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Litt List : les 10 meilleurs road trips racontés dans les livres

Manifeste beat : "Sur La Route" de Jack Kerouac A la recherche de l’Amérique :"Voyage avec Charley" de John Steinbeck Jusqu’en boutisme fatal : "Into the Wild – Voyage au bout de la solitude" de Jon Krakauer Course poursuite sanguinaire : "Bleu comme l’enfer" de Philippe Djian 10

Quand la littérature se fait la malle, c’est parfois pour des bonnes raisons (l’amour, l’aventure, le goût de la liberté), parfois pour des mauvaises (la fuite, le crime, le désespoir). Mais c’est toujours passionnant. En témoignent ces 10 road trips romanesques.

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1 /10

Manifeste beat : "Sur La Route" de Jack Kerouac

Manifeste beat : "Sur La Route" de Jack Kerouac

"Quelque part sur le chemin je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare" : la route que le narrateur s’apprête, durant les années 50, à prendre avec son ami et "ange de feu" Dean Moriarty est peut-être devenue la plus célèbre du monde. Parce que les paysages des grands espaces américains et les virées urbaines, entre immensité naturelle et petits vices humains, se vivent sur un rythme d’écriture calqué sur celui du jazz. Kerouac a signé ici le manifeste de la Beat Generation, où "les enfants de la nuit bop" se retrouvent (et se perdent) dans les expériences sexuelles, les drogues et l’avidité d’affranchissement de toute forme d’autorité. Indispensable.

"Sur La Route" de Jack Kerouac, Folio.

2 /10

A la recherche de l’Amérique :"Voyage avec Charley" de John Steinbeck

A la recherche de l’Amérique :"Voyage avec Charley" de John Steinbeck

1960. "A quoi ressemble l’Amérique aujourd’hui ?", s’interroge John Steinbeck, alors déjà célèbres pour ses Raisons de la Colère et A l’Est d’Eden. "Je n'avais pas entendu le langage de l'Amérique, humé l'odeur de son herbe, de ses arbres, de son fumier, vu ses collines et ses cours d'eau, ses couleurs et ses qualités de lumière. Je n'en connaissais les changements que par les livres et les journaux."  A 58 ans, quelques années avant sa mort, l’écrivain n’est pas en grande forme mais décide de combler ce manque de connaissances et de partir "à la recherche de l’Amérique". De Long Island à sa Californie natale en passant par le Texas, il conduit son camping-car avec comme seul compagnon de route son caniche, Charley. Il en tire ce récit aigre-doux, assez pessimiste quant à l’avenir d’un pays déchiré entre rêve de réussite et amertume sociale. 

"Voyage avec Charley" de John Steinbeck, Phébus.

3 /10

Jusqu’en boutisme fatal : "Into the Wild – Voyage au bout de la solitude" de Jon Krakauer

Jusqu’en boutisme fatal : "Into the Wild – Voyage au bout de la solitude" de Jon Krakauer

"Il ne sera plus empoisonné par la civilisation qui fuit et il marche seul pour se perdre dans la nature" : écoeuré par le capitalisme effréné de son pays, les Etats-Unis, le jeune diplômé Christopher Mc Candless plaque tout du jour au lendemain, sans prévenir sa famille. Et part au volant de sa vieille voiture, devenant, au fil des kilomètres, Alexander Supertramp, le "super vagabond". Quelques mois plus tard, on le retrouve mort dans un bus abandonné au fin fond de l’Alaska… McCandless a voulu vivre son rêve de liberté jusqu’au bout mais en a payé le prix fort. Alternant entre biographie de McCandless et réflexions sur les aventures sauvages d’autres auteurs et explorateurs de l’extrême (dont les siennes), l’auteur et alpiniste Jon Krakauer a rendu célèbre ce retour à la vie sauvage. A lire en écoutant Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam qui a aussi signé la BO de l’adaptation cinématographique de Sean Penn.

"Into the Wild – Voyage au bout de la solitude" de Jon Krakauer, 10/18.

4 /10

Course poursuite sanguinaire : "Bleu comme l’enfer" de Philippe Djian

Course poursuite sanguinaire : "Bleu comme l’enfer" de Philippe Djian

Deux amis instables et violents, Ned et Henri, volent la caisse d’un restaurant et sont aussitôt pourchassés par trois policiers aussi perturbés qu’eux. Après une prise d’otages et des retrouvailles ultra-violentes avec Lily et Carol, ces quatre là montent à bord d’une voiture et c’est parti pour une course-poursuite qui les mène dans les paysages arides américains. Sexe, drogue, alcool, sang, violence : ce premier roman de Philippe Djian introduit en fanfare son style ultra direct et ultra efficace, à la fois limpide et inquiétant. De quoi le désigner dès lors comme un héritier de la Beat Generation, ce que les critiques ne se privèrent pas de faire à l’époque, en 1983. En tout cas, Bleu comme l’enfer résonne toujours autant aujourd’hui.

 "Bleu comme l’enfer" de Philippe Djian, J'ai Lu.

5 /10

"Back to the roots" féminin : "Wild" de Cheryl Strayed

"Back to the roots" féminin : "Wild" de Cheryl Strayed

Lorsque Cheryl Strayed décide d’enfiler un sac à dos pour parcourir les 1 700 kilomètres de la randonnée du Pacific Crest Trail (le chemin des crêtes du Pacifique), qui relie le Mexique au Canada, elle va mal. Très mal, même : son mariage est un échec, sa mère est morte et son addiction à la drogue a fait d’elle une épave de 26 ans. Mais cette longue marche va lui donner redonner goût à la vie et foi en son destin d’écrivain – elle dévore des livres tout au long de son périple. On ne lâche pas ce récit autobiographique qui nous raconte son passé torturé que sa renaissance via ce challenge physique salvateur. Un road trip à pied façon girl power !

"Wild" de Cheryl Strayed, 10/18.

6 /10

Vagabond céleste : "La Route" de Jack London

Vagabond céleste : "La Route" de Jack London

C’est en pensant à London qu’un autre Jack célèbre de la littérature, Kerouac, baptisa son best-seller Sur la route. Durant deux ans, de 1893 à 1894, il traverse les Etats-Unis en fraudant dans les trains et mène une vie de "hobo" durant laquelle il affirme son engagement politique (en 1896, il adhère au Socialist Labor Party) et sa volonté de s’affranchir de sa condition d’homme pauvre, soumis à un esclavagisme moderne en usine. Ses aventures nomades se terminent brutalement lorsqu’il est arrêté pour vagabondage en juin 1894 et incarcéré pendant un mois dans une prison de Buffalo. Mais elles sont immortalisées via ce magnifique récit d’aventure, d’amitié et d’engagement – artistique, social – devenu un incontournable de la littérature américaine.

"La Route" de Jack London, Phébus.

7 /10

Trip sous substances : "Las Vegas Parano" de Hunter S. Thompson

Trip sous substances : "Las Vegas Parano" de Hunter S. Thompson

Signé en 1971 par Hunter S. Thompson, grand gourou du journalisme gonzo (qui désigne un journalisme volontairement subjectif et politiquement incorrect), Las Vegas Parano transporte le lecteur à bord d’une Cadillac blanche décapotable, conduite par un journaliste et son avocat, partis pour un reportage sur une course de moto à Las Vegas. "Le coffre de la voiture ressemblait à un labo ambulant de la brigade des stupéfiants : nous avions deux sacoches d’herbe, 75 pastilles de mescaline, 5 feuilles d’acide-buvard carabiné, une demi-salière de cocaïne, et une galaxie complète et multicolore de remontants, tranquillisants, hurlants, désopilants… sans oublier un litre de tequila, un litre de rhum, un carton de Budweiser, un demi-litre d’éther pur et deux douzaines d’ampoules de nitrite d’amyle." Défoncés, ivres morts et volontiers paranos, les deux compères sont allergiques au moindre flic qui passe et à la guerre. Franchement trippant !

"Las Vegas Parano" de Hunter S. Thompson, Folio.

8 /10

Lune de miel sur 2000 kilomètres : "La ballade du rossignol roulant" de Francis Scott Fitzgerald

Lune de miel sur 2000 kilomètres : "La ballade du rossignol roulant" de Francis Scott Fitzgerald

1920. Francis Scott Fitzgerald vient d’épouser Zelda Zonk. C’est le temps du bonheur, avant les déchirures et les drames à venir. Un beau matin, Mrs Fitzgerald se réveille avec une envie de pêches et de biscuits tels qu’elle en mangeait en Alabama, sa région natale. Fou d’amour pour sa belle, son époux lui propose illico presto de descendre du Connecticut vers le sud des Etats-Unis, pendant 2000 kilomètres, à bord d’une vieille Marmon d’occasion surnommée "Rossignol". Racontant ses impressions sur les populations réacs et intolérantes qui sévissent dans les états sudistes et la vie à la fois snob et bohème menée par le jeune couple, ce road trip jeté sur papier s’illustre par sa fraîcheur, sa gaîté aussi – malgré la mélancolie, déjà très présente, de l’auteur de Gatsby le Magnifique.

"La ballade du rossignol roulant" de Francis Scott Fitzgerald, Livre de Poche.

9 /10

Se brûler les ailes : "La musique du hasard" de Paul Auster

Se brûler les ailes : "La musique du hasard" de Paul Auster

Lorsque Jim Nashe, pompier de son métier, hérite de son père, il plaque tout sauf sa voiture, qui deviendra sa meilleure compagne durant des mois passés à sillonner les Etats-Unis. Puis l’argent vient à manquer, sa famille lui semble définitivement perdue et il est au bord du précipice : c’est là que débute La musique du hasard. Et qu’il rencontre un joueur de poker, Jack, qui va dévier sa trajectoire de vie jusqu’à le mener entre les quatre murs de la propriété de riches paranoïaques. On voyage souvent dans les romans de Paul Auster, mais celui-ci est sans doute le plus nomade, d’abord géographiquement puis mentalement, et le plus fataliste également : la liberté peut être question de vie ou de mort. Impressionnant.

"La musique du hasard" de Paul Auster , Babel.

10 /10

"L’amour (pédophile) en fuite" : Lolita de Vladimir Nabokov

"L’amour (pédophile) en fuite" : Lolita de Vladimir Nabokov

On connaît l’histoire de la petite Dolorès devenue Lolita, terme générique désignant une nymphette à la fois perverse et manipulable. Celle qu’a inventé Nabokov, au détour de cet extraordinaire roman rivalisant d’humour acide et de tragi-comédie plus politique qu’elle en a l’air. Lorsque le narrateur, Humbert Humbert, réussit à enlever Lolita par des procédés que l’on ne révélera pas ici, il n’a d’autre choix que de rouler à travers l’Amérique pour cacher sa pédophilie, aux yeux de la société mais aussi de sa jeune victime, la tête tournée par les kilomètres. "Des heures durant, mettant ainsi en branle la carte des Etats-Unis, je m’évertuais à la convaincre que nous ne roulions pas au hasard mais vers une destination précise, vers un plaisir exceptionnel"… Cette destination précise sera synonyme de médiocrité. Un très grand classique.

Lolita de Vladimir Nabokov, Folio.

Sophie Rosemont

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