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"The Assassination of Gianni Versace' : pourquoi la nouvelle...
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"The Assassination of Gianni Versace' : pourquoi la nouvelle saison s'annonce moins bien

Après le procès d'O.J. Simpson, la série anthologique "American Crime Story" passe à la loupe l'affaire Gianni Versace. Assassiné en juillet 1997 sur les marches de sa propriété de Miami, le couturier italien a été la victime d'un tueur en série. Que vaut cette nouvelle saison ?

Une histoire sordide

Une histoire sordide

C'est l'histoire d'un jeune homme mal dans sa peau, dans un pays mal dans son époque. Il s'appelle Andrew Cunanan, il a 27 ans, il est homosexuel. Non revendiqué. On est en Amérique en 1997. Seulement en 1997. À ce même moment, Gianni Versace – le génial couturier italien qui a fait entrer le luxe décadent dans les plus hautes sphères de la mode – est au sommet de sa gloire. Lui aussi est homosexuel, mais ne s'en cache pas et vit ouvertement avec son compagnon. Dans sa villa de Miami, splendeur et grandiloquence forment un cocon hors du temps. Tel un roi soleil, il déambule flegmatique et diva-esque dans sa propriété, salué par un personnel dévoué à son bien-être. Mais l'histoire est destinée à mal se finir et c'est par la fin qu'elle commence. Andrew tue Gianni sur les marches de son immense propriété. Le cirque médiatique, les ambulances, la police... La ritournelle classique se met en place pendant qu'Andrew fuit et contemple son œuvre par écrans interposés.

Parallèlement, on remonte dans le passé du meurtrier. On découvre un menteur pathologique qui s'invente mille et une vies pour se faire bien voir des riches et célèbres. Il aurait même rencontré Versace en 1990. Encore l'une de ses inventions ? Ou liberté prise par l'auteur, le britannique Tom Rob Smith ?

Les neuf épisodes de la saison s'appuient sur le livre Vulgar Favors de Maureen Orth (ancienne journaliste du Vanity Fair US). Mais ils ont déjà provoqué la polémique avant même leur diffusion : la maison Versace s'est fendue d'un communiqué début janvier précisant que "cette série doit uniquement être considérée comme étant une fiction." Une controverse attendue car ce n'est pas l'affaire judiciaire, mais bien la tragédie au sens classique et pur qui se trouve au cœur de cette saison.

 

La flamboyance au rendez-vous

La flamboyance au rendez-vous

Avec son goût immodéré pour le drame et ses élans lyriques, Ryan Murphy réalise un premier épisode dont le style sied parfaitement à l'iconographie baroque de Versace. La séquence d'ouverture, longue de 7mn30, se balance d'un protagoniste à l'autre accompagnée d'une musique classique à l'intensité grandissante. Jusqu'à ce que les chemins de Versace et Cunanan se croisent ce matin de juillet 1997 et les deux coups de feu fatals. La promesse est claire dès le départ et le pari osé car cette saison 2 se désolidarise totalement de la première tant dans le fond que dans la forme. Il ne s'agira pas d'une enquête policière classique ou du procès du siècle. Là où The People v. O.J. Simpson allait dans l'épure et une reconstitution presque millimétrée du procès, The Assassination of Gianni Versace veut plonger dans l'intime, les espoirs et les déceptions de ses personnages, explorer leurs tourments surtout ceux de Cunanan qui occupe en réalité la place centrale. Sa "fragilité" devenue meurtrière va devenir le moteur de cette saison. En vivant toujours dans le placard, Cunanan développe une homophobie intériorisée. Comme dans The People v. O.J. Simpson où le procès s'articulait autour de la question raciale, The Assassination of Gianni Versace a l'ambition de sonder l'Amérique des années 90 et l'homophobie qui y régnait à l'époque.

 

Un casting sur mesure

Un casting sur mesure

Tout aussi flamboyant, le casting fait son petit effet. Edgar Ramirez est parfait sous les traits de Versace comme Penelope Cruz sous ceux de Donatella, malgré un accent espagnol qui ressurgit par-dessus l'italien. À l'époque, la sœur éplorée du couturier n'avait pas entamé sa transformation physique et était la muse de son frère. On découvre par la même occasion les talents d'acteur de Ricky Martin, très convaincant dans le rôle du boyfriend qui n'est considéré ni par la police, ni par la famille. Mais l'essentiel de la charge repose sur les épaules de Darren Criss qui joue Cunanan et doit faire oublier ses airs angéliques de prince charmant gay dans Glee. Il interprète son rôle de manière très crédible. On devine très vite à quel point ce garçon est instable et perturbé.

Quelque chose manque cependant à la fin de ce premier épisode. Difficile d'imaginer que cette saison soit aussi évènementielle que la précédente malgré un sujet passionnant. Reste la grande qualité de la production et des interprètes incontestablement bluffants. Le fait est que la mort du couturier n'a pas laissé le même impact dans les mémoires collectives que le procès Simpson. Aussi controversé soit-il, ce procès a provoqué un débat qui a bousculé toute l'Amérique. Malheureusement l'affaire Versace n'a été traitée que comme un sordide fait divers alors qu'elle soulève des questions qui sont toujours d'actualité et qui mériteraient elles aussi d'ouvrir un grand débat.

 

"The Assassination of Gianni Versace : American Crime Story" prochainement sur Canal+, premier épisode déjà disponible sur MyCanal.

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