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Série : 5 bonnes raisons de regarder "Top of the Lake"

top of the lake jane campion

Jane Campion, la réalisatrice de "La Leçon de Piano", nous emmène chez elle, au fin fond de la Nouvelle-Zélande, pour une minisérie étrangement séduisante, autour de la disparition d'une jeune fille enceinte. Une œuvre à voir...

1. Pour aller jusqu'au bout du monde
S'il y a un bout du monde, c'est certainement la petite ville où se déroule Top of the Lake, bled perdu entre océans, lacs et montagnes, balayé par le vent, cerné par une nature hostile mais foisonnante. La Nouvelle-Zélande avait prouvé, avec Le Seigneur des Anneaux, qu'elle avait quelques décors impressionnants à offrir aux fictions. Jane Campion en livre la face intime, se penche sur le bruissement des herbes, le craquement des pins. Elle écoute aussi les accents impossibles de ses personnages, dont Robin, une jeune détective revenue au pays pour s'occuper de sa mère malade, et qui se jette corps et âme à la recherche de la jeune disparue. Loin d'être une pub pour la région, Top of the Lake offre un portrait cru de ce bout du monde fascinant.

2. Pour se perdre en beauté
Passée au petit écran, Jane Campion ne renonce pas à la beauté de sa réalisation. Elle travaille chaque plan, s'attache à créer une osmose entre les personnages, la nature qui les entoure et nous autres téléspectateurs. Lent, atmosphérique, Top of the Lake est remarquablement mis en scène, entre gris clairs et bleus nuits souillés par le sang, écaillés par les vents glacés. La dureté du crime que l'on traque et la rudesse des gens du coin n'empêche pas une poésie omniprésente, un hommage brut et touchant à la résistance et à la résilience, que l'image dit aussi bien que les mots rares de ceux qui s'y meuvent.

3. Pour ses portraits de femmes
Jane Campion aime filmer les femmes, de La Leçon de Piano à In the Cut. Elle se plonge ici dans un monde d'hommes, mais laisse le beau rôle à ses héroïnes. D'abord Robin, flic de caractère, brillante, courageuse, mais femme fragile, hésitante, en quête d'équilibre face à sa terre natale, qu'elle croyait avoir fuit pour de bon. Une héroïne qui ne se laisse pas saisir immédiatement, tour à tour froide et attachante. Campion imagine aussi une communauté, un refuge new age pour femmes, planté au bord d'un immense lac, où l'on écoute les paroles sages – ou confuses et hallucinées – d'une gourou aux longs cheveux gris. Un double de la réalisatrice incarné par Holly Hunter, qui a agacé certains critiques. Jane Campion, pour ceux-là, se complet à faire des femmes des victimes de la bêtise masculine. Heureusement, les choses ne sont pas aussi simples dans Top of the Lake.

4. Parce que les hommes n'y sont pas (tous) des salauds
Ceux qui reprochent à Campion de faire des femmes des victimes lui reprochent aussi de faire des hommes des monstres. Il est vrai que ceux de Top of the Lake ne sont pas des modèles de galanterie. Matt Mitcham, le père de la jeune disparue, est un type violent, dealeur, alcolo. Ses fils sont à son image, les tatouages et les gros bras en plus. Le chef de la police locale, Al Parker, est gentiment machiste, comme toute son équipe, qui ricane à la simple idée qu'une femme, Robin, puisse mener l'enquête. Et puis, lentement, chacun se met à nu. On réalise que le père rustre cache de lourdes cicatrices, et qu'il aime sincèrement sa fille, qu'un de ses fils s'avère être un brave type, intelligent et charmant, et que le machisme des flics était pour beaucoup une posture. Autant de personnages complexes, riches, qui s'extirpent progressivement des stéréotypes.

5. Pour la justesse de son casting.
Top of the Lake est avant tout une histoire humaine, alors autant qu'elle soit portée par de beaux comédiens. Dans le rôle de Robin, Elizabeth Moss, la Peggy de Mad Men, confirme son talent, sa capacité à émouvoir subtilement, à marcher sur la corde sensible entre force et fragilité. En face d'elle, Peter Mullan (My Name is Joe) est parfait, dur, rugueux, à vif, en père de la disparue. En gourou hallucinée, Holly Hunter revient sur les terres de La Leçon de Piano, dans un rôle périlleux, tour à tour étonnant et presque grotesque. Au second plan, on redécouvre et on découvre des acteurs néo-zélandais, comme David Wenham, le Faramir du Seigneur des Anneaux, en chef de la police, ou Jay Ryan, un des nouveaux sex-symbols de la télé américaine dans Beauty & the Beast (un navet, remake de La Belle et la Bête où il joue la Bête aux côtés de Kristin Kreuk). Que du beau monde à l'autre bout du monde...

Top of the Lake est diffusé sur Sundance Channel aux États-Unis, BBC en Angleterre, et prochainement sur Arte.

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