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Clash : "The Fear", prenante ou pesante ?

Clash : "The Fear", prenant ou pesant ?

Une fois par mois, nos spécialistes séries Marion et Jan se clashent autour d’une nouveauté. Aujourd’hui, "The Fear", mini-série cousine de "Breaking Bad" et "Boss". Alors, étouffante ou barbante ? Réponse de nos experts.

Après la captivante Top of the Lake, 2013, c’est l’année Peter Mullan. L’acteur écossais, révélé au grand public dans les années 90 avec My name is Joe de Ken Loach, revient dans une autre mini-série, The Fear. Il y incarne Richie Beckett, un mafieux qui domine les affaires de la station balnéaire de Brighton… jusqu’au jour où il est frappé par une terrible maladie dégénérative, et perd peu à peu la raison.

Jan aime bien The Fear, parce que…

- Il y a Peter Mullan. On ne va pas tourner quinze ans autour du pot, c’est l’argument numéro un de cette mini-série britannique. Acteur physique, sans concession, Mullan se livre à chaque fois complètement dans ses rôles, avec une brutalité et une animalité souvent doublées d’une subtile fragilité. Il pourrait réciter le Bottin, on l’écouterait des heures.

- The Fear se passe dans sa tête. Bien sûr, il y a là une intrigue, une histoire de concurrence d’un gang albanais, mais l’histoire se passe surtout dans le crâne malade de Richie, dans ses souvenirs, dans ses peurs, dans ses obsessions. Et c’est fascinant. Comme la géniale Boss, on est dans le thriller psychologique brutal. Pas facile de fermer l’œil après ça, mais c’est intense.

###Twitter###- C’est une histoire de famille. The Fear ne reste pas en mode mafieux, elle scrute le quotidien de son antihéros, nous montre sa déliquescence intime, sa chute sentimentale, nous le rend pitoyable, hésite à nous le faire aimer en le montrant combatif et borné, frappé et agressif, un peu comme un boxeur au bord du K.O, mais qui refuse de jeter l’éponge. The Fear, c’est aussi l’histoire de son épouse, à bout, et de ses deux fils aussi pourris que lui.

- Brighton, c’est beau. Et étrange. La fameuse station balnéaire anglaise offre un décor idéal à cette histoire de corps et d’âme, de sang et d’esprit, la mer renvoyant sans cesse aux personnages son étendue métaphysique, propice à la réflexion. Ça nous change des clubs de Chicago et du désert – non moins métaphysique – de Breaking Bad.

- Breaking Bad nous manque terriblement, et parce que l’histoire d’un type brutal qui refuse d’abdiquer et pète un plomb face à la maladie, c’est un shoot bienvenu pour tenir le choc. Surtout que le type porte le bouc, lui aussi.

- On a déjà vu quelque part le jeune fils de Richie Beckett, Matty. Ah oui, il s’appelle Harry Lloyd, et on l’a vu dans Game of Thrones, où il prenait une vilaine douche. Pour l’anecdote, Lloyd est l’arrière-arrière-arrière-petit-fils de Charles Dickens. Voilà.

"The Fear" © World Productions/Cathal Macllwaine
 

Mais il aime moins…

- Que la réalisation en fasse un peu trop. Les souvenirs, les hallucinations, toutes les visions de Richie sont traduites à l’image par diverses déformations. A moins d’avoir pris certaines substances, à la longue, ça peut faire mal au crâne.

- Que les méchants de l’histoire, les mafieux albanais, soient complètement caricaturaux. Ils vivent dans un camp pourri, ils sont crades, ils sont pleins, ils parlent mal, ils sont violents et malhonnêtes. Pour un peu, on se demanderait presque si le scénariste de The Fear n’a pas un petit souci avec l’Albanie.

- Que The Fear prenne parfois un peu trop le temps. Elle ne fait que 4 épisodes, mais elle aurait pu en faire 3 sans soucis, en passant moins de temps dans la tête de son héros, et en faisant avancer un peu son intrigue. Pour peu qu’on ne se laisse pas emporter par sa puissance psychologique, on peut s’y ennuyer.

Marion n’aime pas The Fear, parce que…

- L’environnement est déprimant. C’est gris, froid, morne et habité par des gens malsains. Une contre-publicité pour la ville de Brighton.

###Twitter###- La mafia n’en finit plus d’inspirer les auteurs de séries et on ne peut pas leur en vouloir. Tout est réuni pour donner lieu à des histoires fascinantes, des rivalités et des coups tordus. Sauf qu’il est temps d’arrêter de céder à la facilité et de passer à autre chose. Et puis pour voir des voyous en plein agissement, on préfère les belles gueules de Sons of Anarchy.

- Au-delà des histoires de mafia et de voyous, The Fear fait l’effet d’un melting pot de tout ce qui a déjà été fait en série ces dernières années : l’homme puissant avec une dégénérescence mentale dans Boss, le retour d’un père encombrant dans Ray Donovan, la réinsertion dans Rectify (la scène de découverte de l’IPhone…), et bien entendu l’antihéros dont on ne sait plus si on l’aime ou pas comme Tony Soprano ou Walter White dans Breaking Bad (Dexter ne compte pas parce qu’on sait qu’on ne l’aime pas).

- La famille Beckett n’est pas crédible. Ni le couple de parents en pleine crise dans sa maison bourgeoise, ni les insupportables frères à la personnalité complémentaire, vus et revus au cinéma.

- L’utilisation des flashbacks est généralement la bienvenue dans les séries, signes que nous avons encore plein de choses à découvrir. Sauf que ceux de The Fear étouffent la série avec leur réalisation digne d’une première année d’école de cinéma et manquent cruellement de finesse.

- Les rôles de femmes ne sont vraiment pas terribles. On veut bien comprendre que dans une série "d’hommes", elles ne soient pas toujours au premier plan, mais là, elles sont carrément au placard. N’y a-t-il donc que Kurt Sutter pour aimer les femmes ?

- Les anglais, extrêmement habiles en matière de séries, nous avaient habitués à mieux. Comme toujours, on s’était précipité sur The Fear sur la foi de son pays de production, mais cette fois l’essai n’est pas transformé.

"The Fear" © World Productions/Cathal Macllwaine
 

Mais elle aime quand même...

- Peter Mullan. Oui, on sait, c’est un grand acteur. Mais autant dans Top of the Lake nous avions à faire à un grand comédien parmi un cast extraordinaire, autant dans The Fear, Mullan est beaucoup moins bien entouré. On ne va quand même pas se mettre à aimer une série pour un personnage… (À part peut-être Les Tudors pour Jonathan Rhys Meyers, mais ça, c’est une autre histoire).

- On a beau faire la fine bouche, The Fear donne de bonnes montées d’adrénaline et pratique la peur avec brio. On pense même au Parrain avec cette scène incroyablement sanglante, en début de saison (haut le cœur garanti). En même temps, avec un titre pareil (La Peur), c’eut été dommage de se louper là-dessus.

- Le récit est cohérent et resserré. Parfois, ça fait du bien de regarder une mini-série. On sait qu’on ne s’embarque pas dans dix ou vingt heures de visionnage, c’est parfait pour les fins de week-end.

The Fear, le dimanche 29 décembre à 20h40 sur OCS Choc.

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