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"Paradis Perdu" : 4 bonnes raisons de lire Joyce Carol Oates
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"Paradis Perdu" : 4 bonnes raisons de lire Joyce Carol Oates

A l’occasion de la sortie de son nouveau livre "Paradis Perdu", Glamour dresse la liste de toutes les bonnes raisons d’être fan de la reine du roman made in America.

Parce qu

Parce qu'elle nous surprend à chaque fois

Elle l’avoue : écrire, pour elle, est aussi addictif que la drogue dure. Ce qui lui vaut une bibliographie prolifique d’une centaine d’ouvrages. Tous les ans, on attend le nouveau Joyce Carol Oates avec impatience et tous les ans, on se demande si elle va gagner le prix Nobel (elle a seulement été finaliste deux fois). Ses références sont éclectiques : James Joyce, Emily Dickinson, William Faulkner, Herman Melville… Forcément, ça aide à explorer différents genres sans pour autant perdre son style en chemin. Poésie, nouvelles, romans, essais, elle peut tout faire. Depuis ses débuts, l’artiste s’est illustrée dans le genre gothique avec brio, de Bellefleur à Maudits, dans le réalisme souvent très noir mais sait aussi s’adresser à un lectorat plus jeune, comme Ce que j’ai oublié de te dire ou Nulle et Grande Gueule. Et à chaque fois, ça fonctionne ! Cette réussite tient sans doute à son amour pour ses personnages, dans lesquels elle s’investit totalement le temps de son récit, et pour son perfectionnisme en termes d’intrigue – rien n’est laissé au hasard, même ce qui reste inexpliqué ou mystérieux. Avec Paysage Perdu, son nouveau-né, elle revient sur son enfance et sa jeunesse via une trentaine de textes rassemblés par ses soins. L’occasion de voir que même lorsqu’elle parle de sa propre vie, elle ne perd pas son art de conteuse.
 

Parce qu'elle réussit à nous glacer le sang sans faire du polar
 

Joyce Carol Oates affirme ne pas vouloir écrire de la comédie car ce serait trop éloigné de l’âme de l’homme, selon elle doté des pires défauts voire des vices les plus abjects. Résultat, le lecteur est rarement épargné par la noirceur de nos congénères. Kidnapping d’enfants et/ou pédophilie (Daddy Love, l’un de ses romans les plus glaçants), viol (Nous étions les Mulvaney, Viol, une histoire d’amour, Sacrifice), violences conjugales (La fille du fossoyeur), meurtre à venger (Petit Oiseau du ciel, Carthage, Le ravin), crimes familiaux (Etouffements, Le Pays des merveilles), etc. Réveiller les vieux démons fait partie de ses spécialités. Comme elle le disait au Monde en 2014 : "Je sais que si on ne s'occupe pas de son passé, un jour c'est lui qui s'occupe de vous." Gloups. Or, si elle nous tient toujours en haleine jusqu’à la dernière page, Oates reste une romancière de l’intime. Puisant dans ses connaissances de la psychologie humaine et le mécanisme de la société, elle effleure le genre polar de sa plume sans s’y abriter complètement.

 

Parce qu

Parce qu'avec elle, la femme est plus forte

Elle raconte souvent qu’à une époque, on la présentait comme « la femme du professeur » alors qu’elle enseignait elle-même la littérature depuis plus de dix ans ! Née dans une famille modeste aux origines floues, Joyce Carol Oates a du faire son chemin seule jusqu’à devenir ce qu’elle est aujourd’hui, en toute indépendance. Si la mort de son premier mari lui a valu d’écrire le très beau J’ai réussi à rester en vie, cela ne l’empêcha guère de se remarier 13 mois après, au grand dam des critiques bien-pensants. En toute logique, le fort tempérament d’Oates se retrouve dans ses livres, traversés par des personnages féminins hauts en couleurs. Dans Les Chutes, Ariah Littrel se bat contre une malédiction pendant que Rebecca Schwart, dans La fille du fossoyeur, fuit son passé familial… Plus récemment, la brillante Meredith de Mudwoman, présidente d’université, ravale ses traumas pour s’aventurer dans un passé ultra glauque. Elles ont beau être les cibles d’une société honteusement patriarcale, les femmes d’e Joyce Carol Oates sont beaucoup moins fragiles qu’il n’y paraît.
 

Parce qu'elle représente l'Amérique, en bien ou en mal
 

En 2011, Barack Obama lui remettait le National Humanities Medal, récompensant les citoyens américains pour leur humanisme. Qualité dont Joyce Carol Oates ne manque pas. Pourtant, elle sait aussi se montrer sans aucune illusion quand il s’agit de parler de son pays, qu’elle juge puritain, hypocrite et raciste. Elle s’amuse à démonter le couple WASP, dans Le Goût de l’Amérique, par exemple, ou la fracture sociale américaine avec Eux (sur la pauvreté de Détroit des années 30 à 60), pour lequel elle a reçu le National Book Award en 1970. Enfin, elle est l’une des rares auteures blanches américaines à dénoncer la ségrégation et ses stigmates. Dans Je vous emmène et Un amour noir, elle évoque la difficulté (voire le danger) de s’aimer lorsqu’on n’a pas la même couleur de peau. Avec Fille Noire, Fille Blanche, elle évoque la trajectoire irrémédiablement distincte de deux amies sur un campus, et dans Sacrifice, le viol collectif subi en toute impunité par une adolescente noire… Malgré cette lucidité, Joyce Carol Oates est aussi garante d’un puissant souffle romanesque qui règne sur les Etats-Unis depuis la fin du XXe siècle. Il n’y avait qu’elle pour s’attaquer, avec son best-seller Blonde de plus de 1 000 pages, au mythe de Marilyn Monroe.

 

Paradis Perdu, éditions Philippe Rey. Nouvelles sorties en poche : Sacrifice, Points. Dahlia noir et rose blanche, Points, parution le 9 novembre.

Par Sophie Rosemont
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