La polémique Larry Clark

Larry Clark interdit, Larry Clark censuré… La rétrospective du photographe et cinéaste américain qui commence vendredi 8 octobre au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris est interdite au moins de 18 ans.

La polémique Larry Clark
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La Mairie de Paris, craignant que certaines photos présentées dans le cadre de cette rétrospective ne tombe sous le coup de la loi sur la pornographie. Pourtant l’œuvre de Clark est connue et reconnue depuis de nombreuses années. « Un travail sur la représentation de la jeunesse qui espère s’approcher au plus près de la vérité » affirme l’artiste lui-même dans le quotidien Libération qui consacre sa couverture à la polémique. Un travail qui montre parfois le sexe, la drogue ou la violence (apparemment, il ne s’agirait que d’une dizaine de photos sur les 200 présentées). Les images de Larry Clark ont d’ailleurs été exposées de nombreuses fois à Paris depuis la parution de son premier livre Tulsa en 1972 – encore récemment, fin 2007, elles étaient exposées à la maison Européenne de la Photographie. De même, ses filmsKids (1994),Bully (2001) ou Ken Park (2002)… sont tous sortis en France sans être interdits aux moins de dix-huit ans.

L’artiste, toujours dans Libération, insiste sur la fait que ses photos sont destinées aux adolescents de 16 ou 17 ans. Elles témoignent de leur mode de vie. Et sont faites pour être vues par eux, afin qu’ils se sentent moins seuls, qu’ils se confrontent à leur image y compris dans leurs comportements les plus limites. Elles ont même servi, en 2005, pour une série de T-shirts et de skateboards sortis en édition limitée par la marque de streetwear Supreme : des pièces qui sont désormais très recherchées par les collectionneurs… Mais on peut aller plus loin. Soit les photos de Larry Clark relèvent de l’art : elles subliment ce qu’elles montrent, documentent une réalité contemporaine sans complaisance mais avec une intention esthétique. Ce que notre sensibilité et notre culture artistique nous inclinent à croire. Leur érotisme trouble ne faisant alors qu’ajouter à leur force. Soit elles ressortent de la pornographie et l’on ne peut pas uniquement les interdire au moins de 18 ans puisque, pour beaucoup, elles mettent en scène des mineurs. En ce cas, elles doivent être purement et simplement interdites, le plus choquant étant alors que des adultes les regardent. Entre ces deux explications, la Mairie de Paris a choisi de ne pas choisir. Ce qui n’est pas seulement pusillanime, mais bien incohérent.

Kiss The Past Hello au Musée d’art moderne de la ville de Paris du 8 octobre au 2 janvier.