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L'agenda culture de la semaine du 25 mars

Une expo mode : "1931 face-dos-profil" au Crédit Municipal de Paris Un album noir : "Delta Machine" de Depeche Mode Un film déjanté : "Les Amants Passagers" de Pedro Almodovar Un livre sulfureux : "Pornographia" de Jean-Baptiste Del Amo 4

Un nouveau Almodóvar plus déjanté que jamais, des guitares et des synthés poids lourd avec le dernier albums de Depeche Mode, et un voyage dans la mode des années 30... C'est la semaine des grands retours au rayon culture.

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Une expo mode : "1931 face-dos-profil" au Crédit Municipal de Paris

Une expo mode : "1931 face-dos-profil" au Crédit Municipal de Paris

Dans les années 1930, la contrefaçon était déjà le fléau de l’industrie de la haute couture. Pour protéger leurs créations, les designers déposaient les principaux modèles de leurs collections auprès des prud’hommes de la capitale. Conservés aux Archives de Paris, ces précieux dépôts témoignent de l’extraordinaire créativité d’un âge d’or de la couture parisienne. Avec plus de 10 000 archives, l’année 1931 se révèle exceptionnellement riche. Elle a inscrit la naissance d’un style qui a marqué toute l’époque.

A travers un ensemble de documents, de photos, mais aussi de vêtements et d’accessoires issus des collections Galliera présentés pour la première fois au public, l’exposition "1931 face-dos-profil" met en lumière les tendances mode de cette année-là. Les grands noms de l’époque comme Jeanne Lanvin ou Hermès côtoyaient alors ceux de maisons aujourd’hui oubliées telles Druilhe, Callot, Bruyère… pour une vogue romantique tout en volants et mousseline.

"1931 face-dos-profil" au Crédit Municipal de Paris, du 28 mars au 6 juillet 2013, 55, rue des Francs-Bourgeois, du lundi au samedi de 9h à 17h, sauf les jours fériés.
Kenny Guetta

 

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Un album noir : "Delta Machine" de Depeche Mode

Un album noir : "Delta Machine" de Depeche Mode

Retour gagnant pour l'un des groupes britanniques les plus emblématiques des années 80, Depeche Mode. Près de 25 ans après leurs tubes Enjoy The Silence ou Personal Jesus, la new-wave semble ne pas avoir pris une ride avec Delta Machine, leur dernier et treizième album paru ce lundi. Guitares écorchées, synthés de guerre et voix opaque, ce qui a fait la force du trio par le passé ressurgit à l'état brut, et cette fois pour le meilleur après de précédents échecs. Delta Machine, qui fait incontestablement référence au blues du Delta, genre synthé-blues né au Mississipi et dont Depeche Mode est l’ambassadeur le plus célèbre, est notre coup de coeur, sombre et sensuel, de la semaine.

Ecouter Heaven, leur single.

Delta Machine de Depeche Mode, Mute Records/Sony, paru le 25 mars.
Marine Benoit.

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Un film déjanté : "Les Amants Passagers" de Pedro Almodovar

Un film déjanté : "Les Amants Passagers" de Pedro Almodovar

Ils s’envolent pour Mexico et sont tout excités à la perspective de changer d’air et de latitude. Ils ont tort… Quelques instants après avoir décollé de Madrid, leur avion donne d’inquiétants signes de faiblesse et le personnel navigant peine à dissimuler l’effroyable vérité : le crash est inévitable. Un film catastrophe ? Une fiction qui fait peur ? Deux fois non, puisque la chose est signée Pedro Almodóvar, un cinéaste qui, depuis toujours, prend soin de planer à des altitudes imprévisibles. Son nouveau bébé, joliment intitulé Les amants passagers, ne joue donc en aucun cas la carte du suspense aérien (s’écrasera ? s’écrasera pas ?), mais profite de son argument flippant pour rigoler avec tout et n’importe quoi.

Pourquoi les deux pilotes, plutôt que de suer à grosses gouttes, donnent-ils libre cours à leurs à leurs instincts sexuels divers et très variés ? Pourquoi les stewards, après consommation de moult cocktails explosifs, se mettent-ils à entamer d’improbables chorégraphies renvoyant à la case eighties ? Pourquoi les passagers se lâchent-ils rayon libido affamée ? Poser ces trois questions, refrain connu, c’est déjà y répondre et la morale libertaire du film peut se résumer ainsi : puisque tout semble foutu, autant s’amuser, jouir, et advienne que pourra… Résultat du vol : une comédie nerveuse et (très) débraillée qui prouve que Pedro Almodovar, après avoir enchaîné les chefs-d’œuvre ces dernières années (Parle avec elle, Volver, Etreintes brisées...), a une furieuse envie de frivolité et d’impertinence. Si le film est incontestablement un "petit" Almodovar, il donne tout aussi incontestablement d’excellentes raisons de se fendre la poire. C’est déjà beaucoup.     

"Les amants passagers" de Pedro Almodovar, avec Javier Camara, Carlos Areces, Raul Arevalo…  Sortie le 27 mars.
Olivier de Bruyn

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Un livre sulfureux : "Pornographia" de Jean-Baptiste Del Amo

Un livre sulfureux : "Pornographia" de Jean-Baptiste Del Amo

Dans la chaleur suffocante des nuits tropicales, un homme explore les ruelles crasseuses d’une ville de bord de mer. Sur les trottoirs esquintés, aux terrasses des cafés et jusqu’aux tréfonds des bordels nauséabonds, les sourires édentés des putains sans âges s’étirent sur leurs visages ravagés ; les corps des gitons boisés s’entassent en un amas de chairs obscènes et rutilantes. Au détour d’une passe au rabais, le narrateur fait l’amour à un garçon aux muscles noueux et au torse ambré. Bien après l’orgasme, la beauté farouche de l’adolescent continue de le hanter. Débute alors une quête fiévreuse au cœur d’une cité labyrinthe, infernale et fantasmée.

En citant Le Sexe et l’Effroi de Pascal Quignard en épigraphe du texte, Jean-Baptiste Del Amo rappelle qu’à l’origine, en grec, "pornographie" signifie simplement "peinture de prostitué(e)s". Et c’est exactement ce qu’il s’emploie à faire ici. Dans ce court texte, sorte de poème en prose kaléidoscopique et nerveux, Del Amo croque ces tapins à l’hideur majestueuse et sublime la dépravation des corps et des âmes. De sa plume licencieuse, presque visuelle, il signe un texte charnel où la violence des images suggérées est magnifiée par le souffle lyrique des mots qui l’écrive. Quatre ans après Une éducation libertine (Gallimard, 2009), premier opus flamboyant d’audace récompensé par le Prix Goncourt du Premier Roman, et la publication l’année dernière du très convainquant "Le Sel" (Gallimard), Jean-Baptiste Del Amo enracine ses obsessions littéraires pour le stupre et la fornication et confirme son statut de jeune prodige des lettres hexagonales.

"Je me vois surgir à travers les putains du front de mer et ceux de la vieille ville, travesti, transfiguré, mystifié. Il m’arrive de douter qu’ils n’aient jamais existé autrement qu’en moi-même. Je les porterais alors avec la détermination farouche d’une mère. Ma chair leur servirait d’écrin, mes organes de retables que les plus secrets de mes sucs poliraient et orneraient d’une nacre noire." p. 99.

Pornographia de Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard, 14,50 €.
Léonard Billot.

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