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"C’est le cœur qui lâche en dernier" : l’auteure de "The Han...
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"C’est le cœur qui lâche en dernier" : l’auteure de "The Handmaid’s Tale" est de retour

Elle a bientôt 78 ans mais parle à toutes les générations : avec son dernier roman, "C’est le cœur qui lâche en dernier", Margaret Atwood confirme sa place de choix dans la littérature d’anticipation, nous mettant en garde contre les dangers qui sont, eux, bien d’aujourd’hui.

De la nature à la littérature

De la nature à la littérature

Fille de brillants scientifiques (son père est zoologue entomologiste, sa mère nutritionniste), Margaret Atwood est née en 1939 à Ottawa et a grandi dans les forêts de l’Ontario, entourée d’écureuils volants et autres insectes insolites étudiés par son géniteur. Ce n’est qu’à ses onze ans qu’elle fait sa première année d’école : jusque-là, elle était élevée en sauvageonne, dans les bois qu’elle a appris à analyser.
 

A partir de ses 16 ans, elle écrit, même si ses proches ne sont pas très convaincus… Elle doute d’elle mais dès la publication de son premier livre, un recueil de poèmes nommé Double Perséphone, en 1961, elle sait qu’elle doit suivre cette voie. Ses études littéraires, notamment à Harvard, seront brillantes. En parallèle de son activité d’auteure, elle a enseigné à Toronto, Montréal et New York tout en étant publiée dans plus de 50 langues. Ses influences de romancière ? Jules Verne, Ray Bradbury, George Orwell ou Aldous Huxley. Ses romans ont d’ailleurs souvent comme point commun de verser dans la dystopie (un récit situé dans un monde qui n'existe pas, où le bonheur est inaccessible) – tout en s’appuyant sur l’histoire passée, avec un grand H.
 

Comme elle l’écrit dans la préface de La Servante Ecarlate, Margaret Atwood a imaginé le régime de Gilead d’après ce qu’elle avait simplement retenu des grandes dictatures du XXe siècle : "Je m’étais fixé une règle : je n’inclurais rien que l’humanité n’ait pas déjà fait ailleurs ou à une autre époque". Dans un de ses best-sellers, Captive, elle revient sur l’histoire de la servante canadienne Grace Marks, accusée du meurtre de son patron. Mais elle continue à écrire aussi de la poésie, des scénarios pour des séries, des essais, de la science-fiction et des récits intimistes. 

L’anticipation pour parler du présent

L’anticipation pour parler du présent

Comme La Servante Ecarlate et la trilogie MaddAddam (après que la peste ait dévasté la Terre), C’est le cœur qui lâche en dernier parle d’un futur non daté et toujours dystopique. Partant d’un contexte qui nous semble familier (le travail, la loi, la santé, etc.), Margaret Atwood décrit souvent un monde vicié par le dérèglement climatique et/ou la crise financière. Pour sauver sa peau, l’homme cherche alors à asservir son prochain, la femme en première ligne.


Dans son nouveau roman, le passionnant C’est le Cœur qui lâche en dernier, Stan et Charmaine ont perdu travail et logement suite à une crise économique qui a ravagé les Etats-Unis. Vivant dans une vieille Honda, le couple trouve son salut dans une annonce encourageant à se présenter au programme Positron. Il s’agit de s’installer dans une ville alternative et verrouillée, Consilience, où l’on partage son temps entre travail en communauté et vie en prison, un mois sur deux… Pendant que Stan et Charmaine œuvrent à la prison, leur pavillon est occupé par un autre couple. De là naissent les fantasmes et les questionnements...


À la fois roman-fleuve et histoire haletante, C’est le cœur qui lâche en dernier témoigne une nouvelle fois des rouages littéraires de l'écrivaine : une intrigue futuriste que l’on pourrait toucher du doigt tant elle semble proche de nous, une riche galerie de personnages non exempts de défauts – mais aussi doués de qualités. Car l’auteure ne nous plonge jamais entièrement du côté obscur de la force : elle souligne le pire dont est capable l’homme tout en rappelant le meilleur. Ouf.

Féminisme avant-gardiste

Féminisme avant-gardiste

Si, grâce à son adaptation en série, The Handmaid’s Tale éveille toujours les consciences (au point que des manifestations américaines ont récemment vu des femmes se déguiser en servantes écarlates pour dénoncer les lois anti IVG du gouvernement Trump), il faut rappeler que le roman fut originellement publié en 1985. Une période très lointaine des inquiétudes d’aujourd’hui, quand Internet nous permet de constater les inégalités de la condition féminine à travers le monde.


Dans La Servante écarlate, la stérilité s’est généralisée et les rares capables de procréer sont contraintes de subir les assauts sexuels des hommes – qu’ils soient, eux, capables d’avoir des enfants est encore un autre sujet… Tout cela sous couvert d’une morale religieuse. En 2009, l’Américaine est accusée d’anti christianisme et d’anti islamisme par certains de ses compatriotes, qui n’ont manifestement pas compris qu’au-delà de la critique de la religion, il s’agit de dénoncer ce qu’elle peut imposer aux femmes par le biais de ceux qui s’en déclare maîtres à penser. "Je n’ai pas inventé le féminisme et il ne m’a pas inventée non plus. Mais il a naturellement toute ma sympathie", déclare Margaret Atwood. Certes, mais elle révèle toute son affection pour la gente féminine avec des portraits de personnalités ambivalentes et fascinantes : les sœurs Iris et Laura (Le Tueur aveugle), Zénia (La voleuse d’homme),  Elaine (Œil de chat), Marian (La femme comestible), Charmaine et Jocelyn (C’est le cœur qui lâche en dernier) ou encore l’inoubliable servante écarlate, Defred.
 

Margaret Atwood, "C'est le cœur qui lâche en dernier", Robert Laffont.

Sophie Rosemont
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