Actuellement en kiosque !

GL cover mag Décembre 2017 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
HautHab__Leaderboard - skin
Restaurants à Paris : Instagram a changé le game ?
1 /3

Restaurants à Paris : Instagram a changé le game ?

Il suffit de chercher le hastagh #foodporn sur Instagram pour comprendre l’intérêt des utilisateurs du réseau social pour la belle (et bonne) bouffe –près de 130 000 000 publications. Aujourd’hui, la plateforme est-elle vitale pour faire tourner le business d’un restaurant à Paris ?

Le Fooding l’a bien compris, après un guide et un site mis à jour régulièrement, le dénicheur des adresses les plus cool de France dévoile également ses dernières pépites sur Instagram. Avec plus de 183 000 abonnés à travers le monde, la publication a fait sauter les frontières et gagné en notoriété. Sa stratégie est simple : regrammer les plats les plus alléchants que postent les utilisateurs sous le hashtag #LeFooding. Une évolution dans sa manière de partager ses recommandations, qui révèle aussi que les restaurateurs ont besoin d’être présents sur les réseaux sociaux. Comme Ava, fondatrice de l’Abattoir végétal, qui s’occupe elle-même du compte de son restaurant – 5 950 abonnées. "Je me force à le mettre à jour au moins tous les 2 jours", explique l’entrepreneuse qui ne pensait pas avoir recourt à Instagram pour faire marcher son business. En demandant à ses clients comment ils ont atterri dans son restaurant vegan, elle estime à 20% la part de consommateurs qui viennent, attirés à coups de photos stylées repérées sur la plateforme.
 

La culture du beau


La décoration très photogénique du lieu, elle l’a choisie et élaborée grâce à des moodboards et autour d’un code couleur. Avec 20% de son budget alloué au design, cette passionnée a misé sciemment sur un intérieur qui donne envie de passer le pas de la porte, sans jamais penser au potentiel instagrammable de son restaurant. S’il s’agit d’un plus pour les réseaux sociaux, il l’est aussi pour le commerce en général. "Les gens s’arrêtent pour me demander d’où vient tel meuble et il arrive que certaines personnes entrent pour faire des photos sans manger". Certaines fois, par coup de chance - ce sont des Instagrammeurs avec une vaste communauté qui s’arrêtent déjeuner, comme Camille Callen alias Noholita (510K d’abonnés). "Elle est venue, ça a fait un effet boule de neige qui m’a permis de gagner des followers et de faire venir des clients". Au total, la photo de son assiette comptabilise plus de 8 000 j’aime et autant de nouveaux habitués potentiels.

 

 

Cute #cute #cute @abattoirvegetal || #lunch with @dressingleeloo @meganvlt

Une publication partagée par Camille Callen (@noholita) le

La restauration dure 2 ans

La restauration dure 2 ans

Avoir recourt au réseau social ne fait pas tout, puisqu’il faut fidéliser la clientèle dans le but qu’elle revienne une fois la curiosité passée. Un vrai challenge lorsque l’on sait que trois restaurants ouvraient par jour en 2014 en France selon les chiffres que Challenges a récupérés auprès du Greffe du Tribunal de Commerce de Paris.

Mais ce n’est pas parce que beaucoup d’adresses voient le jour à Paris qu’elles arrivent à rester ouvertes. "ll y a 10 ans, la durée de vie moyenne d'un restaurant à Paris était de 7 ans, aujourd'hui elle est de 2 ", constate le directeur général de Gira Conseils Bernard Boutboul. Toutefois, cela ne signifie pas forcément mettre la clef sous la porte. Selon le spécialiste, le cap de deux ans marque un cycle de vie, c’est-à-dire, le moment de se remettre en cause pour un restaurateur, au risque de devoir fermer boutique.
D'après son constat, les ceux qui se concentrent sur un thème culinaire – la viande, le poisson– et sur la géographie – cuisine indienne, italienne - ont un projet plus viable que les "généralistes".

 

Trouver le bon concept mais pas que
    

Pourtant un restaurant, qui est beau et a trouvé un bon concept, ne fonctionne pas nécessairement, "il faut aussi qu’il soit bon et que le service soit agréable", argumente Bernard Boutboul. Ce que les gens ont tendance à oublier. Deux critères cependant indispensables qui prouvent qu’être bon en marketing ne fait pas tout. C’est le cas de Rococo et Zarma, deux restaurants spécialisés dans le kebab de luxe qui se sont lancés presque simultanément au printemps 2015. La première adresse n’avait pourtant pas de mauvaises critiques sur Internet mais a rapidement fermé. Situé dans le quartier branché du 10ème arrondissement, le restaurant assez grand se présentait bien avec une déco cool et une idée de départ plutôt stylée. Manque de chance, en pleine tendance du kebab de luxe, lancée notamment par Grillé dans le 2ème arrondissement, Rococo a semble-il peiné à se démarquer face à ses concurrents. En passant devant régulièrement, on constate que le lieu est souvent vide. Enfin quand on teste leur carte, on est déçu parce que c’est sec et ça n’a pas de goût. Une expérience à l’image de ce commentaire repéré sur le célèbre site TripAdvisor :

Zarma, installé à Pigalle, dont le local est beaucoup plus petit, a inauguré une seconde enseigne à Stalingrad cet été. Une micro cabane avec une terrasse dont l’investissement paraît plus raisonnable. Si ce dernier est passé à la vitesse supérieure, l’aventure de Rococo a duré 2 ans, pile dans la moyenne avancée par le directeur général de Gira Conseils. Sur Instagram, le lieu ne compte qu’une centaine d’abonnés sur son compte, mais certains pourraient avoir déserté depuis la fermeture récente du restaurant.

 

 

Ici c'est Pri-mi, Pri-mi, Fon-fonky fresh #truffedumolise #trufflegang (sexy pic by @mmmxhm)

Une publication partagée par BIG MAMMA (@bigmammagroup) le

 

Le pouvoir des photos les plus #Foodporn

 

Malgré tout, on reste loin des chiffres impressionnants que compte Big Mamma - Pink Mamma, Ober Mamma, East Mamma - sur Instagram, soit plus de 50 000 personnes qui suivent les actualités de ces adresses devant lesquelles tout Paris fait la queue dans l’espoir de manger les fameuses pâtes à la truffe. Un plat qui a un pouvoir secret sur le réseau social. "Au sein d'un même restaurant, certains plats sont des "machines à like", l'engagement est beaucoup plus fort. C’est le cas desdites pâtes mais aussi des macarons et pâtisseries de Ladurée qui ont toujours énormément de succès", explique Julie Zwingelstein, journalistes pour Do It In Paris et Version Femina avec au compteur plus de 15 000 abonnés. Sur Instagram, cette Parisienne - qui déniche les nouvelles adresses et part quotidiennement à la recherche des bons plans de la capitale – propose un guide avec de vrais conseils et des images qui délivrent un message pour sa communauté. Si elle confie que "l'information prime sur l'esthétique", elle avoue aussi que certains restaurants qu’elle a bien aimés ne figurent pas sur son compte, la faute à un mauvais éclairage. Une jolie visibilité dont se privent, certainement sans le savoir, des adresses qui pourtant gagneraient à être connues. 

Aussi insignifiante soit-elle, cette question d’éclairage est pourtant importante dans un restaurant. Elle peut aussi être le point d’un "drama". Comme le démontre Jay Rayner, critique gastronomique du journal britannique le Guardian. Ce dernier a publié ses propres photos des plats du restaurant étoilé parisien Le Cinq, pour les comparer aux images que l’établissement donne gratuitement à la presse, dans l’espoir qu’elles seront relayées plutôt que la "réalité" moins photogénique à cause de l'ambiance tamisée mais aussi d'un dressage raté.


Etre bon ou ne pas être
 

Finalement, une image – Instagram ou non – n’a pas forcément besoin d’être belle pour être postée sur le réseau social. Une jolie fan base de près de 27 000 personnes suit le compte "sans filtre" du restaurant Holybelly, connu pour proposer les meilleurs pancakes de Paris. Cela prouve que l’on peut avoir du succès sur le réseau social, sans avoir l’intention de faire du beau mais juste du bon et montrer la vraie vie. Et pourtant, le restaurant est instagrammable puisqu’il reprend tous les codes d’un lieu à succès  : des matières tendances comme le cuivre, des plantes vertes, un mur stylé où est peint le nom du restaurant…

 

Evane Haziza-Bonnamour, co-fondatrice d’ECCE Studio, est une des architectes d’intérieur qui a imaginé la crêperie stylée Candelma. Selon la designer, le plus important n’est pas le côté photogénique d’un nouveau restaurant. "Je pense avant tout à son concept et son harmonie avec le menu". Elle ajoute en revanche que le client demande maintenant que la déco "ait un potentiel insta", ce qui se traduit dans son travail par l’épuration des lignes et les jolis détails, comme choisir de belles assiettes et s’assurer que les finitions soient nickel.

Si Instagram ne communique pas de chiffre sur le nombre de photos postées dans un restaurant ou le plat le plus instagrammé de Paris, des magazines comme MPA et des applications comme Marks ont bien compris le potentiel du réseau social d'être un guide des meilleures adresses de la capitale. Cette dernière recense les lieux qui buzzent le plus sur la plateforme, en fonction des publications localisées dans les restaurants. Des influenceurs à l’affût de nouvelles adresses ont même leurs propres cartes qui réunissent les spots où ils se localisent. Un bon moyen de suivre les lieux tendances au fur et à mesure qu’ils ouvrent et d’encourager les gens à se déplacer dans les endroits les plus "photogéniques" de Paris, qui sont souvent les meilleurs. Faute de quoi, c’est la fermeture assurée.

 

Loginnn
__5574__FR-New-Glamour__Impact__Interstitiel - interstitiel

Vous possédez un compte Glamour ? Gagnez du temps !

se connecter
Mme M.

JE SOUHAITE RECEVOIR

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.