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Clash : "Sleepy Hollow", sans queue ni tête ?

Clash : "Sleepy Hollow", sans queue ni tête ?

Une fois par mois, nos spécialistes Marion et Jan se clashent sur une nouvelle série. Cette semaine, on découvre "Sleepy Hollow", déclinaison moderne de l’histoire du cavalier sans tête…

Première série de la rentrée US 2013-2014, Sleepy Hollow n’est (malheureusement) pas une suite du film de Tim Burton, avec Johnny Depp. Elle reprend le même héros, Ichabod Crane… Mais l’envoie en 2012, après un sommeil magique de 250 ans ! Pas de pot pour lui, son pire ennemi, le cavalier sans tête, a fait le même voyage et ramène avec lui le diable en personne. Aidé par une fliquette, Ichabod va devoir empêcher la fin des temps, rien que ça. Amusant ou ridicule ?

Jan aime bien Sleepy Hollow, parce que…

- La série a au moins le mérite d'être originale. Ras-le-bol des polars avec flics un peu bizarres. Le fantastique, encore rare sur les grandes chaînes américaines, apporte un peu de fraîcheur. Etrange, improbable, finalement pas si ridicule sous son pitch abracadrantesque, Sleepy Hollow nous sort du tout venant. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est déjà bien.

- Les scénaristes n'ont vraiment peur de rien et vont à fond dans leur grand n'importe quoi plutôt que de prendre des pincettes. Ça fait du bien de voir des gens qui ont foi en leur délire et qui ne sont pas là par pur cynisme. Preuve qu’ils sont sérieux dans leur mythologie de dingues : ce sont des anciens de l'excellente Fringe, qui en connaissaient un rayon en trucs pas possibles.

- Les effets spéciaux ne sont pas mal du tout. Le cavalier sans tête est particulièrement réussi. Bonne nouvelle, l'univers de Sleepy Hollow, du coup, est cohérent et rapidement identifiable, sans être caricatural : c'est une de ces petites villes de l'Est américain, brumeuses à souhait.

- Derrière son histoire de fous, la série a le bon goût de ne pas se prendre trop au sérieux. Elle joue ainsi joliment, même si c'est facile, avec la désorientation de son héros, qui s'étonne de voir des Starbucks a tous les coins de rue, ou de voir une flic noire qui ne soit pas une esclave – dit comme ça, ce n'est pas drôle, mais ça l'est dans la série.

- Parce que les acteurs ne sont pas mal du tout, à commencer par Ichabod Crane en personne, incarné par un Britannique méconnu, Tom Mison, juste malgré un rôle difficile, qui ne cherche pas à singer Johnny Depp – et qui est beau garçon, ce qui ne devrait pas déplaire à ces dames. Cerise sur le gâteau : John Noble, l'excellent Walter de Fringe, rejoindra le casting en cours de saison 1.

Johnny Depp et Christina Ricci dans le film "Sleepy Hollow" de Tim Burton - © Paramount Pictures

Mais il aime moins…

- Ce n'était pas la peine de faire débouler le diable, des sorcières, des arbres bizarres et dix autres trucs que l'on ne comprend pas, dans une histoire qui était déjà assez absurde. Il y a embouteillage à la porte des enfers et un type sans tête contre un revenant en redingote, ça aurait suffit, merci.

- Il faudrait bien garder en tête, messieurs les scénaristes, qu'on est là pour s'amuser. Sur la fin, le premier épisode de Sleepy Hollow se prend un peu trop au sérieux. On veut plus de blagues, et moins de regards concentrés.

- On ne va pas faire la fine bouche, mais dans le genre horrifique, on a fait plus horrifiant que cette série-là, qui manque un rien d'hémoglobine. Il faut dire, c'est bien pratique que la hache du cavalier sans tête cautérise immédiatement les plaies. Ils sont malins chez Fox, pour éviter la censure.

Marion n’aime pas Sleepy Hollow, parce que…

- Marre des scénaristes qui préfèrent reprendre des histoires existantes plutôt que de se fendre d’une idée originale. Tim Burton ayant déjà emprunté l’idée du cavalier sans tête à Washington Irving, le recyclage de recyclage me paraît un peu poussif.

- La réalisation de Sleepy Hollow est absolument catastrophique. Les flous artistiques ratés dès que l’on va dans le passé et les cadres sans aucune originalité plombent complètement la série. Sans parler de la scène où Ichabod Crane sort de sa tombe, dans des décors en carton qui auraient été très modernes à l’époque de Thriller de Michael Jackson. Mais là, on est en 2013, il serait temps d’apprendre à faire de l’image. Et NON, les cadres enfumés n’apportent pas AUTOMATIQUEMENT une atmosphère inquiétante. C’est juste énervant !

- Quant au choix de la musique… Comment dire ? "Sympathy for the Devil" des Rolling Stones en ouverture de la séquence "contemporaine", peut-on faire plus cliché ? Ouhlala, le diable, carrément…

- Le diable, parlons-en. En l’espace d’un épisode, les scénaristes ont déjà réussi à me perdre. Comme si l’histoire basique du cavalier sans tête ne suffisait pas à nous divertir, ils y ont ajouté des intrigues sans queue ni tête (c’est le cas de le dire). Au programme : cavaliers de l’apocalypse, sorcières, homme d’église mystérieux et passages de la Bible lus à haute voix (comme dans tout nanar qui se respecte), menace de fin du monde...

- Sleepy Hollow ne nous épargne aucun cliché, à commencer par ce duo de flics (provisoire) composé du vieux loup qui ne veut pas décrocher et pense boulot 24h/24h, et de la jeunette plus laid back, super intelligente et courageuse. Oh bas dis donc, on ne l’avait jamais vue cette configuration.

- Le derrière entre deux chaises, Sleepy Hollow oscille entre la série qui fait (vaguement) peur et le programme Disney un peu ridicule. Parce que, personnellement, un cavalier sans tête qui manie sa hache comme un nunchaku, ça me paraît plus grotesque que flippant. On se croirait en plein remake gothique de Kung-Fu Panda.

- Je sens déjà que le lieutenant Abbie Mills et Ichabod Crane vont tomber fous amoureux et s’embrasser langoureusement dans un cimetière, sous la pleine lune. Manquerait plus qu’elle devienne un loup-garou et la boucle sera bouclée.

Mais elle aime quand même, parce que…

-Parfois, c'est rigolo... Ichabod Crane, qui a quand même 250 ans de retard sur nous, découvre la vie. Cela donne des répliques comme "Ah, vous avez été émancipés ?" (à Abbie Mills, qui est noire) ou des moments d’étonnement face aux logos Starbucks à tous les coins de rue, ou à la fenêtre de la voiture qui s’ouvre et se ferme grâce à un bouton.

- Soyons honnêtes, Tom Mison est quand même assez canon. Même s’il ressemble à Vincent Perez version Fanfan en début d’épisode (c’est moche), il passe doucement dans la case Jared Leto (c’est très beau).

- Parce qu’on a toutes des soirées de lose où on ne sait pas quoi regarder pour oublier notre journée pourrie. A priori, celle d’Ichabod Crane est pire que la notre, et au moins, nous, on a une tête. 2 points pour nous, bon courage pour les autres.

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