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Les auteurs de la rentrée

Claude Arnaud

Il n’y a pas que Michel Houellebecq ou Virginie Despentes dans la rentrée littéraire. Voici neuf auteurs de roman qu’on apprécie dans les lieux où ils travaillent ou qui les inspirent.

Claude Arnaud Qu’as-tu fait de tes frères ?(Grasset)
Sa vie est faite de ruptures qu’il raconte dans son roman et nous le rencontrons alors qu’il quitte son bel appartement lumineux…Catalogue des années 70 à lui tout seul, Claude Arnaud a été fan des Rolling Stones à 15 ans, trotskiste à 16, maoïste à 19… Il a vécu en communauté ou chez Frédéric Mitterrand…Gay puis hétéro, il a fini la décennie à danser toute la nuit au 7, l’ancêtre du Palace… Son roman très autobiographique pourrait tourner au name-dropping agaçant. Or Qu’as tu fais de tes frères ? est sous-tendu par une tragédie personnelle : ses frères ont une conscience plus douloureuse de cette époque de bouleversement. L’aîné, apprenti écrivain, finira schizophrène, tandis que le second flirtera avec la lutte armée avant de mourir dans un banal accident. Le livre de Claude Arnaud raconte comment ses expériences et ses drames lui ont permis de cesser de penser “nous” pour arriver enfin à dire “je”."

 

Gaëlle Bantegnie "France 80"(l’Arbalète Gallimard)
"La Renault 9 crème s’engage dans l’impasse jusqu’au numéro 8 et se gare derrière la Visa citrouille des voisins." Dès la première phrase de France 80 le décor est planté, nous sommes en 1983 dans la banlieue de Nantes.
Le livre suit en parallèle l’adolescence de Claire Berthelot élève de 5ème B du Collège Salvador-Allende de Rézé-les-Nantes et la jeunesse de Patrick Cheneau son voisin vendeur de décodeur Canal +… Elle regarde Michael Jackson au Top 50… Il danse sur Thriller au Macumba en polo Lacoste et mocassins à glands. Les Raiders, les rasoirs Bic jaunes, le shampoing à la pomme… Dans ce premier roman salué partout Gaëlle Bantegnie est partie à la recherche des odeurs, des couleurs et des marques de sa jeunesse pour en établir un inventaire à la Prévert… Insistant sur ce qui est commun à toute une génération qui a grandi devant Goldorak ou Chateauvallon. La madeleine de Proust mais version industrielle et sous vide.

Vincent Bernière "Extraball" (JBZ)
Reporter gonzo, il revient de Dakar et habite actuellement en banlieue parisienne dans le château déglingué de Jean-François Bizot, le pape de l’underground français, fondateur du magazine Actuel et de Radio Nova, avec lequel Bernière cultive une étrange ressemblance. Dans son précédent roman Shoot Again, Barrière décrivait une jeunesse esclave de l’héroïne, et dans Extraball, il se penche sur "l’après" drogue… Entre un sevrage forcément douloureux et une addiction au sexe qui risque bien de remplacer celle à la drogue, le roman offre une écriture à bon tempo, évoquant avec une lucidité et une simplicité exemplaire une vie (presque) ordinaire.

Jean Grégor "Transports en commun" (Fayard)
Le rendez-vous a lieu dans un café de la porte de la Chapelle, où Grégor vient souvent écrire et qui servira de toile de fond à son prochain roman. Après, il reprendra sa voiture vers Franconville où se déroule Transports en commun. Une banlieue banale où les automobiles disent presque tout sur les gens : la mère qui divorce passe brusquement de la BMW 525 à la 205 GR, par exemple… Et son héros, Boris, se souvient de sa première voiture, de celles de ses parents et voisins. A travers les modèles qui défilent c’est une vraie comédie humaine qui se déploie. Le premier Espace, l’apparition des TDI, la fin des jaunes et des ors des années 70 remplacés par de ternes gris allemands… Sans jamais tomber dans la fiche technique, Jean Grégor (déjà auteur d’un roman autour des montres anciennes : Zenith), raconte ce que raconte les voitures dans un texte ample et joliment écrit. C’est du Perec à roulette, du Zola turbocompressé.

Bernard Quiriny "Les assoiffés"(Le Seuil)
Né Belge, Quiriny a quitté le pays à l’âge de six mois… C’est donc une Belgique fantasmée qu’il met en scène dans son premier roman Les Assoiffés. Depuis 1970, le Benelux est devenu une dictature féministe fermée au monde. Une délégation d’intellectuel parisien, dans laquelle on croit reconnaître BHL, Philippe Sollers ou Clémentine Autun, part à la découverte de cet improbable pays. Ils trouvent tout ce qu’on veut bien leur montrer de formidable, comme Aragon en U.R.S.S., Drieu la Rochelle dans l’Allemagne Nazi ou Roland Barthes et Philippe Sollers (déjà) dans la Chine de la Révolution Culturelle… Dans le roman on découvre en parallèle le journal d’une infirmière belge qui raconte le dénuement de la population et la folie de la Bergère, chef suprême de cet univers concentrationnaire. Un conte moral (dans la lignée de ceux du dix-huitième siècle) décapant sur le totalitarisme et la fascination qu’il exerce sur les intellectuels.

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Mathilde Damge
Inread
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