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Le clash : "Devious Maids", désespérantes femmes de ménage ?

Le clash : "Devious Maids", désespérantes femmes de ménage ?

Une fois par mois, nos spécialistes Marion et Jan se clashent sur une nouvelle série. Cette semaine, on découvre "Devious Maids", la nouvelle série de Marc Cherry, le créateur de "Desperate Housewives".

Le 23 juin dernier, Eva Longoria et Marc Cherry (l'homme à l'origine de Desperate Housewives) lançaient sur la chaîne américaine Lifetime Devious Maids, leur nouvelle série de l'été. On y suit le quotidien de cinq femmes de chambre latinos, plongées dans la vie scandaleusement secrète des riches de Beverly Hills. Meurtres, mensonges, séduction, un gros soap en forme de plaisir coupable… ou un nanar misogyne ?

Attention, ce qui suit peut contenir quelques petits spoilers...

Jan aime bien Devious Maids, parce que…
- C’est l’été, arrêtons de se prendre la tête. Un bon gros soap plein de soleil, de palmiers et de piscines avec des beaux mecs et des jolies filles au bord, ça ne peut pas faire de mal.

- Des secrets au kilo, un meurtre, des copines qui adorent les gossips, de la romance, une caricature d’une certaine société… tous les ingrédients qui ont fait le succès de Desperate Housewives sont là. En moins fin, mais ils sont là.

- Les soap operas, c’est souvent barbant, lent au possible, plombé par d’interminables dialogues. Marc Cherry sait les rythmer, multiplier les rebondissements, créer du fun coloré avec de bons vieux schémas.

- C’est caricatural, mais c’est fait exprès. Les millionnaires font une crise de nerfs quand leurs ongles ne sont pas bien manucurés et trouvent qu’une trace de sang sur leur tapis, c’est un crime pour le tapis. Les pauvres, eux, sont maquillés et coiffés comme pour un défilé Chanel. On est là pour se faire plaisir aux yeux et pour ricaner en sirotant un cocktail, pas pour mettre en application nos connaissances en sociologie.

- Anna Ortiz (Ugly Betty), Dania Ramirez (Heroes), Roselyn Sanchez (FBI : portés disparus) ou encore Judy Reyes (Scrubs), le gratin des actrices latinos des séries télé américaines sont de la partie. Souvent cantonnées aux seconds rôles, elles ont ici le droit de jouer les vedettes.

- Eva Longoria est à la production. Femme d’affaire engagée, bien moins bête qu’on voudrait le croire, elle tient à ses idées progressistes – c’est un soutien actif de Barack Obama. Marc Cherry, lui, est conservateur. Leur collaboration débouchera, on l’espère, sur quelques pics bien sentis sur l’Amérique.

Mais il aime moins…
- Marc Cherry n’est pas doué pour se renouveler. Il est même assez fainéant, et se contente ici de reprendre les ingrédients de Desperate Housewives dans un soap adapté d’une série mexicaine. Pour l’innovation, il faudra revenir.

- Certes, c’est de la télé, mais quand la série pousse à l’excès l’imagerie fantasmatique de la soubrette canon qui drague son boss pour faire fortune, on est un peu embarrassé.

- On a beau s’amuser de la superficialité caricaturale des soaps, Devious Maids aurait pu offrir un regard plus réaliste sur ces milliers d’immigrés mexicains sans qui les riches californiens ne pourraient pas vivre. Derrière cette série se cache une autres série, sociale, réaliste, crue, qu’on aurait plus encore envie de voir.

Marion n’aime pas Devious Maids, parce que…
- Visiblement, Marc Cherry nous prend pour des quiches. Un scénario écrit avec les pieds, des dialogues niveau CM2 et une réalisation proche de la catastrophe : voilà ce qu’il nous propose avec cet horrible soap 2.0.

- Il n’y a vraiment que dans la tête des producteurs américains que les femmes de ménage cumulent brushing + manucure parfaite + make-up nude nickel + ligne d’adolescente au régime. Pas franchement crédibles, les nanas.

- Les personnages forment une collection de clichés éreintants : la mère possessive qui enchaîne les tentatives de suicide pour que fiston rentre au bercail, le mari volage qui profite de la faiblesse (présumée) de sa bonne, la richarde superficielle qui se noie dans un verre d’eau, la pseudo actrice qui fait passer sa (non) carrière avant son bébé… Pas un seul personnage intéressant à se mettre sous la dent.

- On a rarement vu un programme aussi misogyne : ici, pour sortir de la galère, il faut nécessairement l’aide d’un homme. Quitte à devoir forcer sur le décolleté, la petitesse de la jupe et les œillades de chaudasse. Certaines scènes sont proprement embarrassantes, notamment celle où Rosie téléphone à son fils qu’elle n’a pas pu emmener avec elle en Amérique, mais à qui elle promet de vite trouver un monsieur riche qui lui permettra de la rejoindre (sic). En plus, au bout du fil, l’Emmy Award du pire acteur-qui-ne-sait-pas-faire-semblant-de-pleurer.

- Presque un plan sur deux commence par une voiture de luxe qui se gare devant une maison. Elle est vide, la boîte à idées ?

- Devious Maids est un festival d’accents incompréhensibles. Alors oui, d’accord, c’est un peu le principe puisque les femmes de ménage sont hispaniques, mais les comédiennes en font des tonnes, au point que même les baragouinages de Sofia Vergara, alias Gloria dans Modern Family, semblent limpides.

- Le seul intérêt de cette série était de renouer un peu avec le souvenir de Desperate Housewives et d’en retrouver l’énergie. Mais les quelques notes de musique rappelant le score de Danny Elfman ne suffisent pas à raviver la flamme. Et Marc, sache une chose : une femme déçue est une femme perdue. À jamais.

Mais elle aime quand même…
- Le luxe, les belles maisons, le soleil, ça fait du bien. Et même si Devious Mates s’ouvre sur un meurtre, ça nous change des ambiances glauques de Bates Motel, The Following, Hannibal et autres productions morbides.

- Tout le monde a besoin d’un petit plaisir coupable l’été, une série légère qui permet de se faire les ongles tout en suivant l’intrigue. Là, c’est certain, nous allons pouvoir laisser nos cerveaux en vacances.

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