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"The Americans" ou le renouveau de la série d'espionnage

The Americans,  nouvelle série de Joe Weisberg

"The Americans", la nouvelle série de Joe Weisberg, nous plonge en 1980, dans la vie d’une famille d’espions russes aux Etats-Unis. Le tout muni d’un rafraîchissant souffle rétro.

1981. Philip et Elizabeth Jennings vivent dans une jolie banlieue de Washington, ont un pavillon, deux enfants mignons comme tout et une voiture familiale avec laquelle ils sortent manger des glaces au centre commercial. Ils sont souriants, polis et bons voisins. Bref, ce sont de véritables citoyens modèles de l'Amérique de Ronald Reagan. Sauf que Philip et Elizabeth s'appellent en fait Mischa et Nadezhda, et qu'ils sont deux "illégaux" soviétiques, le petit nom qu'on donne aux espions infiltrés. Derrière leur job fantoche, ils passent leur temps à mener des missions pour le KGB, à voler des infos, à magouiller, à séduire, à tromper, à flinguer quand il le faut, tout ça pour mettre à terre le grand Satan.

Inspiré d'une histoire vraie
La nouvelle série de FX (Justified, Sons of Anarchy) s'inspire d'une histoire bien réelle. En juin 2010, Tracey Lee Ann Foley, Richard Murphy, Patricia Mills et sept autres résidents de la côte est américaine sont arrêtés par le FBI. Ils menaient une vie "en apparence" sans histoires, installés là depuis des années, quand une enquête des services secrets a révélé leurs vraies identités : Yelena Vavilova, Vladimir Guryev, Nataliya Pereverzeva et consorts étaient des espions russes. Ancien employé de la CIA, Joe Weisberg, scénariste sur Damages notamment, a décidé de faire de cette histoire digne d'un roman... une série. Puisqu'il avait étudié la période, et que rien ne vaut la Guerre Froide pour ce genre de récit, il l'a transposée en 1981.

Une ambiance très eighties
Thriller psychologique qui rappelle les films conspirationnistes des années 1970, le cinéma d'Alan J. Pakula (A cause d'un assassinat, Les Homes du président), de Sidney Lumet (Le Dossier Anderson) ou de Sydney Pollack (Les Trois Jours du Condor), The Americans s'ouvre sur l'emménagement, dans la maison pile en face de celle des Jennings, d'un agent du FBI, dont la mission numéro 1 va être de les traquer - sans savoir que les espions ennemis se planquent sous son nez et l'invitent à faire des barbecues le dimanche. Perruques, fausses moustaches, grosses lunettes, pulls à col roulé, pantalons en velours, coupes de cheveux douteuses, les années 80 sont là, dans toute leur splendeur. La série se régale à déguiser ses héros et à les enfermer, patiemment, dans un suspense de plus en plus intense.

Une série qui célèbre les antihéros
Bien plus qu'une simple série d'espionnage – ceux qui veulent surtout du spectacle seront souvent déçus - The Americans teste notre capacité à nous faire soutenir deux "méchants". Pour les téléspectateurs américains, l'URSS est l'incarnation du mal version milieu du XXème siècle. Elle s'inscrit ainsi, à sa manière originale, dans la mode des antihéros. D'abord froids et inquiétants, les Jennings se complexifient lentement, s'humanisent, deviennent plus attachants. Elizabeth, distante et fermée, révèle peu à peu ses blessures. Philip, implacable sur le terrain, laisse ses sentiments percer. Entre chaque mission, on s'infiltre dans leur foyer, dans les difficultés de leur quotidien, de leur relation, de l'éducation de leurs enfants.

Une histoire d'amour sur la tangeante
Car The Americans est une grande métaphore de la vie en couple. Les Jennings ne vivent pas ensemble par amour. Ils ont été mariés pour la forme, choisis par le KGB. Ils sont arrivés aux Etats-Unis et ont emménagé ensemble en parfaits inconnus. Leurs enfants ont été, au départ, un moyen de conforter leur couverture. Ils se connaissent à peine, même après 16 ans de vie commune. Comme ils mentent à leur entourage, à tous ceux qui ignorent leurs vraies identités, ils se mentent l'un l'autre, ils mentent même à leurs enfants, qui ne savent pas qui ils sont. Peuvent-ils tomber amoureux ? Peuvent-ils se découvrir, cesser de cacher leur vrai visage, se livrer, raconter leur passé, sans risquer de devenir de moins bons espions ou, pire, de se faire attraper ? Sous le thriller d'époque, leur problématique est la même que dans nos vies privées à tous : comment s'ouvrir à l'autre, lui faire confiance, lui dire qu'on l'aime et accepter ses différences ?

Le retour de Keri Russel à l'écran
Sobrement et habilement mise en scène, captivante après quelques épisodes de rodage, The Americans permet aussi de redécouvrir une actrice perdue de vue depuis le début des années 2000 : Keri Russell. L'héroïne de Felicity, qui a abandonné ses bouclettes, est remarquable en espionne glacée à l'intérieur, capable d'une grande brutalité, qui cache sous son regard distant une immense solitude et un passé douloureux. Elle fait parfaitement la paire avec Matthew Rhys, ancien de Brothers & Sisters. Deux acteurs choisis pour leur petit côté voisins sympas, mais qui se révèlent tout à fait crédibles quand il s'agit d'appuyer sur la détente...

The Americans, saison 1, le mercredi soir à 25h50 sur Canal+ Séries.

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