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Pourquoi les séries françaises sont encore à la traîne ?

Certaines séries françaises peinent à être à la hauteur de leurs ambitions, à l'instar des très attendues "Marseille" et "Cannabis". Comment expliquer ces ratages ?

Une professeure de Français se fait prendre en levrette par le proviseur de son lycée... Dès les premières minutes, Sam (Mathilde Seigner), la nouvelle série de TF1, se veut gentiment transgressive. La scène, jouée sur le registre de l'humour, ne dure que quelques minutes, mais traduit d'une volonté de renouveau au pays de Joséphine, Ange gardien. Et la chaîne n'est pas la seule à sortir de sa zone de confort. Entre Chefs et Dix pour cent, France 2 a exploré avec succès d'autres territoires, tandis qu'Arte a osé la fiction de genre, complètement boudée dans l'Hexagone, avec Trepalium, et prochainement, le conte fantastique Au-delà des murs.


©Jean-Claude Lother

La déception Cannabis
 

Si certaines séries françaises (pas seulement les créations Canal+) sont audacieuses et s'exportent bien, les programmes insipides sont aussi légion. Force est de constater aussi que les fictions les plus attendues ont déçu dernièrement, à l'instar de Section zéro d'Olivier Marchal ou de Cannabis, bientôt sur Arte. Centrée sur le trafic de stupéfiants, ce The Wire hexagonal n'a pas fait l'unanimité lors de sa projection au Festival Séries Mania. Le pilote affiche une certaine ambition, déployant une intrigue à cheval sur trois pays, et un parti-pris intéressant, celui de se placer du côté des voyous. Fait encore inhabituel à la télévision française, l'épisode contient même des scènes de sexe explicites entre Morphée, le dealer du quartier, et son amant. On pourrait saluer cette volonté de sortir des schémas hétéronormés, si la mise en scène n'était pas aussi maladroite. La série accumule d'ailleurs les clichés, les intrigues convenues et les interprétations décevantes.

Misogynie sur la Canebière
 

Et que dire du fiasco Marseille, la première création originale française de Netflix ? Malgré l'accent à géométrie variable de Benoit Magimel, la musique plombante façon Navarro, les rebondissements prévisibles, le pire reste encore la misogynie ambiante. Sous prétexte de montrer le lien entre sexe et pouvoir, la série multiplie les soi-disant scènes ''hot'' en slow motion, plaçant la femme en position d'objet sexuel (Lucas Barrès et ses conquêtes). Dans un énième moment WTF, l'une des héroïnes subit une tentative de viol…mais se réconcilie, quelques minutes après, avec son agresseur, comme si rien ne s'était passé. Les répliques de gros lourds s'enchaînent aussi à une vitesse grand V, donnant à l'ensemble des aires de parodie : ''J'aime bien quand ta copine baise beaucoup'', dit tout naturellement le maire de Marseille, incarné par Gérard Depardieu, à sa fille.

Le poids écrasant du cinéma
 

L'échec de Marseille est un cas d'école, s'expliquant notamment par le non-interventionnisme habituel de Netflix. Comme l'expliquait la critique Maureen Ryan dans un article sur le Huffington Post, ''laisser beaucoup de liberté créative ne  permet pas nécessairement de faire de la bonne télévision (...) Si la discipline, la vision et la mesure sont absentes ou ne sont pas insufflées par le showrunner ou les cadres, le résultat est souvent catastrophique''. Au vu des interviews, la coordination entre le scénariste Dan Franck, et le réalisateur Florent Siri (devenu showrunner en cours de route) a été des plus compliquées. Le fait que l'équipe ait voulu faire, selon ses propres mots, un long film, explique aussi les nombreux cafouillages. Les ''je ne regarde jamais de séries'' et les multiples références au cinéma sont encore trop fréquentes lors des séances promo et traduisent d'un certain mépris, voire d'une méconnaissance des codes du format. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, si les deux meilleures créations françaises présentées à Series Mania ont été crées par des amoureux du petit écran (le duo Hervé Hadmar et Marc Herpoux pour Au-delà des murs) ou par un ancien élève de la section séries de la Fémis (Irresponsable de Fréderic Rosset). La preuve qu'une vraie culture sériephile n'est pas accessoire.

"Marseille", actuellement sur Netflix et diffusion des deux premiers épisodes le 12 mai sur TF1. "Cannabis", prochainement sur Arte.

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