Girls débarque enfin en France

Lancée le 18 septembre sur Orange cinéma séries, Girls s’impose comme la petite cousine réaliste, douce-amère et touchante de Sex & the City.

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Hannah a 24 ans. Elle se dit écrivaine mais n’arrive pas à finir son premier essai, cherche en vain un boulot stable, couche avec un type qui refuse de s’engager, enchaîne les galères… bref, elle vit la belle vie. Ses copines Marnie, Jessa et Shoshanna ne savent pas trop non plus où elles en sont. A New York, ces "Girls" parlent sexe, désirs, complexes physiques, couple, boulot, crise, famille, tous les sujets qui tracassent les jeunes adultes d’aujourd’hui, avec une justesse et un humour imparables.
On vous donne 5 bonnes raisons de vous jeter sur ce bijou de comédie.

1. Un Sex & the City 2.0

Dès le premier épisode, la référence est inévitable : des filles qui parlent de sexe (mais pas que) à New York, on pense tout de suite à Carrie, Samantha et les autres. D’ailleurs, Shoshanna, la timide de la bande, est une fan absolue de Sex & the City, et un poster du film trône au-dessus de son canapé. Pour autant, la vie de Hannah et de ses copines n’a pas grand-chose à voir, passés les discussions sur la vie, la mort et le point G, avec celle des filles de Sex & the City. Dans Girls, on galère pour trouver du boulot, on fait colocation, on mange des sandwiches, bref, on ne connaît pas les bonnes adresses de Charlotte, où on mange une salade pour à peine 40 dollars – ce qui n’empêche pas de traîner, à l’occasion, dans des soirées branchées. Hannah, auteure comme Carrie, n’a pas le même âge (dix bonnes années les séparent), pas le même corps (Hannah vit mal ses rondeurs) et pas les mêmes rêves de luxe et de confort matériel et sentimental. Un Sex & the City en temps de crise, en quelque sorte…

2. La parole aux jeunes adultes

Les séries adorent les ados, elles parlent souvent des jeunes trentenaires, mais les 20-25 ans sont étrangement assez rares à la télé. C’est pourtant une période riche en événements, mais sans doute tellement mouvante et polymorphe que difficile à saisir. En choisissant des héroïnes au début de leur vie adulte, en recherche d’un job, d’une relation stable, d’un espoir, d’une vie, voire carrément de ce qu’elles sont au fond d’elles, Girls se penche, avec tendresse et humour mais non sans réalisme, sur ceux (celles) qui subissent le plus la crise. Une crise pas seulement financière, mais aussi générationnelle, pour des héroïnes nées après l’apparition du Sida, qui ne connaissent qu’un monde frappé par le chômage, dont les parents ont rejeté les principes d’une éducation classique… Une génération paumée, qui du coup rêve et fait la fête plus fort !

3. Une comédie décomplexée

Kilos en trop, MST, panne sexuelle, bondage, on peut parler et rire de tout dans Girls. Pas "trash" une seconde, la série met en scène, intelligemment, la réalité des jeunes New-Yorkaises. Bien sûr, les héroïnes y sont globalement séduisantes – Lena Duham, qui incarne Hannah, porte très bien ses rondeurs – mais elles avancent au naturel, simples, fragiles. On n’hésite pas à les montrer assises sur les toilettes ou dansant sur leurs lits, les cheveux en bataille ou la tête à l’envers après une soirée. Il y a bien sûr du glamour dans Girls, mais plein d’honnêteté, de doutes, d’hésitation. Un glamour qui sonne vrai, loin des artifices et des faux semblants.

4. Lena Dunham, un nom à retenir

A seulement 25 ans, la créatrice et interprète principale de Girls est une scénariste à suivre de très près. Avant de porter sur ses jeunes épaules sa série, elle n’avait réalisé (et interprété) qu’un petit film indépendant jamais vu chez nous, Tiny Furniture, très apprécié sur le circuit indépendant américain. D’un naturel confondant, sa plume ressemble à son personnage, spirituel mais maladroit, passionné mais incertain, drôle, séduisant au-delà de ses quelques kilos "superflus" qu’elle maudit et qu’elle revendique tour à tour. Une révélation, excellente comédienne, loin des stéréotypes, qui pourrait bien devenir, comme le dit Hannah dans la série, "la voix de sa génération. Enfin, une voix d’une génération."

5. La touche Judd Apatow

Le roi de la comédie potache mais pas sotte (40 ans, toujours puceau, En cloque, mode d’emploi, Funny People) se cache derrière Girls, dont il assure la production. Apatow a déjà marqué l’histoire des séries en signant entre 1999 et 2000 Freaks & Geeks, une chronique pertinente et amusée sur l’adolescence dans les années 80. Apatow qui a déclaré que Girls a été pensée pour "énerver les gens." "Quand on l'a faite, on savait que les gens n'allaient pas être d'accord. C'est une série pensée pour qu'on la déteste ou qu'on l'adore. Donc j'espère que les téléspectateurs vont se prendre la tête entre eux toutes les semaines, pas juste pour le premier épisode…" Une drôle de façon de penser Girls, qui se savoure sans agacement aucun, portraits de jeunes femmes certes parfois à côté de la plaque, mais toujours drôles et touchantes.

Girls, à voir sur la SVOD d’Orange Cinéma Séries, prochainement à l’antenne, et sur HBO aux Etats-Unis.