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"Braquo", saison 3 : mort ou vif ?

"Braquo", saison 3 : mort ou vif ?

Marion et Jan, nos deux spécialistes séries, se clashent souvent autour d’une nouveauté. Aujourd’hui, la saison 3 du polar viril "Braquo", qui débute ce soir sur Canal+.

Les hommes du commandant Caplan (Jean-Hugues Anglade) sont les rois de l’embrouille.

À chaque saison, ils s’arrangent pour mettre le doigt dans un engrenage meurtrier, truffé de truands plus tarés et sanguinaires les uns que les autres. Pour leur troisième saison, ils s’en prennent à des Vori v Zakone, des mafieux russes très stricts sur leurs principes et sur le traitement qu’ils réservent à ceux qui s’y opposent. Alors, prenant ou bourrin ?

Marion aime bien Braquo, parce que…

- Braquo est une série efficace. En gros, quand un épisode est fini, on a envie de voir la suite, pas d’aller prendre un bain. On se demande bien ce qui va se passer. On est surpris. On craint le pire. Bref, Braquo est une série, avec des épisodes qui se succèdent, et qu’on regarde à la suite. Sans zapper, ni jeter sa télécommande par la fenêtre. En France, ce genre de programme, ça ne se refuse pas.

- Parce que l’action, c’est bon, même quand c’est un peu con. Les héros de Braquo font les pires choix et enchaînent les embrouilles plutôt que de prendre des vacances aux Seychelles ? Tant pis pour eux, tant mieux pour nous. Pas de psychologie de supermarché ici. On cause peu, on agit beaucoup. Pif, paf, boum, y’a des jours où ça fait du bien.

- Abdel Raouf Dafri, scénariste de Un Prophète, ici aux manettes, n’est pas un manchot. Il sait comment parlent les vrais gens, ce qui manque sacrément aux séries françaises aux dialogues souvent ringards et faux. OK, on n’est pas chez Audiard, mais les répliques claquent comme les détonations des flingues.

- Mine de rien, la mafia russe, on ne la connaît pas si bien que ça. Ces "Vor", qu’on a croisés dans des séries anglaises comme MI-5, font de parfaits méchants, à la fois flippants et intrigants car loin d’être de purs sauvages. Des criminels malins à forte personnalité pour lesquels Braquo a fait un casting du tonnerre. Un festival de gueules.

- C’est l’hiver, il pleut, il fait froid, de toute façon la vie est moche, c’est la crise, on est seuls, il fait nuit, et si ça se trouve demain on sera mort. Alors, on n’est pas à une bonne grosse déprime près, et voir celle des autres se faire soigner au fusil à pompe pourrait même égailler la soirée. Chouette.

- Ils sont pas beaux, ces flics pas rasés, fatigués, pleins de bleus et de cicatrices, dans leurs blousons en cuir usés ? Dans Braquo, y’a du vrai bonhomme, du dangereux, du costaud. Et tant pis si le sort de Nicolas Duvauchelle risque de briser le cœur des groupies…

Mais elle aime moins…

- Pendant qu’on s’extasie sur les méchants russes et tous leurs tatouages, il ne se passe pas grand chose dans la vie des héros, qui en restent à ce qu’on savait d’eux, et n’évoluent pas beaucoup - jusqu’à un épisode flash-back instructif, mais tardif.

- Il y a de très bons acteurs dans cette série, mais ça ne joue pas toujours très bien. Jean-Hugues Anglade semble parfois authentiquement crevé, et Karole Rocher en fait trop dans le registre furax. Exprimer beaucoup en parlant peu, c’est bien, mais c’est dur.

- Certes, les gars de la bande à Caplan se sont un peu calmés et font ralentir l’engrenage, mais ça fait un bail qu’ils auraient dû être mis hors service. À force de s’amuser à les voir galérer, on va peut-être en avoir marre de la déprime et du crime à tout prix.

Jan n’aime pas Braquo, parce que…

- Si je veux voir des séries de bourrins où ça castagne et explose dans tous les sens, je préfère autant regarder une série américaine. Ils ont plus de moyens, et maîtrisent les arts délicats du fracassage de crâne et de l’explosion de voitures mieux que nous autres. On a longtemps comparé Braquo à The Shield, mais on n’y est pas encore.

- Certaines répliques de cette saison 3 sonnent très faux. C’est d’autant plus dérangeant que d’autres sont joliment naturelles. Une scène un personnage lâche un "putain, merde, ça me gonfle", et la minute d’après on l’entend dire : "Et comment voudriez-vous que je me comportât ?" Je force un peu le trait, mais le vilain défaut de la télé française, qui écrit trop ses dialogues, se ressent ici régulièrement. La faute à une partie du casting, médiocre.

- Les "Vor" sont censés être véridiques, proches de ceux qui traînent pour de vrai dans les rues de Paris (ce qui est authentiquement flippant, quand on y pense). Pourtant, ils ressemblent à des caricatures, tous avec des gueules pas possible, tous vicieux et fourbes, tous entourés de gorilles… Je préfère les méchants plus discrets. En même temps, Braquo n’a jamais brillé par sa discrétion.

- L’équipe de Caplan se calme un peu et ne se jette plus autant qu’avant dans la gueule du loup. C’est une bonne chose. Mais ça n’enlève pas cette drôle d’impression que Braquo repose entièrement, à chaque saison, sur le principe que ces pauvres gars vont prendre toute la misère criminelle du monde en pleine poire. Et vont se rouler dedans. Le stéréotype du flic maudit, avec son cuir et sa barbe, ça peut vite agacer…

- Certes, le monde de Braquo est un monde de mecs. Mais de là à transformer les quelques femmes qui s’y risquent en quasi bonshommes, c’est un peu fort. Les personnages de Roxane et de Oriane (Lizzie Brocheré, nouvelle venue dans un rôle peu fréquentable), forts et intenses, semblent avoir un taux de testostérone encore supérieur à celui de ces messieurs. L’égalité des sexes, c’est bien, mais un peu de subtilité ne ferait pas de mal.

Mais il aime bien…

- Roland Vogel, le pire ennemi de Caplan et consorts, est un salaud certes exagéré, mais un beau salaud. Cruel, psychopathique, affreux et méchant. Bref, réjouissant. Pour ne rien gâcher, Geoffroy Thiebaut, son interprète, est peut-être le meilleur comédien de la série.

- Quand l’intrigue s’active, on ne s’ennuie pas une seconde. On a le droit de trouver ça forcé et souvent peu crédible, mais toute la panoplie de la série accrocheuse, du twist au cliffhanger, est utilisée. C’est efficace.

- Abdel Raouf Dafri ne cherche pas à montrer une France plus blanche que blanche - celle que la télé nous sert trop souvent. Son truc, c’est le mélange, social et racial, avec un slogan égalitaire maison : un type armé, décidé ou désespéré, est dangereux. Quelle que soit sa couleur de peau.

Voici le teaser de la saison 3 :


Braquo de Abdel Raouf Dafri, saison 3, le lundi 10 février à 20h50 sur Canal+.

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