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Facebook, ma famille et moi

Facebook, famille et moi

Les liens virtuels qu'on entretient avec nos êtres chers d'amour et de chair ne sont pas toujours plus évidents sous prétexte qu'entre eux et nous, il y a un écran.

Je suis amie avec ma mère.

Le problème : Il y a un problème rien que dans l'intitulé, le jour où l'on a lâchement accepté sa "demande d'ajout d'amie". Ce genre de rapport maternel et amical est pire qu'un Oedipe inversé. On peut  passer pour une réactionnaire, mais quand même : on n'est pas censée être amie avec sa mère. Surtout pour qu'elle mette son grain de sel à chaque nouvel ami ajouté, chaque photo où l'on fume/boit/meurt, ou pire : qu'elle se lâche sur son wall comme jamais elle a osé à la maison. Du genre à partager la vidéo de Frankie Vincent "Tu veux mon zizi - oui, oui, oui" vu sur le mur de votre meilleur ami (qui n'a pas osé la refuser, évidemment) participer au buzz contre le cancer du sein, en mettant la couleur de son soutif ou l'endroit où elle pose son sac : "je l'aime sous mes fesses, par inadvertance." Non merci Maman.

Taux de virage facebookien possible : 90%. Parce qu'elle comprendra, et que si vraiment ça la chagrine, de ne plus pouvoir épier votre vie et de faire vos amis ses amis, vous avez toujours l'argument psy de choc : tu es plus qu'une amie, ma petite Mamoune. Voilà. Dans le sens du poil.

Je suis amie avec mon père.

Le problème : Depuis que Papa est sur Facebook, on assiste à un véritable revival : tous les tubes de Joe Dassin sont sur sa page, mais pas que. Les vieux potes débarquent en renfort, et commentent à tout va dans une ambiance bon enfant et rire gras toutes les bêtises postées par le cher paternel. C'est pas aussi tragique que Maman, mais c'est la honte quand même. Un peu.

Taux de virage facebookien possible : 50%. En vrai, c'est moitié-moitié parce que c'est vraiment selon votre seuil de tolérance; lui, il s'en fiche. Il s'amuse comme un fou. Il vient même d'adhérer au groupe "Fédération française de chat-bite."

Je suis amie avec ma cousine éloignée.

Le problème : Cette cousine, elle a au moins trois décennies de plus que vous, et vous n'avez pas vraiment d'enfance en commun. Et tout est : elle tellement contente d'avoir repris contact avec vous qu'elle se comporte étrangement. Elle est dingue de vous. Elle vous a-dore. Parce que vous êtes sa chère cousine, vous êtes plus cool que sa sœur (pas de prise de tête sanguinolente), moins compliquée qu'une amie (vous ne l'appellerez pas à deux heures du matin en pleurant, perdue entre deux rues, même si elle s'obstine à vous dire qu'elle sera toujours pour vous), et surtout plus fraîche qu'elle. Vous êtes sa jeunesse qui revient, en gros. Tous ces garçons qui rôdent sur votre mur, ça lui serre le cœur à elle. Donc elle est fan, archi fan, et elle le prouve quotidiennement : elle "like" absolument tous vos liens, les fait passer, et commente à coeur-joie "c'est ma chérie d'amour qui m'a fait connaître cette vidéo !!!". La totale : elle connaissait pas Tellier et ignore encore que plusieurs points d'exclamations, c'est interdit par la bienséance virtuelle.

Taux de virage facebookien possible : 1%. En vrai, c'est chaud de la virer de vos amis. Pour quel motif ? D'abord, c'est la famille ; ensuite, vous ne pouvez franchement pas lui dire que depuis qu'elle buzze le moindre de vos liens, vos amis vous ont abandonné parce que maintenant vous aussi vous passez pour une bouffonne.

Je suis amie avec la copine de mon frère.

Le problème : Non seulement la copine de votre frère vous appelle "ma belle-sœur" à tout va alors que ça fait à peine six mois qu'ils sortent ensemble, mais en plus, elle a les pires photos de profil permises. Et ça, si votre frère ne le voit pas, ou fait un déni, tant mieux pour lui. Pas vous. C'est mentalement dur d'admettre que cette graine de mégère qui fait une moue de piaf devant son photobooth a un quelconque rapport avec vous, ouvertement signalé par "on se voit demain à l'anniv de ton père?" sur votre wall. Horrible.

Taux de virage facebookien possible : 35%. En vrai, ça se fait pas de dégager la copine de votre frère. La pauvre. Mais enfin, si vous sautez le pas, et qu'elle s'en plaint, vous pouvez toujours mentir : "Ah bon ? on n'est plus copines ?J'ai me tromper, ou il y eu un bug." Elle ne vous croira pas, or comme vous êtes la sœur de son mec, elle n'osera rien dire. Profitons-en.

Je suis amie avec mon grand frère.

Le problème : On l'aime notre grand frère, il est très sympa, sauf qu'à chaque garçon qui aime un statut, ou face à une photo de vacances de nous en maillot de bain, il ne peut pas s'en empêcher : en mode frère jaloux, notre aîné oscille entre "ça va le thon" (genre petit plaisantin méchant) et "c'est qui lui ?!" (genre jaloux qui s'impose). Il faut agir, et vite, sinon bientôt il va se mettre à balancer les photos dossiers de famille. Bonjour le drame social.

Taux de virage facebookien possible: 65%. Normalement, c'est votre frère, vous avez le même sang, donc il s'en fiche d'une amitié virtuelle avec vous. Le seul risque, majeur en plus, c'est qu'il décide de le prendre mal rien que pour vous embêter et qu'alors il f asse ce qu'on craignait ci-dessus. Et vous voilà sur la cuvette des toilettes, à 5 ans et demi, en invitée spéciale sur sa page. Pas sympa.

Je suis amie avec ma petite sœur.

Le problème : Il se résume en peu de mots : elle a seize ans. Et à force de poster ses photos, on commence à voir à quoi ressemble sa vie de fille délurée de seize ans. Entre les fêtes alcoolisées avec des boutonneux qui ne valent pas les larmes qu'elle versera pour eux, des jupes si courtes que leur longueur ne valent pas leur prix, des vidéos si affligeantes qu'elles ne valent pas leur espace sur le disque dur de l'ordi familial, on se rend compte à quel point peut être affligeant le monde des adolescents. Il faut plus qu'agir : il faut sévir.

Taux de virage facebookien possible : 0%. ou 100%. Soit l'un, soit l'autre, pas de milieu possible. Vous pouvez ne plus être amie avec elle, vous déresponsabiliser et fermer les yeux sur sa future grossesse qui ne saurait tarder au rythme des soirées qu'elle écume. Ou vous pouvez lui envoyer un message moralisateur par jour sur son mur, des liens vers des sites de préventions des MST et lui rappeler en commentaire que l'alcool, c'est pas avant 18 ans. Là, vous serez entre votre mère, et votre vieille cousine, mais en pire.

Je suis amie avec ma belle-mère.

Le problème : C'est comme votre mère, mais en pire : elle surveille tout et ne laisse surtout aucune blague second degré envers son fiston chéri sans réponses. Plus, quand  Maman aimera même les photos de nous moche et fatiguée, et ce parce qu'on est sa fille, Belle-Maman nous méprisera, elle, sous prétexte qu'on ne sera pas à la hauteur de son fils. Du coup, c'est une pression constante, et on ne peut même plus se faire porter pâle pour éviter le dîner rituel du dimanche soir : elle a vu nos photos du bal masqué de la veille. Grillée.

Taux de virage facebookien possible : 17%. Vous n'auriez jamais l'accepter au premier abord. Mais maintenant que c'est fait, à moins d'avoir le cran d'aborder l'affront qu'est son dernier commentaire ("Pourquoi vous n'avez pas appelé la semaine dernière ?" en dessous d'une photo de vous et d'une copine en train de danser, raides saôules) pour lui prouver que cette amitié virtuelle n'est pas très saine, il va falloir faire avec. Heureusement, on a des paramètres personnalisables à souhait. Bloquer-lui vos photos, statuts, vidéos. Elle n'aura de vous que le nom, et la présence du dimanche. C'est déjà beaucoup.

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Bethsabée Krivoshey

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