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Litt List : 5 livres parfaits pour la plage

Passion Texas : "Ruby" de Cynthia Bond Passion faux-semblants : "La fille du train" de Paula Hawkins Passion Basquiat : "Eroica" de Pierre Ducrozet Passion horreur : "Les Amazoniques" de Boris Dokmak 4

Envie de jungle –?ou de jungle urbaine?– de Cayenne, de Londres ou d’Amérique, de femmes puissantes ou d’hommes tourmentés?? Parmi ces quatre livres, tout y est. Reste à choisir lequel vous accompagnera à la plage.

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Passion Texas : "Ruby" de Cynthia Bond

Passion Texas : "Ruby" de Cynthia Bond

Pour Ephram, rejeton afro d’un révérend violent et d’une mère internée, Ruby restera la petite orpheline à la peau caramel et aux cils trop longs, croisée un jour de pluie près du lac de Liberty, dans l’est du Texas. Pourtant vingt ans plus tard, la gamine s’est muée en une liane noire en robe lamée, parfumée d’un doigt de Chanel N° 19. Dans les speakeasy jazzy du New York des années 60, elle envoûte poètes et voyous, se vend aux Noirs comme aux Blancs et leur soutire bijoux, sperme et argent. Rappelée par sa famille, Ruby quitte un jour Manhattan et la bohème libertaire pour retrouver le Sud de son enfance, la ségrégation, la misère et l’humiliation. Et Ephram aussi, qui n’a pas oublié la fillette aux cils trop longs. Roman époustouflant de violence, de beauté et de perversion, Ruby sublime l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire américaine. Racisme, machisme, barbarie, à travers l’épopée de son héroïne noire et froissée, Cynthia Bond met au jour les vices et les maux d’une humanité historiquement dégénérée et exhume les fantômes d’une société qui, sous son vernis rutilant – et comme ne cessent de nous le rappeler les tragédies d’aujourd’hui – est loin de s’être apaisée.

"Ruby", de Cynthia Bond, Christian Bourgois, 416  p., 22 €.

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Passion faux-semblants : "La fille du train" de Paula Hawkins

Passion faux-semblants : "La fille du train" de Paula Hawkins

En littérature comme ailleurs, il arrive qu’un grand succès fasse des petits. Ainsi Gone Girl, le best-seller de Gillian Flynn, vendu à plus de deux millions d’exemplaires et adapté au cinéma en 2014 par David Fincher, a installé dans le genre du polar un nouveau type de narration : féminine, insatisfaite, et surtout peu fiable. Très digne successeur des Apparences, La Fille du train est un roman polyphonique, où un trio de femmes plutôt très désespérées se partage le soin de raconter l’histoire. Tous les matins, Rachel prend le train de banlieue pour rejoindre Londres. Tous les matins, alors que le train marque l’arrêt dans un patelin tranquille, Rachel observe par la fenêtre un couple parfait. Elle les appelle Jason et Jess. Ils sont beaux, ont l’air heureux, elle leur invente un mariage de rêve. Le jour où Rachel aperçoit par la fenêtre un autre homme dans les bras de Jess, c’est son univers qui bascule. Qu’est-il donc arrivé au couple parfait ? Il y a du Fenêtre sur cour dans ce roman, et aussi un sulfureux parfum qui rappelle Apparences (2000), le film de Robert ZemeckisMichelle Pfeiffer croyait perdre la raison face à son mari trop lisse. Les titres se confondent, le sujet est le même : quels terribles secrets se cachent sous le vernis rutilant dont brillent les couples heureux ? La réponse est toujours sombre, mais rarement où on l’attend. Mené de main de maître, tordu à souhait, La Fille du train a tout du best-seller de l’été. 

"La Fille du train", de Paula Hawkins, Sonatine, 528  p., 21 €.

 

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Passion Basquiat : "Eroica" de Pierre Ducrozet

Passion Basquiat : "Eroica" de Pierre Ducrozet

Dreadlocks anarchiques, pieds nus et silhouette famélique, devant la toile, Jean-Michel Basquiat s’agite, s’élance, hésite, se balance. On dirait une danse arythmique ou une transe mystique. Du bout de ses pinceaux enfiévrés, il fixe les corps, la rage, les maux ; il peint "les rues, les rois, les héros". Tout a commencé avec SAMO (son pseudo de graffeur dans les années 70, acronyme de Same Old Shit), tout s’achève avec l’héro. Des premières facéties du galopin mi-haïtien mi-portoricain au mal-être de l’artiste mythique, Pierre Ducrozet, trentenaire exilé à Berlin, romance le destin fulgurant de l’ange noir à la grâce toxique, et nous précipite de l’autre côté de l’Atlantique. New York période arty eighties, Studio 54 et premiers beats hip-hop : de cette période électrique, Basquiat est à la fois le symbole, le témoin et la victime iconique. Il copine avec Haring, crée avec Warhol, et sort avec Madonna. Mythe ou réalité ? Peu importe pour Ducrozet. Il n’est pas biographe mais romancier, alors il se glisse dans les interstices de l’histoire, lit entre les lignes de gouache et s’en remet à l’imagination pour livrer sa propre composition. Et un grand livre, par la même occasion.

"Eroica", de Pierre Ducrozet, Grasset, 264 p., 19 €.

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Passion horreur : "Les Amazoniques" de Boris Dokmak

Passion horreur : "Les Amazoniques" de Boris Dokmak

Attention, tour de force ! Pour son deuxième livre, Boris Dokmak, jeune espoir du thriller français, situe son intrigue dans la touffeur de la forêt amazonienne mais son intrigue est à vous glacer le sang. Un meurtre mystérieux perpétré à des milliers de kilomètres de Paris, un flic un peu louche, ancien para, des bêtes qui grimpent, qui volent, qui grouillent… Le génie des Amazoniques est de délocaliser l’intrigue typique du polar dans un monde absolument exotique, où des Indiens réputés sanguinaires croisent le fer avec des colons blancs peu recommandables, où la moisissure grignote tout, où la moiteur et l’humidité changent chaque geste en effort, et chaque égratignure en plaie purulente. Quand Saint-Mars, alias SM, atterrit à Cayenne pour élucider un crime, c’est un autre univers qui se déploie sous ses yeux. Le but : retrouver Loiseau, l’ethnologue français soupçonné d’avoir tranché la gorge de McHenry, un citoyen américain. Le hic : cela s’est déroulé sur le territoire des Arums, une tribu indienne réputée pour ses penchants cannibales. Hommage appuyé au film culte Cannibal Holocaust, Les Amazoniques surfe entre thriller et horreur, et ravira les fans de littérature de genre. Même pas peur ?

"Les Amazoniques", de Boris Dokmak, Ring, 429 p., 19,95 €.

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