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"Homeland" : comment la série est redevenue addictive !
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"Homeland" : comment la série est redevenue addictive !

Après une saison 3 médiocre, Homeland a retrouvé ces deux dernières années la qualité de ces débuts. Comment s'est opérée cette métamorphose ? On décrypte la recette.

Tu es la personne la plus intelligente et la plus stupide que j'ai jamais rencontré”. Cette réplique acerbe de Saul, adressée à Carrie (Claire Danes) dans la saison 2, ne pourrait mieux résumer les contradictions d'Homeland. A son lancement en 2001, la série de Showtime était la quintessence du prestige drama : innovante, intense, complexe et addictive. Chaque épisode laissait le spectateur scotché devant la personnalité intrigante de Nicholas Brody (Damian Lewis), soldat américain libéré après 8 ans de captivité en Afghanistan, ou par Carrie Mathison, cet agent de la CIA souffrant de bipolarité. Paranoïa post-11 septembre, suspens implacable, exploration des troubles mentaux, réflexion sur la ”guerre contre la terreur”… La série avait la profondeur et l'efficacité des shows qui mettent tout le monde d'accord, le public autant que les critiques. Les scénaristes auraient pu se contenter de 12 épisodes racontant la radicalisation et l'émergence d'un ennemi intérieur, mais ils en ont décidé autrement à la fin de la saison 1 : alors que Brody s'apprête à tuer le vice-président, son gilet explosif refuse de se déclencher. En choisissant de préserver l'ex-marine (et sa relation avec Carrie), d'étirer cette intrigue sur deux saisons supplémentaires, ils ont mené Homeland à sa perte.  

Des accusations d'islamophobie, un jeu du chat et de la souris qui lasse, des inconsistances factuelles, des focus sur des personnages inintéressants... Si la saison 3 marque les heures les plus sombres d'Homeland, elle a aussi permis de sauver la série par un twist tragique, mais nécessaire : Nicholas est pendu sur la place publique à Téhéran, devant une Carrie Mathison brisée et enceinte de son enfant. S'ensuit une saison 4 en forme de reboot, se déroulant loin de Washington et deux ans après la précédente (pour faire table rase du passé).

Adieu la famille Brody, les jérémiades de Dana (ado la plus détestée de la télé), les interventions inutiles de Chris. Et bonjour la nouvelle Carrie, désormais chef de station entre Kaboul et Islamabad. La série connaît un nouveau souffle en remettant l'agent de la CIA au coeur de l'histoire, auréolée de nouvelles responsabilités. Qu'elle soit une machine de guerre prête à tout ou une repentie hantée par le poids du passé, nous voilà face à une des héroïnes les plus fascinantes et imprévisibles du moment. L'absence de Brody permet aussi de mettre l'accent sur la relation de Carrie avec Saul, mais aussi avec Quinn, qui se dévoile enfin au public. Autour de ces figures indéboulonnables apparaissent – changement de lieu oblige - de nouveaux personnages secondaires étoffés. Bien que leur existence soit éphémère, Aayan Ibrahim, Tasneem Qureshi ou Allisson Carr ont marqué les esprits par leur candeur ou leurs manipulations. 

Malgré des clichés et des raccourcis grossiers (comme le soulignait notamment le New Yorker ), Homeland reste un reflet fascinant de nos peurs contemporaines. Après avoir propulsé ses protagonistes au plus près des talibans dans la saison 4, elle dépeint ensuite la montée du terrorisme en Europe (bien avant le 13 novembre) dans une intrigue troublante de réalisme. Située à Berlin, la saison 5 évoque à la fois un hacking à la Edward Snowden, la guerre en Syrie et la crise des réfugiés, ainsi que la menace de l’État Islamique.

Loin de l'idéalisme des premiers jours, de l'époque où elle clamait “je ne laisserai plus jamais (un attentat) se reproduire”, Carrie apparaît comme résignée. “Nous vivons dans un monde différent. Ce n'est pas la première attaque et ce ne sera pas la dernière”, lance-t-elle. Elle est convaincue que cette lutte est perdue d'avance, mais aussi saisie de culpabilité après son implication dans la mort de civils. En compromettant l'intégrité de ses protagonistes, mais aussi en multipliant trahisons, coups bas et faux-semblants dans un vrai jeu de dupes, Homeland revient avec brio au pur thriller d'espionnage. Reste à confirmer ce renouveau dans la saison 6, d'autant que celle-ci marque un retour au pays. Mais les scénaristes ne sont plus à un défi près...  

Homeland, saison 6, diffusion en cours sur Showtime. 

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