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Les 12 meilleurs livres de 2011

Emmanuel Carrère, Limonov (P.O.L.)
 Jérome Leroy, Le Bloc (Gallimard Série Noire) Jean Rolin, Le ravissement de Britney Spears (P.O.L.)
 David Vann, Désolations (Gallmeister) 12

De "Limonov" d'Emmanuel Carrère à "Freedom" de Jonathan Franzen, Glamour revient pour vous sur les bouquins qu'il fallait lire cette année.

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Emmanuel Carrère, Limonov (P.O.L.)


Emmanuel Carrère, Limonov (P.O.L.)


L’auteur de L’Adversaire s’attache dans son dernier roman à la personnalité d’Edouard Limonov, poète et écrivain russe au parcours erratique. Dissident à Moscou à la fin des années 60, clochard à New York dans les années 70, romancier branché à Paris dans les années 80, Limonov prend fait et cause pour les Serbes de Bosnie au début des années 90 et se rêve alors leader politique… Rentrant en Russie pour fonder un parti réactionnaire et slavophile: les Nationaux Bolcheviques qui pourtant s’opposent aujourd’hui violemment à Vladimir Poutine… Pourquoi veut-on échapper à son destin ? Qu’est-ce qui fait un fasciste ? Comment, avec nos lunettes d’Occidentaux, lire la si paradoxale histoire récente de la Russie? Avec ce véritable roman d’aventure moderne Emmanuel Carrère parvient à répondre à toutes les questions que pose son personnage hors norme.

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Jérome Leroy, Le Bloc (Gallimard Série Noire)

Jérome Leroy, Le Bloc (Gallimard Série Noire)

On ne vous en a pas encore parlé sur ce site et on a eu tort… Car Le Bloc de Jérôme Leroy est à notre avis le meilleur polar de la saison et c’est même beaucoup plus qu’un polar: un roman social, politique et d’anticipation, empreint d’une certaine poésie. Alors que les banlieues sont en proie à des émeutes, le Bloc, un parti d’extrême droite, négocie toute une nuit pour entrer au gouvernement. Cette même nuit deux hommes se souviennent. L’un, écrivain hussard un peu veule, est devenu l’idéologue du parti par amour pour la fille du chef qui lui a succédé. L’autre, ancien skin prolo longtemps chef du service d’ordre du parti, est poursuivi pas ses anciens subordonnés car sa mort fait partie de l’accord secret entre le gouvernement et le Bloc. Jérôme Leroy use d’une langue précise, enlevée et classique (une écriture de droite ?) mais s’en sert pour stigmatiser les idées qui, trop souvent, vont avec.

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Jean Rolin, Le ravissement de Britney Spears (P.O.L.)


Jean Rolin, Le ravissement de Britney Spears (P.O.L.)


Jean Rolin nous avait habitués à se focaliser sur les exclus du libéralisme et les victimes de guerres fratricides (Zones, La Clôture, Terminal Frigo)… Il s’attache dans son nouveau roman à Britney Spears, Lindsay Lohan, Kim Kardashian et consorts, sans se départir de son style élégant et de son humour retenu. Un espion français sur le retour est chargé de surveiller discrètement Britney Spears, menacée d’enlèvement par des islamistes. Jean Rolin en profite pour nous décrire les deux faces de la ville de la célébrité: stars en 4X4 d’un côté, femmes de ménage et SDF croisés dans le bus de l’autre… Une balade dans le Los Angeles des It Girls pour réaliser que le monde de paillettes qui squatte nos écrans nous est tout aussi étranger que celui des exclus qui peuplaient les précédents romans de Rolin.

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David Vann, Désolations (Gallmeister)

David Vann, Désolations (Gallmeister)

Auteur de Sukkwan Island, Prix Médicis étranger en 2010…
 David Vann s’essaie au grand roman américain avec Désolations. Garry, étudiant à Berkeley dans les années 60, a tout abandonné pour une vie moins artificielle en Alaska. Sa femme et ses enfants l’ont suivi sans conviction dans son rêve de nature et de simplicité. Mais, quand il se met en tête de construire une cabane sur une île déserte, elle devient le symbole de leurs frustrations communes. Une parabole lumineuse et oppressante sur la nature comme révélateur de notre vérité et de nos névroses.

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Dalibor Frioux, Brut (Le Seuil)


Dalibor Frioux, Brut (Le Seuil)


Au milieu du vingt-et-unième siècle, la Norvège est devenu le pays le plus prospère du monde alors que le reste de la planète se débat dans une crise énergétique sans fin. Grace à son pétrole, le Royaume est à la tête d’un fond souverain gigantesque qui lui permet d’investir dans l’économie internationale selon les critères éthiques, écologiques et sociaux qui sont les siens… A 42 ans, l’essayiste et professeur de philosophie Dalibor Frioux publie un premier roman dense et complexe. On y découvre un pays trop bien portant, peinant à trouver un sens à sa propre prospérité, à l'image de notre civilisation occidentale vieillissante.

6 /12

Jean-Paul Dubois, Le Cas Sneijder (l’Olivier)


Jean-Paul Dubois, Le Cas Sneijder (l’Olivier)


Le cas Sneijder du titre, c'est Paul Sneijder sortant miraculeusement d’un accident d’ascenseur qui a couté la vie à sa fille. Depuis, il regarde sa seconde femme, executive woman qui l'a emmené vivre à Montréal, d’un œil distant et désapprobateur. Et ne pense plus qu’à se documenter sur les ascenseurs et à faire les longues balades que lui autorisent son nouveau métier de dog-sitter. Ce portrait d’un homme qui s’éloigne du matérialisme bas du front de son entourage partage avec les précédents livres de Dubois (Une vie française, Kennedy et moi…) une misanthropie amusée. Où l'on retrouve le charme de cet écrivain à nul autre pareil pour parler des sentiments masculins.

7 /12

Paul Auster, Sunset Park (Actes Sud)


Paul Auster, Sunset Park (Actes Sud)


On retrouve dans Sunset Park les obsessions de La trilogie new-yorkaise ou de Moon Palace. Chez Auster, il est souvent question d’un jeune homme qui tente d’échapper aux conséquences de ses actes. Paradoxalement on prend d’autant plus plaisir à suivre sa fuite en avant que l’on sait qu’elle est vaine. Ici, après avoir accidentellement tué son demi-frère, Miles Heller a renoncé au brillant avenir qui l’attendait pour vivre pauvrement en débarrassant des maisons saisies en Floride. Mais un jour il doit rentrer à New York et se confronter à ses parents. Sunset Park retrouve la tension post-adolescente qui faisait les grands livres de Paul Auster.

8 /12

Matthias Debureaux, Les dictateurs font très bien l’amour (illustré par Stéphane Manel, Nil)


Matthias Debureaux, Les dictateurs font très bien l’amour (illustré par Stéphane Manel, Nil)


Le rendez-vous entre Marcel Marlier, le père de Martine, et Michael Jackson n’est pas sorti du cerveau détraqué de Matthias Debureaux. Il a bien eu lieu en 1997 à Paris… Il pourrait en rajouter, manier le double sens et l’ironie à propos du chanteur ami des enfants. Mais non, il le raconte simplement, brillamment, dans son livre consacré aux plus improbables rencontres du XXe siècle. Croquant d’une plume impeccable Johnny Hallyday et Francis Bacon, Björn Borg et Nicolae Ceausescu, ou encore Ava Gardner et Fidel Castro s’aimant au dernier étage du Hilton La Havane, en pleine révolution cubaine -le texte qui donne son titre au recueil.

9 /12

Serge Doubrovsky, Un homme de passage (Grasset)


Serge Doubrovsky, Un homme de passage (Grasset)


Père de l’autofiction, professeur de littérature française aux Etats-Unis pendant presque 50 ans, Serge Doubrovsky est rentré en France en 2006. En faisant ses valises, il a trié tous les souvenirs d’une vie bien remplie et c’est ainsi qu’est né Un homme de passage. Ce passant, ce passeur, c’est lui. Un homme de presque 80 ans qui veut transmettre, faire passer les souvenirs d’un monde qui n’existe plus. Normal Sup au lendemain de la guerre, Harvard dans les années 50, son oncle machiste trompant sa femme sans songer à divorcer, lui quittant la sienne puis délaissé par sa maîtresse en pleine tourmente féministe… Une véritable histoire des mœurs au ton totalement personnel.

10 /12

Nicolas Fargues, Tu verras (P.O.L.)


Nicolas Fargues, Tu verras (P.O.L.)


Le nouveau roman de Nicolas Fargues explore une note tragique. Le narrateur a perdu Clément, son fils de 12 ans, dans un accident inexplicable. Tu verras, lui répétait-il pour un oui ou pour un non et aujourd’hui ça n’a plus de sens. Il se repenche donc douloureusement sur son éducation et ses admonestations futiles, sur le slip qui dépasse du jean ou l’accent de banlieue adopté par son fils. Un roman qui n’est tendre ni avec la culture ado formatée, ni avec les parents divorcés qui font passer leur nouvelle vie devant les aspirations de leurs enfants.

11 /12

Jonathan Lethem, Chronic City (L’Olivier)


Jonathan Lethem, Chronic City (L’Olivier)


Dans Chronic City, il n’est jamais question du 11 septembre, mais plutôt d’un New York ayant basculé dans une réalité alternative suite à un évènement indéterminé. Au sud de Manhattan, le trou béant surplombé d’un nuage de brouillard gris n’est pas le résultat d’un attentat, mais l’œuvre d’un artiste contemporain… Ailleurs un tigre géant terrorise la ville... À moins qu’il ne s’agisse d’une foreuse de ligne de métro devenue incontrôlable. Post-moderne et actuel, profond et rigolo: le roman branché et de l’année.

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Jonathan Franzen, Freedom (l’Olivier)


Jonathan Franzen, Freedom (l’Olivier)


Freedom est un grand roman américain qui s’attache à la vie d’une famille sur trois générations. Patty, l’héroïne principale, a longtemps hésité entre Richard le rocker et Walter, son meilleur ami plus terne. Avec lui, elle forme désormais un couple de bobos écolos et bien pensant… Tellement parfaits qu’ils finiront par agacer leur fils Joey, et à le pousser à devenir un farouche républicain fan de George W. Bush… Une fresque riche et passionnante à laquelle on reprochera quand même son moralisme sous-jacent. Présenté comme la chronique du vague à l’âme de la gauche américaine, Freedom se révèle une défense et une illustration des valeurs familiales les plus traditionnelles.

Jacques Braunstein
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