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Litt List : 10 livres pour voyager aux Etats-Unis

Recherche Cressinda désespérément : "Carthage" de Joyce Carol Oates Scout s’en retourne en guerre contre le racisme : "Va et poste une sentinelle" d Fresque familiale sur la côte Est : "Le livre des Baltimore" de Joël Dicker Black power et petites pépées : "Du temps où j’étais mac" d’Iceberg Slim 10

Qu’ils soient ou non originaire des Etats-Unis, ces dix écrivains en ont fait leur terrain de jeux narratif. L’Amérique dans tous ses états !

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Recherche Cressinda désespérément : "Carthage" de Joyce Carol Oates

Recherche Cressinda désespérément : "Carthage" de Joyce Carol Oates

Carthage, état de New York, 2005. Les Mayfield était une famille apparemment unie : les parents, Zeno et Arlette, et leurs deux filles, la "belle" Juliet et l'"intelligente" Cressinda. Mais aujourd’hui, on cherche le corps de la cadette à travers les broussailles d’une réserve locale. On ne la trouve pas. On sait seulement qu’elle était, la veille, en compagnie du caporal Brett Kincaid, revenu traumatisé et handicapé de la guerre en Irak… et qui était fiancé à Juliet ! Avec ce long roman d’une puissance fidèle au potentiel littéraire de Carol Joyce Oates, la conscience et l’inconscience humaines sont toujours sondées avec empathie.

"Carthage" de Joyce Carol Oates, Philippe Rey.

 

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Scout s’en retourne en guerre contre le racisme : "Va et poste une sentinelle" d'Harper Lee

Scout s’en retourne en guerre contre le racisme : "Va et poste une sentinelle" d

La voici enfin traduite en français (par Pierre Demarty), la suite du légendaire Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, best-seller de la romancière américaine Harper Lee, qui évoquait la ségrégation avec autant de lucidité que de bons sentiments. Cette fois, nous sommes dans les années 50. La petite et turbulente héroïne Jean Louise, alias Scout, est désormais âgée de 26 ans et a volé de ses propres ailes à New York… jusqu’à son retour à Maycomb, Alabama, toujours en prises avec le conservatisme. Elle va découvrir son père, le juste Atticus,  et son ami d’enfance Hank sous un jour nouveau – loin d’être le meilleur. Posant des questions auxquelles on ne s’attendait pas, Va et poste une sentinelle est une suite digne de ce nom.

"Va et poste une sentinelle" d'Harper Lee, Grasset.

3 /10

Fresque familiale sur la côte Est : "Le livre des Baltimore" de Joël Dicker

Fresque familiale sur la côte Est : "Le livre des Baltimore" de Joël Dicker

Après l’immense succès de La vérité sur l’affaire Harry Quibert (1,5 millions d’exemplaires vendus en France), l’écrivain suisse plante à son nouveau son décor sur la Côte Est américaine. On y retrouve avec plaisir Marcus Goldman, qui se charge de raconter une saga familiale, celle des Goldman de Baltimore (Maryland) et des Goldman de Montclair (New Jersey). Si leurs classes sociales sont distinctes, elles seront réunies par un seul et même drame, via trois cousins liés "à la vie à la mort", Hillel, Woody et Marcus, Joël Dicker construit un nouveau récit accrocheur dans lequel on se laisse facilement prendre. L’histoire de la littérature est loin d’être révolutionnée, mais quel plaisir de lecture !

"Le livre des Baltimore" de Joël Dicker, Editions de Fallois.

4 /10

Black power et petites pépées : "Du temps où j’étais mac" d’Iceberg Slim

Black power et petites pépées : "Du temps où j’étais mac" d’Iceberg Slim

Né Robert Lee Maupin en 1918, à Chicago, Iceberg Slim passa 25 ans à faire le mac de luxe, liasse de billets dans les poches, piqures de seringue sur les bras et prostituées à ses bottes… Jusqu’à un énième séjour en prison où il compris que sa destinée ne se trouvait pas là. Devenu célèbre avec sa Trilogie du Ghetto, à la fin des Seventies, il écrivit d’autres textes tout aussi directs, vifs et cérébraux – tels ceux réunis dans Du temps où j’étais mac, découverts sur le tard. On y lit des histoires truculentes sur la loi de la rue mais aussi sur cette jeune fille qu’il sauve de la mort à Chicago et qu’il retrouve "blanchie » sur les collines de L.A., une lettre bouleversante à son père, qui l’avant abandonné bébé… Derrière l’humour féroce, explose un engagement tout aussi virulent contre la suprématie blanche américaine.

"Du temps où j’étais mac" d’Iceberg Slim, Belfond.

 

5 /10

Crimes et châtiments à New York : "Intérieur nuit" de Marisha Pessl

Crimes et châtiments à New York : "Intérieur nuit" de Marisha Pessl

Intérieur nuit est un trip ! Ce long roman convie aussi bien des photos que des captures d’écrans de recherches sur Internet, des photocopies d'articles de journaux, des documents judiciaires et même des pages noires. Tout débute à l’annonce de la découverte, dans un entrepôt de Chinatown, du corps d’Ashley, fille du Stanislas Cordova. Réalisateur mi Dario Argento, mi David Lynch, ce dernier semble des plus inquiétants. Journaliste, le héros Scott Mac Grath avait déjà enquêté sur les penchants les plus obscurs de Cordova, y perdant carrière et épouse. Aujourd’hui, il décide de rouvrir le dossier… Une longue quête à la frontière du fantastique qui fait froid dans le dos, remarquablement bien ficelée.

"Intérieur nuit" de Marisha Pessl, Gallimard.

6 /10

Orgueil et préjugés à l’américaine: "En toute franchise" de Richard Ford

Orgueil et préjugés à l’américaine: "En toute franchise" de Richard Ford

Ici, on retrouve avec plaisir Frank Bascombe, personnage fétiche de l’écrivain américain, que l’on a déjà suivi dans Indépendance ou Un week-end dans le Michigan. 2012, Floride : à 68 ans, retraité, Bascombe est enfin retraité mais se retrouve embourbé dans les stigmates de l’ouragan Sandy, tout en devant faire face à ses problématiques personnelles, ses préjugés, ses ambitions déçues et ses cicatrices affectives… On est à la veille du second mandat du Président Obama, lorsque ce dernier lutte contre Mitt Romney. Tout espoir est permis, c’est d’ailleurs ce qui nous permet de vivre – en témoignent les quatre tranches de vie que Ford nous rapporte avec son indéniable talent de conteur.

"En toute franchise" de Richard Ford, Editions de l'Olivier.

7 /10

Le racisme dans la peau : "Délivrances" de Toni Morrison

Le racisme dans la peau : "Délivrances" de Toni Morrison

Après avoir essayé de se débarrasser de son enfance traumatique (sa mère, Sweetness, la rejetait à cause de sa peau trop foncée), la sublime Lula Ann est devenue Bride, jeune femme à l’éclatante réussite. Mais son passé va se charger de lui rappeler qui elle est… ou pas. À 84 ans, Toni Morrison écrit toujours aussi merveilleusement bien, et ce Délivrances, où chaque personne a droit à la parole, est un pur concentré littéraire à la fois poétique, fantastique et social. Avec, comme toile de fond, ce racisme dont ne semble jamais se débarrasser le monde, et les Etats-Unis avec… On n’est pas prêt d’oublier les pérégrinations de Bride, dont le corps subira, à sa manière, les transformations psychologiques.

"Délivrances" de Toni Morrison, Christian Bourgois.

8 /10

L.A. à feu et à sang : "Six jours" de Ryan Gattis

L.A. à feu et à sang : "Six jours" de Ryan Gattis

29 avril 1992. Suite à l'acquittement des policiers (blancs) de la LAPD ayant battu à mort Rodney King (noir), Los Angeles plonge dans une violence jamais vue auparavant, qui ne prend fin que le 4 mai. 11 000 arrestations, 2 300 blessés, 11 000 incendies volontaires et plus de 60 morts… S’ouvrant sur l’exécution injuste d’Ernesto, littéralement massacré sur le bitume par des voyous d’un gang hispanique, et sur la revanche de sa sœur, le roman suit plus d’une quinzaine de personnages, bons ou méchants, agresseurs ou victimes, du dealer à l’infirmière… Avec ce premier roman, au style sobre mais percutant, Ryan Gattis met la barre très haut. Et démontre à quel point la violence ne demande, parfois, qu’une simple étincelle pour se déchaîner.

"Six jours" de Ryan Gattis, Fayard.

9 /10

Peace & love version 2.0 : "Corps subtils" de Norman Rush

Peace & love version 2.0 : "Corps subtils" de Norman Rush

Norman Rush avait 53 ans lors de la publication de son premier livre, en 1986. Depuis, il ne cesse de nous convaincre de son talent – d’écrivain, mais aussi de penseur, expert en décryptage de la société américaine. Avec Corps subtils, nous plongeons dans les fièvres antimilitaristes (utopistes ?) de Ned, farouchement engagé contre la guerre d’Irak. Lorsque Douglas, celui qui menait la petite bande d’étudiants idéalistes dont il faisait partie, meurt brusquement, il part retrouver ses anciens amis – désillusionnés – dans la demeure de celui-ci… Quels camps ont-ils aujourd’hui choisi ? Pendant ce temps, Nina, son épouse, le poursuit, afin qu’ils puissent enfin procréer ! Tantôt comique, tantôt émouvant, Corps subtils porte bien son nom.

"Corps subtils" de Norman Rush, Payot.

10 /10

Détourner les credos du ghetto : "Moi contre les Etats-Unis d'Amérique" de Paul Beatty

Détourner les credos du ghetto : "Moi contre les Etats-Unis d

Si Bonbon, jeune Afro-américain d’un quartier défavorisé de Los Angeles, a grandi dans le culte du Black Power, il se décide un jour à appliquer une drôle de théorie, celle d’un système ségrégationniste à l’ancienne. Avec, pour l’aider, son propre esclave, Hominy. Satirique et percutant, le nouveau roman de Paul Beatty est fidèle à son style et à ses idées, profondément humanistes sous couvert d’humour cynique. "Etre noir n’est plus que ce que c’était", écrit-il, dans un seul et même objectif : nous faire comprendre que les droits de l’homme ne sont pas les mêmes partout, quelle que soit notre bonne volonté. Un roman acide et pertinent.

"Moi contre les Etats-Unis" d'Amérique de Paul Beatty, Cambourakis.

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