre la ferme familiale ou se lancer dans l’agrotourisme. Leur nombre augmente chaque mois à travers l’Europe. Aux Etats-Unis aussi, sur fond de crise des subprimes et de tendance "slow life", la vie à la ferme fait de plus en plus fantasmer.
Résultat : une nouvelle génération d’agriculteurs néophytes s’installe dans le Tennessee, le Massachusetts ou dans les environs de New York pour faire pousser leurs tomates eux-mêmes. Et importe sa culture de génération connectée. Ils se structurent en réseaux – la National Young Farmers’ Coalition compte 5 000 membres –, s’échangent des conseils sur des sites dédiés (comme Youngfarmers.org ou Greenhorns.net) et organisent des sessions "weed dating", où les rencontres se font en plantant des graines. Bienvenue dans le monde de ces nouveaux gentlemen-farmers.

*Selon Kapa Research pour le ministère du Développement rural et de l’Alimentation.