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Nos dix romans préférés de la rentrée

Le plus édifiant : "Mon année Salinger", de Joanna Smith Rakoff. Le plus stupéfiant: "La mécanique des fluides", de Lidia Yuknavitch Le plus affriolant : "Hier, aujourd’hui et demain", de Sofia Loren. Le plus intrigant : "L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage", de Haruki Murakami 10

Comme tout le monde, on aurait pu vous présenter les romans incontournables de la rentrée, ou même celui de Valérie Trierweiler; mais finalement, on a choisi de vous parler de ceux qu’on a vraiment aimés. Découvrez notre sélection.

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1 /10

Le plus édifiant : "Mon année Salinger", de Joanna Smith Rakoff.

Le plus édifiant : "Mon année Salinger", de Joanna Smith Rakoff.

Entre le Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder et ce délicieux roman américain, l’auteur de L’Attrape-cœurs est partout en cette rentrée. Chez Joanna Smith Rakoff, Jerry apparaît en filigrane, figure tutélaire et mythique dans la vie d’une jeune diplômée qui débarque à New York au début des années 90 pour travailler dans l’édition. Elle atterrit un peu par hasard dans l’agence artistique qui représente Salinger himself. Entre son quotidien de jeune fille un peu en galère, attachée à un boyfriend insuffisant, et son travail à l’agence, Rakoff entraîne son lecteur dans un roman d’apprentissage bien ficelé, fait découvrir l’envers du décor du milieu littéraire new-yorkais, et rend hommage à son héros. Un livre charmant et plein de vie.

"Mon année Salinger", de Joanna Smith Rakoff, Albin Michel, 355p., 20,90€

2 /10

Le plus stupéfiant: "La mécanique des fluides", de Lidia Yuknavitch

Le plus stupéfiant: "La mécanique des fluides", de Lidia Yuknavitch

Du sang, des larmes et du sperme : voilà pour les fluides de la mécanique détraquée de Lidia Yuknavitch. De son père alcoolique à sa mère apathique, des ambitions olympiques aux échappées narcotiques ; sans concession ni fausse pudeur, l’auteure raconte ici les bleus au corps et les coups au cœur d’une jeune femme au mal-être destructeur. Une écorchée sauvée par la littérature et l’atelier d’écriture de Ken Kesey, gourou un peu fou signataire de Vol au dessus d’un nid de coucou. Plus confession salvatrice qu’autobiographie provocatrice, La mécanique des fluides est surtout un texte hallucinant, tendu de colère, de bruit et de fureur où chaque mot est un baume à l’âme, où chaque phrase s’enflamme comme une bombe au napalm. Ame sensible...

"La mécanique des fluides", de Lidia Yuknavitch, Denoël, 329 p., 22 €.

3 /10

Le plus affriolant : "Hier, aujourd’hui et demain", de Sofia Loren.

Le plus affriolant : "Hier, aujourd’hui et demain", de Sofia Loren.

Sa filmographie est inoubliable, son palmarès époustouflant (un Oscar de la meilleure actrice, un prix d’interprétation à Cannes…), son sourire à se damner, ses hanches vertigineuses… Sofia Loren, c’est l’Italienne que l’on voudrait être, la mamma et la femme, la séductrice et l’amoureuse. De son enfance difficile avec sa mère et sa sœur à son indéboulonnable amour pour le producteur Carlo Ponti, en passant par ses coups de cœur (Cary Grant), ses déconvenues, ses grands chagrins, ses immenses amitiés (Vittorio de Síca, son mentor), la diva raconte sa vie sans chichis dans un livre truculent, bien qu’un poil pontifiant. Mais comment ne pas pardonner à la bomba devenue mamie modèle de ne vouloir garder que les bons souvenirs, et de prétendre sublimer les mauvais ? Son autobiographie donne envie de manger des pâtes, d’aimer follement, et de revoir tous ses films. Un régal.

"Hier", aujourd’hui et demain, de Sofia Loren, Flammarion

4 /10

Le plus intrigant : "L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage", de Haruki Murakami

Le plus intrigant : "L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage", de Haruki Murakami

Trentenaire solitaire à la morosité bien réglée, Tsukuru a toujours préféré enterrer ses problèmes plutôt que de les régler. Quand ses amis d’enfance lui ont signifié qu’ils ne voulaient plus jamais le croiser, le jeune homme n’a pas cherché d’explication, n’a même pas posé de question; il a lentement glissé dans un isolement presque complet. Mais à la faveur d’une rencontre amoureuse, l’apparente sérénité de son quotidien va se fissurer et les frustrations vont refouler. Pour Tsukuru, c’est le début d’un pèlerinage intime qui le mènera sur les traces de son passé oublié. Trois ans après le triomphe de la trilogie 1Q84, Haruki Murakami revient aujourd’hui avec un roman plus sobre et plus sombre. Ici, pas de mondes oniriques ni de créature magiques, la superstar des lettres nippones compose un récit réaliste et subtil sur l’ironie de la vie et le charme un peu triste de la mélancolie.

"L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage", de Haruki Murakami, Belfond, 384 p., 23 €.

5 /10

Le plus entêtant : "L’Homme qui s’aime", de Robert Alexis

Le plus entêtant : "L’Homme qui s’aime", de Robert Alexis

Un dandy à la beauté presque irréelle s’ennuie dans une fête parisienne du début du XXème siècle. Dans une scène d’ouverture magistrale, il se fait entraîner à l’étage par une Comtesse hors d’âge qui lui fait revêtir des habits de soubrette. Tel un nouveau Narcisse, l’homme tombe amoureux de son reflet dans le miroir, et ne pourra dès lors plus se passer de son alter ego féminin. Jusqu’à décider de mener sa vie en travesti. De la campagne italienne aux faubourgs de Naples, de la haute bourgeoisie parisienne à la côte crétoise, nous voici embarqués pour un voyage aux confins du genre. Fascinant pour son propos iconoclaste comme pour son style précis et classique, L’Homme qui s’aime est le roman français outsider de la rentrée, un bijou à mettre entre toutes les mains, à savourer lentement pour la complexité de ses multiples parfums. On aime !

"L’Homme qui s’aime", de Robert Alexis, Le Tripode, 312p., 19€.

6 /10

Le plus mordant : "La peau de l’ours", de Joy Sorman

Le plus mordant : "La peau de l’ours", de Joy Sorman

Comme dans une aventure des frères Grimm, tout commence ici avec la plus jolie fille du village. Beauté diaphane et pureté immaculée, Suzanne est une héroïne de contes de fée. Un jour elle est enlevée par un ours aux proportions démesurées. Pendant trois ans, la bête la séquestre, la viole et finit même par la féconder. De cette union contre-nature née un fils hybride, à mi-chemin de l’homme et de l’ourson. Libérée, Suzanne souillée est envoyée au couvent, la bête, elle, est tuée. Pour leur fils métissé débute une vie de saltimbanque, brinquebalé de dresseurs ambulants en tortionnaires malfaisants. Deux ans après Comme une bête, l’exaltante Joy Sorman livre une fable fantastique - au sens propre comme au figuré - et continue d’interroger la nature humaine à la lumière de sa bestialité troublante.

"La peau de l’ours", de Joy Sorman, Gallimard, 160 p., 16,50 €.

7 /10

Le plus grisant : "La Chute des princes", de Robert Goolrick

Le plus grisant : "La Chute des princes", de Robert Goolrick

D’American Psycho au Bûcher des vanités en passant par Le Loup de Wall Street, vous pensez avoir tout lu, tout vu, sur le monde effroyable des yuppies New-Yorkais ? C’est que vous n’avez pas encore découvert ce que le formidable Robert Goolrick avait à en dire. Révélé en 2010 avec Féroces, son roman inoubliable autobiographique, l’auteur américain revient cette fois-ci sur ses années d’ambitieux sans âme dans la Grosse Pomme des années 80. On y croise bien sûr des rêves, de la drogue, des soirées décadentes, de jeunes loups aux dents longues et des filles à la cuisse légère, mais Goolrick est un repenti et implore le pardon à chaque page dans un geste de contrition jamais complaisant ou pathétique. Pas de glorification ici, mais un récit des faits sec et sans concession et le salut d’un homme qui a commis (et connu) le pire, mais a trouvé le moyen d’en sortir. Cruel et émouvant.

"La Chute des princes", de Robert Goolrick, Anne Carrière, 231p., 20€.

8 /10

Le plus swinguant: "Les grands", de Sylvain Prudhomme

Le plus swinguant: "Les grands", de Sylvain Prudhomme

Guinée-Bissau, 2012. Le temps d’une journée de deuil, Couto, ancien guitariste dégingandé du Super Mama Djombo, erre dans les rues échauffées de la capitale africaine. Il pleure Dulce qui vient de décéder; Dulce, l’ex-maîtresse aimée, l’ancienne chanteuse adulée de son groupe démantelé. Il pleure aussi la gloire passée de ce band mythique des seventies qui traversa les océans pour faire résonner les rythmes africains jusque dans les stades européens. Alors que la tension monte dans la ville, Couto et ses vieux musiciens ont décidé de se reformer au Chiringuito pour un dernier concert hommage. Porté par l’énergie des riffs du Mambo Djombo et l’effervescence d’une ville et d’un pays qu’il connaît bien, Sylvain Prudhomme a su trouver le bon tempo dans un nouveau roman aux charmes langoureux.

"Les grands", de Sylvain Prudhomme, L’Arbalète/Gallimard, 251 p., 19,50 €.

9 /10

Le plus planant : "Constellation", d’Adrien Bosc

Le plus planant : "Constellation",  d’Adrien Bosc

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 1949, vers deux heures du matin, la Constellation immatriculée F-BAZN envoie un message à la tour de contrôle de Santa Maria aux Açores : "I have the field in sight !". Ce sera le dernier avant le crash du coucou mythique qui tua le boxeur Marcel Cerdan et 47 autres passagers que l’Histoire a failli oublier. Des cinq bergers basques à une bobineuse de Mulhouse en passant par la violoncelliste Ginette Neveu, le jeune romancier Adrien Bosc retrace le destin tragique de ces presque anonymes et leur érige ici un tombeau littéraire sublime. Enquête passionnée autant qu’hommage singulier, ce Constellation, déjà sélectionné pour les trois premiers prix d’automne, s’impose d’emblée comme une des sensations de cette rentrée.

"Constellation", d’Adrien Bosc, Stock, 192 p., 18 €.

10 /10

Le plus suffocant : "Incident Voyageurs", de Dalibor Frioux

Le plus suffocant : "Incident Voyageurs", de Dalibor Frioux

Wagon bondés, corps suants et relents puants : c’est l’enfer ordinaire des usagers du RER. Dans son deuxième roman Incident Voyageurs, Dalibor Frioux s’empare du destin de deux milles voyageurs, qu’il enterre dans une rame accidentée, arrêtée dans un tunnel depuis deux longues années. Pour raconter le quotidien halluciné de ces prisonniers de la RATP, il imagine les voix d’Anna, Vincent et Kevin. La première est caissière, le deuxième directeur de musée, le troisième chômeur de longue durée. A travers ces trois personnages, c’est l’organisation de ce huit clos sous néons que l’on découvre hébété. Architecte littéraire implacable et portraitiste cruel de la modernité, Dalibor Frioux s’attaque ici à l’absurdité de la surpopulation contemporaine et livre un roman anxiogène, audacieux et réussi. Prêt à embarquer ?

"Incident voyageurs", de Dalibor Frioux, Seuil, 300 p., 19€.

Léonard Billot et Clémentine Goldszal
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