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Une festivalière débutante à la Route du Rock #2

festival route du rock chronique

Finalement, on ne connaît pas les joies de la Route du Rock tant qu’on n’a pas prouvé son amour pour la musique sous une pluie bretonne apocalyptique.

Deuxième jour de festival : la pluie. C’est fini la désinvolture et les mini-shorts, désormais il faut marcher à deux à l’heure en s’enfonçant mi mollets dans un sol brun visqueux et tenter de reconnaître ses amis parmi l’immense secte de festivaliers à capuche. Certains portent même des sacs poubelles-gilets pour se protéger : aux grands maux les grands remèdes. Même les groupes jouent le jeu du poncho en plastique : que ce soit les gai lurons de Battles ou le bogosse de Dirty Beaches, il semble que le glamour soit une valeur caduque en ce jour de torrent. Odeur de chiens mouillés et bières coupées à l’eau : vraiment, il pleut fort, si fort que même des camions arrivent pour aspirer la marre gigantesque de boue qui s’est formée entre la grande scène et le carré vip. Le couple mignon de Cults s’en est ému, de cette foule en délire présente malgré la pluie battante.

, le miracle s’est produit : bien que les cheveux frisottaient, les genoux claquaient et les chaussettes étaient trempées, le romantisme a surgi. Sur un air sixties, Madeline Follin, la chanteuse de Cults, a réussi à faire chanter un joyeux anniversaire au public pour le batteur du groupe, mais aussi elle a inspiré les amoureux : sous les gouttes, les baisers, longs et tendres. Parce qu’au point l’on en est, autant se tenir chaud. D’ailleurs, j’en ai profité pour filer aux loges, espionner un chouia et me réchauffer un peu : , j’ai vu Battles presque nu en train de se faire masser, pour faire plaisir à la Blogothèque.

Après les Kills qui sont passés globalement inaperçus, il y a eu deux catégories de festivaliers : ceux qui ont pu voir Battles, et les autres, qui, salis de boue, mouillés jusqu’aux os, déprimés sous leur frange, n’ont pas tenu et ont filé vers Saint-Malo en vue de se réchauffer au son du mix de Cheveu, qui passait dans la boîte l’Escalier. Ceux qui sont restés ont pu alors voir le show le plus transcendant jusqu’à présent, dit-on, même que la chanteuse de Blonde Redhead est passée, et que le concert était pure merveille. Battles nous avait promis de foutre le feu, apparemment ils ont tenu promesse. Bon, j’ai envie de me pendre, puisque que je fais partie du troisième type : ceux qui ont craqué encore plus et sont allés se réchauffer dans les tavernes intra muros de Saint-Malo.

Que ceux qui n’ont jamais écouté Battles sous la pluie s’envoient leur dernière bière.

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Bethsabée Krivoshey
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