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Homosexualité : les séries "gay friendly" sont-elles crédibles ?

1. Looking 2. Queer as folk 3. The L Word 4. Lip Service 5

HBO vient de lancer sa nouvelle série , "Looking", sur trois amis gays de San Francisco. Un regard sans chichis, simple et décomplexé sur la communauté homosexuelle. Mais est-elle réaliste pour autant ? Et ses prédécesseures, de "Queer as folk" à "The L Word", étaient-elles crédibles ? Réponse de Sylvain Zimmermann, chef de rubrique culture au magazine gay Têtu, et de Marie Kirschen, rédactrice en chef du "mook" lesbien Well, Well, Well.

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1 /5

1. Looking

1. Looking

Lancée dimanche 19 janvier sur la très fameuse HBO, Looking met en scène le quotidien de trois potes gays de San Francisco, un timide, un qui essaie de se ranger et un qui n’y arrive pas, leurs soirées, leurs jobs, leurs vies. Joliment mise en scène et incarnée, elle semble vouloir éviter tout militantisme, et faire une série homo pour tous, simplement, sans porter de drapeau. Une mini-révolution en soit.

L’avis de Sylvain Zimmermann (Têtu) :
"Autant le dire d’emblée : Looking est une vraie réussite. Tout d’abord parce que cette série nous montre des trentenaires gays d’aujourd’hui, avec leurs doutes, leurs interrogations, leurs envies. Des gays bien dans leur peau, des gays 2.0, qui draguent sur les sites de rencontres et sur leurs mobiles, chez eux, au boulot. Aucun personnage n’est dans le placard. Ils vivent normalement. Mais attention, Looking n’est pas une série sur LES gays. Déjà parce que l’action se déroule à San Francisco, une ville à part, une sorte de paradis gay. Une réalité difficilement transposable même dans les pays les plus ouverts. Ensuite, la série ne cherche pas à dresser le portrait d’une communauté. Il y n’a pas le côté sociologique d’un Queer as Folk ; Looking se contente juste de suivre trois personnages qui tentent de donner du sens à leur vie (en finir avec les aventures, construire une vie de couple, réussir leur vie professionnelle), et il se trouve juste que ces personnages sont gays. Les protagonistes sont très crédibles (ils sont également joué par des acteurs ouvertement gays), loin des clichés (ils ne passent pas leur vie dans les sex-clubs ou en salle de sport), ils sont physiquement tous très différents et surtout très attachants. Looking est une série vraiment ambitieuse sur l’intimité d'un trio ancré dans sa génération."

Pourcentage de crédibilité : 90%.



Looking de Michael Lannan, sur HBO aux USA le dimanche soir.

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2. Queer as folk

2. Queer as folk

La série de référence "gay friendly", lancée en Grande-Bretagne en 1999 pour une saison (puis reprise aux Etats-Unis jusqu’en 2005). Une plongée voulue à la fois crédible, revendicative et sexy, qui n’hésitait pas à jouer la carte dramatique, mais n’évitait pas les sujets sérieux comme le mariage gay et l’homoparentalité.

L’avis de Sylvain Zimmermann (Têtu) :
"La série de Russel T. Davies reste un monument. C’est la toute première série télé dont les personnages principaux sont homos et racontent leurs amours, leurs problèmes. Encore aujourd’hui, la série impressionne par sa liberté de ton, mais elle a vieilli. L’histoire se situe à la fin des années 90 et ça se voit ! Les t-shirts flashy sont de rigueur, aucun personnage n’est barbu. Et puis, on est à Manchester. Les héros évoluent également dans un monde où les réseaux sociaux n’existent pas. C’est important de le souligner parce que le web a complètement révolutionné la vie homo. Stuart, Vince et Nathan se retrouvent donc dès qu’ils le peuvent dans les bars ou en boîte (le fameux Babylon) dans le quartier gay de Canal Street. Sortir, c’est la seule façon de vivre leur homosexualité tranquillement, de faire des rencontres. La société qui les entoure est globalement assez homophobe (rien à voir avec Looking). Et puis, dans Queer as Folk, les personnages ne sont pas out. En tout cas pas au début. Même le plus grand dragueur de la bande, Stuart fera son coming out (un coming out culte) vers la fin de la série. Queer as Folk c’est une série sur la construction, l’acceptation de son homosexualité, notamment à travers le parcours de Nathan, un ado de 15 ans. Ses premiers pas dans le milieu gay, ses désillusions, ses premiers plans. Et son histoire nous parle toujours, même en 2014."

Pourcentage de crédibilité : 75%.

3 /5

3. The L Word

3. The L Word

L’équivalent lesbien de ce que Queer as folk a été pour les gays, diffusée de 2004 à 2009. Une série sans précédent, dont l’impact sur certaines téléspectatrices enfermées dans le placard a été immense. Cette plongée dans le quotidien d’amies lesbiennes de Los Angeles, très sexy et très chic, a pourtant été critiquée pour son côté hyper glamour, pas très universel, et parce qu’elle ressemblait autant à un fantasme pour téléspectateur mec hétéro…

L’avis de Marie Kirschen (Well, Well, Well) :
"C’est la série qui a tout changé… et pourtant, elle est bien peu réaliste ! Dans The L Word, les femmes homos sont très riches, très belles, ont des appartements à vous couper le souffle et des robes de gala qui coûtent un bras. Ça a fait un peu polémique dans la communauté lesbienne au moment du lancement du show, il y a tout juste dix ans. Certaines filles reprochaient aux héroïnes d’être trop glamour, et d’avoir des looks trop hétéronormés. Il y a même eu une série parodique, The D Word (la bande-annonce juste ici)! Comme souvent dans les séries américaines, de Sex and the City à Gossip Girl, la production a bien enjolivé la réalité. Par contre, les relations amoureuses entre filles sont bien reconstituées et les scènes de sexe crédibles. C’est quand même une femme homo qui était aux manettes. Elle a fait ça bien !"

Pourcentage de crédibilité : 30%.

4 /5

4. Lip Service

4. Lip Service

Qualifiée de The L Word britannique, cette série n’aura pas vécu longtemps (12 épisodes entre 2010 et 2012) mais a su séduire la critique en jouant, comme souvent à la télé anglaise, sur la corde réaliste. Il faut dire que Glasgow, en Ecosse, n’est pas un décor de rêve. Lip Service est une romance, avec cœurs brisés et aventures d’un soir. Elle a été appréciée pour son réalisme, et attaquée par les groupes conservateurs pour ses scènes de sexe.

L’avis de Marie Kirschen (Well, Well, Well) :
"Exit les palmiers de L.A., ici les filles ont plus le style "girl next door". Lip Service prend le contrepied de The L Word sur ce point là. En revanche, c’est encore une lesbienne, Harriet Braun, qui a porté la série et elle a su mettre à profit sa bonne connaissance des relations lesbiennes, bien restituées. Les scènes de sexe sont même assez osées et, parfois, très drôles. Le petit plus de ce show made in BBC : il met en scène une belle amitié entre une femme qui aime les femmes et un homme hétéro. Le genre de relation qui existe dans la vraie vie mais qu’on voit très peu sur nos petits écrans. Alors que son pendant, l’amitié entre un gay et sa meilleure copine hétéro, est devenu un lieu commun de la comédie."

Pourcentage de crédibilité : 70%.

5 /5

5. Sugar Rush

5. Sugar Rush

Adaptée d’un roman à succès, cette série de Channel 4, la chaîne de Skins, n’aura duré que deux saisons, mais elle s’attaque à une question délicate, la révélation de sa sexualité à une adolescente, Kim, amoureuse de sa meilleure amie. Au-delà de son témoignage, une belle histoire d’amitié, attachante, et portée par de très bonnes jeunes comédiennes.

L’avis de Marie Kirschen (Well, Well, Well) :
"L’univers de cette série british est plutôt déjanté et certaines situations sont abracadabrantes. Côté réalisme, on repassera ! Pourtant, quand il s’agit d’aborder l’homosexualité, Sugar Rush vise plutôt juste. A commencer par le pitch de départ, qui rappellera peut-être des souvenirs à certaines : une jeune fille se rend compte qu’elle est lesbienne en tombant amoureuse de sa meilleure amie… hétéro. La série arrive à décrire avec une certaine fraîcheur les galères de cette ado qui a du mal à se trouver une copine, qui flippe de ne pas être à la hauteur quand elle couche avec sa nouvelle amoureuse, qui ne sait pas comment gérer ses sentiments… Bref, de l’histoire vécue."

Pourcentage de crédibilité : 70%.

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