Actuellement en kiosque !

GL cover mag Novembre 2017 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
HautHab__Leaderboard - skin
La série "Alias Grace" peut-elle détrôner "The Handmaid’s Ta...
1 /3

La série "Alias Grace" peut-elle détrôner "The Handmaid’s Tale" ?

Série événement produite par Hulu - qui se classe parmi les meilleures de l’année- "The Handmaid’s Tale" est adapté du roman éponyme de Margaret Atwood. Aujourd’hui Netflix tente de détrôner ce show en adaptant un autre livre de l’auteure canadienne : "Alias Grace" ou "Captive" en V.F. Si l’histoire est très différente, les thématiques féministes, l’écriture fine et l’intelligence du récit sont également au programme de cette nouvelle série. Mais est-elle à la hauteur ?

Un projet porté par des femmes

Un projet porté par des femmes

Au 19ème siècle, Grace Marks, une Irlandaise émigrée à Toronto, est accusée du meurtre de la maîtresse de maison où elle travaille. Le psychiatre Simon Jordan a pour mission d’analyser sa personnalité complexe et intrigante pour faire jaillir la vérité. Cette histoire est née de l’imagination de la grande auteure Margaret Atwood, 77 ans, déjà à l’origine de The Handmaid’s Tale porté à l’écran cette année et couronné de succès. Un nouveau projet qui est né grâce à plusieurs femmes de talent dont Sarah Polley, réalisatrice de Loin d’elle et Take This Waltz, qui avait approché l’écrivaine pour adapter ce livre lorsqu’elle était encore une toute jeune femme. Il lui aura fallu plusieurs années avant que sa détermination ne finisse par payer. Pour l’épauler, elle a fait appel à Mary Harron, réalisatrice notamment du génial American Psycho. Un choix audacieux et intelligent pour diriger les six épisodes de cette série intelligente et violente : "Sarah et moi sommes intéressées par ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, a expliqué Mary Harron à The Independent, Je crois qu’elle aimait le fait que dans mes films, les personnages sont traversés par la folie. Elle savait aussi que je n’essaierais pas de faire du Downton Abbey. Je ne voulais pas enjoliver les choses mais montrer une société brutale, impitoyable et régie par les classes sociales."

Un drame psychologique

Un drame psychologique

Le premier rôle, féminin bien sûr, est tenu par l’actrice Sarah Gadon, peu connue du grand public si ce n’est pour avoir joué dans plusieurs films de David Cronenberg, notamment A Dangerous Method. Avec ses grands yeux clairs et sa peau opaline, elle est un choix judicieux pour incarner ce personnage inquiétant et touchant. Innocente, victime d’une manipulation, meurtrière vénéneuse ? Le spectateur est embarqué dans l’enquête sans réellement parvenir à discerné la vérité qui semble être à portée de main pour lui échapper aussitôt. Les discussions de l’accusée avec le psychiatre Simon Jordan (excellent Edward Holcroft) sont savoureuses, les regards changeants sont filmés de près, tout comme les mains du médecin qui note méticuleusement les mots bien choisis de Grace pour raconter son récit. Là où The Handmaid’s Tale s’engouffrait dans une dystopie terrifiante, Alias Grace choisit le drame psychologique avec un rythme régulier et lent. Ces entrevues entre les deux personnages ont quelque chose de sauvage, presque animal. Ils s’observent, se méfient l’un de l’autre, se séduisent et celui qui gagnera n’est pas forcément celui que l’on croit.

Une série féministe

Une série féministe

Victime ou coupable, c’est en tout cas la vivacité de caractère et d’esprit qui définit le personnage de Grace. Souvent décrite comme "ignorante" au début, elle semble avoir mis un point d’honneur à apprendre, à comprendre et à développer son esprit pour ne plus se laisser faire. Lorsque le psychiatre lui offre une pomme à manger lors de leur première rencontre, elle réplique, en colère : "Je ne suis pas un chien". Il y a quelque chose de résigné en cette femme qui a trop subi l’oppression et la violence des hommes et semble bien décidé à ce que cela ne se reproduise plus. Par les drames qu’elle a vécue, Grace a appris à être plus maligne et retourne souvent la situation à son avantage pendant les séances de psychanalyse. Parmi les autres personnages aussi, on trouve des femmes trompées, abandonnées, menacées, et des hommes souvent lâches qui n’assument pas leurs responsabilités. Le principal point commun avec The Handmaid’s Tale -face auquel Alias Grace tient sans problème la comparaison- est l’idée que l’intelligence et la force des femmes ne devraient jamais être sous-estimées. Un message qui résonne encore plus fort aujourd’hui, en plein scandale Harvey Weinstein.

 

Alias Grace, en ce moment sur Netflix

 

Tiphaine Lévy-Frébault

Dans ce diaporama :

Loginnn
__5574__FR-New-Glamour__Impact__Interstitiel - interstitiel

Vous possédez un compte Glamour ? Gagnez du temps !

se connecter
Mme M.

JE SOUHAITE RECEVOIR

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.