WorkinGirls : la guerre des meufs

WorkinGirls, la nouvelle comédie de Canal+, se fiche des bonnes manières. Sketches délirants sur la vie au bureau de six femmes, des héroïnes caricaturales, la série ose des blagues politiquement incorrectes, et nous donne autant de raisons d’en rire.

WG
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Stéréotypes délirants
Les six héroïnes de WorkinGirls feraient hurler d’horreur toute téléspectatrice non prévenue : il y a Karine, la patronne, despote narcissique, méprisant et raciste, Nathalie, son assistante, mère de famille nombreuse le nez dans les couches et qui pue le lait caillé, Déborah, la DRH nymphomane, qui couche avec tous les hommes de la boîte, Hélène, chef de projet neurasthénique, vieille fille aux tendances suicidaires, et Sophie et Sophie, les filles de l’accueil, qui passent leur temps à cloper et à picoler sans décrocher le téléphone. Bref, une belle brochette de stéréotypes féminins, tous hystériques… et tous hilarants, car tellement excessifs et caricaturaux qu’il faudrait être dingue pour prendre leur folie au premier degré.

Féminité affirmée
Les héroïnes de WorkinGirls sont des femmes libérées, indépendantes. Sous la caricature, elles affirment leur féminité, celle de la quadra dynamique, celle de la mère de famille ronde, même celle de la célibataire dépressive, qui cherche à faire le deuil de son hamster pour enfin s’épanouir sexuellement. Si elles ne changent jamais de costume – un étonnant choix des scénaristes – elles n’en revendiquent pas moins leurs personnalités à part, chamarrées, leur humanité face à des seconds rôles masculins réduit au rang de souffre-douleurs, d’objets sexuels ou, pire, de plantes vertes.

Les femmes aussi ont le droit de péter
Elle a beau jouer sur les stéréotypes, WorkinGirls n’est pas loin d’être une série féministe. Un féminisme scato, trash, qui dit haut et fort ce que la plupart ne disent que sous la couette : les femmes aussi ont le droit de péter. Les femmes aussi ont le droit d’uriner dans les parkings souterrains. Les femmes aussi peuvent être des patronnes méprisantes. Les femmes aussi peuvent être méchantes, fumer comme des pompiers, picoler comme des trous et parler cul dans l’ascenseur. Un féminisme par le négatif, donc, pour que la télé arrête de jouer les saintes-nitouches en ne mettant en scène que des filles lissées, parfaites, qui n’ont leurs règles que tous les dix ans et ne sont jamais constipées !