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Interviews : à la rencontre des auteurs stars du polar

George Pelecanos, le plus people Camilla Läckberg, la plus glamour R.J. Ellory, le plus yankee Åsa Larsson, la plus naturelle 7

Ce week-end, le genre policier était célébré au festival Quais du Polar à Lyon. A cette occasion, Glamour est allé à la rencontre de sept stars dont les livres nous tiennent éveillés toute la nuit.

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George Pelecanos, le plus people

George Pelecanos, le plus people

Célèbre grâce à la série The Wire pour laquelle il signait le scénario, George Pelecanos jouit aujourd'hui d'une réputation solide en tant qu'auteur. Si ses recherches auprès de la police sont dorénavant plus faciles depuis que son nom est connu, sa carrière sur le petit écran s'est également lancée. En plus de Treme et The Pacific, l'écrivain vient de signer le pilote d'une nouvelle série policière qui pourrait bientôt voir le jour. 

Pour celles qui ne vous connaîtraient pas, lequel de vos livres devrait-on lire en premier ?

Je dirais Les Jardins de la mort parce qu'il se détache du reste de mes livres. C’est un bon polar et il me semble que les gens l’apprécient. Mais mon livre favori est Hard revolution. Il parle d’un grand évènement à Washington qui est aussi un grand évènement de ma vie : les émeutes de 1968 après l’assassinat de Martin Lutter King. C'était un sujet sur lequel je voulais écrire mais j’ai attendu longtemps avant d'oser en parler. Au final, j’ai mis douze livres à me dire que je pouvais le faire et que j’étais assez bon pour m'y mettre. Je me suis vraiment investi dans ce roman puisque j’ai mis environ un an à l'écrire alors que je termine un livre en cinq mois habituellement.

Comment écrivez-vous un roman ?

J’écris toujours tous mes romans de la même façon. Je fais mes recherches en amont pendant deux mois et après je commence à écrire. Je n’ai pas de plan et je travaille sept jours sur sept pendant cinq mois. Je fais deux sessions par jour, celle du matin et celle du soir. Une fois la première session terminée, je vais faire du sport, la plupart du temps, je prends mon vélo pour me balader dans la ville. Le soir quand je rentre, je corrige mon travail du matin. Et j’avance de cette façon jusqu’à ce que je finisse mon livre. En écrivant pour une série comme The Wire, je me suis retrouvé dans une salle avec d’autres écrivains, ce qui ne m’était jamais arrivé avant. C’était la première fois que je parlais du travail d’écriture avec d’autres auteurs, ce qui m’a permis de m’améliorer. Maintenant, je dirais que mon écriture est plus épurée et plus rythmée.

Après avoir écrit pour la télé, êtes-vous tenté par le cinéma ?

Oui, je voudrais faire des films, mais je ne veux pas adapter mes livres. Je trouverais ça trop difficile. Si quelqu’un comme Scorcese s’attelait à la tâche, j’en serais très honoré. Côté casting, je verrais bien Tom Hardy ou Garrett Hedlund pour jouer le rôle de deux détectives. Ce sont des acteurs qui sont aussi des durs à cuire. D'ailleurs, j’ai écrit le premier épisode d’une série avec le personnage de Spero Lucas et je trouve que ce dernier serait parfait dans le rôle. En ce moment je regarde des séries comme The Americans et The Bridge qui sont des séries policières... Et ça peut étonner mais je suis aussi fan de Game of Thrones, alors que je n’aime pas l'univers de la fantaisie normalement.

Ses 3 polars préférés

- Clockers de Richard Price
Parce que c'est le livre qui m’a motivé à changer de direction parce qu’il a emmené le polar vers de nouveaux horizons. L'auteur a exploré des thèmes sociaux et m’a beaucoup inspiré.

- The Deep Blue Good-By de John D Mc Donalds
Parce que c'est le premier roman policier que j’ai lu. Il a eu beaucoup d’impact sur moi et c’est un bon livre, très intense psychologiquement.

- Sur un air de navaja de Raymond Chandler
Parce c'est un classique de la littérature et le meilleur livre de l’auteur.

2 /7

Camilla Läckberg, la plus glamour

Camilla Läckberg, la plus glamour

Camilla Läckberg a eu la chance de réaliser son rêve en devenant auteur de polars. Après le succès de sa série portée par les personnages de Patrick Hedstrom et Erica Falckk, elle s'est tournée vers d'autres horizons : les livres pour enfants, les livres de cuisine et même des compétitions de danse. Sans pour autant arrêter de nous passionner avec ce couple qui résout des enquêtes et qui reste son premier amour.

Que cherchez-vous à transmettre à travers votre écriture ?

Mon but principal, c’est que les gens puissent s’identifier à mes personnages. Le meilleur compliment qu’on ait pu me faire, c’est quand les lecteurs me disent qu'ils pourraient inviter Patrick Hedstrom et Erica Falckk à dîner. C'est important pour moi d'être un auteur présent pour les lecteurs, qui ne se voile pas dans le mystère. C’est pour ça que je suis une personne publique, très présente sur les réseaux sociaux.

Vous avez participez à Danse avec les stars dans votre pays, la Suède. Vous n'avez pas eu peur que ça fasse de l'ombre à votre carrière d'écrivain ?

C’est une émisssion très populaire en Suède et je n’ai jamais pensé à ma carrière d’auteur quand je me suis lancée dans l’aventure. Je voulais tester quelque chose de différent et je m’attendais à recevoir des critiques du monde littéraire, mais pas du tout. Les gens ne s’attendent pas à ce que je rentre dans les rangs. En plus, j'ai vraiment découvert une nouvelle passion et je fais des compétitions de danse depuis.

Et si vos livres étaient adaptés à Hollywood ?

Si ça devait arriver, je voudrais que ce soit Spielberg qui s’en occupe. Et je voudrais surtout que George Clooney décroche un des rôles principaux. Il faudrait qu’il soit stipulé sur le contrat que je dois aussi jouer dans le film. Mon apparition nécessiterait évidemment une scène d’amour avec Clooney où je devrais l’embrasser.

Ses 3 polars préférés

- Le Maître des illusions de Donna Tartt
Parce que c'est un classique et que ça fait peur. C’est bien raconté et on y retrouve le côté obscure de la nature humaine.

- Le parfum de Patrick Süskind
Parce que ça parle d’une personne, qui n’est pas mauvaise mais qui fait des choses mauvaises. On se sent mal pour lui.

- What I loved de Siri Hustvedt
Parce que c’est la femme de Paul Auster qui est moins connue que son mari alors que je trouve qu’elle écrit mieux. Et le sujet m’a toujours intrigué.

3 /7

R.J. Ellory, le plus yankee

R.J. Ellory, le plus yankee

Auteur anglais passionné par les Etats-Unis, R.J. Ellory écrit des livres policiers systématiquement situés outre-atlantique. Mais il ne se contente pas de ça. Il a pour projet de sortir un album de bande-dessinée, un livre de photos de voyage, un album de musique et prépare le scénario d’une série. Un artiste touche-à-tout décidemment plein de surprises.

Pour celles qui ne vous connaîtraient pas, lequel de vos livres devrait-on lire en premier ?

Je dirais Seul le silence puisque c’est plus connu. C’est d’ailleurs mon livre préféré parce qu’il est triste et dégage une certaine émotion. Je suis aussi très attaché à Vendetta parce que c’est une histoire audacieuse, assez déroutante qui m’a demandé beaucoup de recherches. J’y dépeins l'humain le plus mauvais de la planète mais le lecteur ne peut que finir par l’aimer, grâce à son code moral et l’amour de sa famille.

Comment écrivez-vous un livre ?

Quand je commence un roman, je ne fais que ça pendant quatre mois, tous les jours. Je me concentre sur un lieu et une période, le sentiment que je veux donner au lecteur et l’idée que je me fais des personnages. Pour Vendetta par exemple, j’avais l’acteur Andy Garcia en tête pour le personnage d’Ernesto Perez.

Est-ce vrai qu’Olivier Dahan a acheté les droits pour adapter Seul le monde à l’écran ?

Oui, mais le film ne sera fera pas parce qu’il a eu des désaccords avec sa société de production qui est propriétaire des droits. Je suis fan de cinéma, j’ai grandi en regardant les films classiques hollywoodiens avec ma grand-mère mais je pense que c’est le rêve de tous les écrivains de voir un jour son roman adapté au cinéma. Si un réalisateur devait m’appeler pour me demander les droits de mon livre ? Je voudrais que ce soit Clint Eastwood, Nicolas Winding Refn ou Alan J. Pakula. Mon casting rêvé pour Seul le silence serait : Casey Affleck dans le rôle de Joseph et il partagerait l’affiche avec Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman et Chris Cooper. Malheureusement, après le décès du grand Philip Seymour Hoffman, il faudrait que je revoie mes exigences à la baisse.

Ses 3 polars préférés

- Assurance sur la mort de James M. Cain
Parce que ça montre que personne n’est ni bon, ni mauvais, mais quelque part entre les deux.

- Le faucon maltais de Dashwill Hammett
Parce que j’aime son expression, son style, sa classe, son sens de l’humour et l’ambiance de ce roman.

- De sang-froid de Truman Capote
Parce que c’est le mélange parfait entre la réalité et la fiction et parce que je suis fan de l’auteur.

4 /7

Åsa Larsson, la plus naturelle

Åsa Larsson, la plus naturelle

C’est le nouveau phénomène venu de Suède. Auteur d’une série de cinq livres sur son héroïne Rebecka Martinsson, elle planche actuellement sur le sixième tome qui clôturera ce premier chapitre de sa vie d'écrivain. Bientôt, elle se lancera dans l’écriture de livres pour ado, pour donner envie de lire à un public jeune et surtout masculin.

Comment s'est passé la transition entre votre carrière d'avocate et celle d'auteur de polar ?

J’ai ressenti un vide dans ma vie au moment où je me suis mise à écrire. Je ne me serais jamais douté du succès qu’allait rencontrer mon livre et je suis très fière. J’étais tellement heureuse quand je l’écrivais. Ce premier roman restera mon préféré pour ces raisons. Quand j’ai commencé à l’écrire, j’étais en congé maternité de mon premier enfant et je l'ai fini quand j’étais également en congé de maternité mais pour mon deuxième enfant. En tout, j’ai mis trois ans à l’écrire. Ca va me faire très bizarre quand je terminerais d’écrire cette série, je ferais surement une petite dépression. En tout cas, je sais déjà comment le livre va se finir parce qu'il faut savoir quand s’arrêter. Depuis le succès de ma série, je sens la pression de bien faire mais j’arrive à la gérer et à faire avec. On me dit souvent que j’écris de façon plus littéraire et que je devrais faire d’autre chose que du polar, mais je n’ai pas forcément envie.

Parlez nous de votre personnage de Rebecka Martinsson...

Pour mon premier roman, je me sentais plus à l’aise en écrivant sur les femmes. Il fallait que Rebecka Martinsson me ressemble pour que ce soit plus facile. Donc elle fait le même métier que celui que je faisais avant, celui d'avocat et elle vient aussi du Nord comme moi. En revanche, ça lui est égal de savoir ce que les gens pensent d’elle alors que je m’en préoccupe beaucoup. Je pense qu’elle ne m’aurait pas apprecié et puis je suis aussi beaucoup plus sociable qu’elle.

Et si votre série était adapté à Hollywood ?

Un de mes livres à déjà été adapté au cinéma en Suède. Je suis très heureuse de l’adaptation, surtout parce que le film a été filmé dans ma ville natale à Kiruna, où se passe l’intrigue de mes romans. Je me sens très libre quand je termine un livre, ça ne me dérange pas que quelqu’un d’autre se l’approprie pour faire un film. Je trouve cela même très flatteur et très intéressant. A Hollywood, je verrais bien les frère Coen pour adapter mes livres. En revanche, je n’ai aucune idée pour le casting, je ne sais pas quelle actrice pourrait être Rebecka Martinsson.

Ses 3 polars préférés

- Le Maître des illusions de Donna Tartt

- La Petite Fille au tambour de John le Carré

- Les Lieux sombres de Gillian Flynn

Parce qu'ils sont bien écrits, pour leur atmosphère, leurs personnages forts et parce que ce sont des livres que l’on dévore et qu’on ne peut pas arrêter de lire avant d'en venir à bout.

5 /7

Caryl Férey, le plus voyageur

Caryl Férey, le plus voyageur

On a pu voir son livre Zulu adapté sur grand écran. Prochainement, Caryl Férey devrait faire un nouveau coup de poker au cinéma puisque son dernier roman Mapuche pourrait être adapté dans un long-métrage. En attendant, l’écrivain inspiré par les contrées lointaines sera bientôt de retour avec un nouveau livre, situé cette fois-ci au Chili

Pour celles qui ne vous connaîtraient pas, lequel de vos livres devrait-on lire en premier ?

Je dirais le dernier, Mapuche, parce que je m’améliore avec le temps. Mon livre se passe en Argentine et le sujet m’a beaucoup ému. Le personnage central est une femme parce que je préfère écrire sur les femmes. J’ai moins de pudeur en écrivant un personnage féminin, on met toujours de soi dans nos héros mais c’est moins visible lorsque je parle d’une femme, même si elle est très proche de moi. Mon livré préféré reste Zulu parce que c’est le premier à avoir abouti mais Mapuche est le plus émouvant selon moi.

Comment se passe votre processus d'écriture ?

Quand j’écris un roman, ça me prend environ quatre ans. Je voyage beaucoup dans les pays sur lesquels j’écris. Au début, je fais le même travail qu'un journaliste pendant ces séjours. Mes recherches durent environ un an et je fais le plan pendant une autre année. En général j’écris pendant un an et demi à raison de huit heures par jour. Ce qui m’inspire, ce sont surtout des causes, des êtres humains qui me touchent et un pays en particulier.

Et si Mapuche était adapté au cinéma ?

Sur grand écran, mon héroïne serait interprétée par Noomi Rapace. Cette actrice suédoise correspondrait bien à l'idée que je me fait de mon personnage. Le scénario de l'adaptation a déjà été signé par Guillaume Ivernel, mais au vu des résultats de Zulu, réalisé par Jérôme Salle, je ne sais pas si ça va se faire. Pourtant, j’ai adoré son film. Les acteurs, Orlando Bloom et Forest Whitaker, étaient formidables et le réalisateur a même tourné dans les lieux dont je parlais, qui étaient parfois dangereux.

Ses 3 polars

- Le grand nulle part de James Ellroy
Parce que James Ellroy m’a montré qu’on pouvait tout mettre dans des polars, des scènes d’amour, etc.

- L'homme aux lèvres de saphir de Hervé Le Corre,
Parce qu’il écrit magnifiquement bien.

- Une histoire d’amour radioactive d'Antoine Chainais 
Parce que c’est trash, super bien écrit, sur un sujet qui dérange et avec des scènes violentes.

6 /7

Karine Giebel, la plus imaginative

Karine Giebel, la plus imaginative

Si la séquestration et l’enfermement sont les thèmes de prédilection de Karine Giebel, la Française s’est attaquée au road movie, un nouveau genre, pour son prochain livre Satan est un ange. En apparté, deux de ses romans devraient bientôt être adaptés au cinéma. Un risque que l’auteur prend en espérant que son public soit au rendez-vous.

Pour celles qui ne vous connaîtraient pas, lequel de vos livres devrait-on lire en premier ?

Juste une ombre est le livre parfait pour découvrir mon univers et y entrer. Il n’est ni trop noir ni pas assez, c’est le juste milieu et c’est aussi celui que conseillent les libraires.

Qu'est-ce qui vous inspire pour écrire ?

Mon plaisir est de créer des personnages, je les construis et ils prennent vie. Je fais un jeu de rôle, je n’ai aucun mal à me glisser dans la peau d’un de mes personnages. C’est toujours plus difficile pour les meurtriers mais c’est intéressant de comprendre comment quelqu’un peut en arriver là, comment une personne devient mauvaise. J’aime le fait qu’un monstre peut se cacher derrière une personne humaine. J’ai généralement une petite idée de départ quand je commence à écrire. Je mets environ six mois à terminer un livre, en travaillant jour et nuit.

Vous écrivez de nombreux passages violents, comment l'expliquez-vous ?

Je ne sais pas d’où me vient cette inspiration, c’est un grand mystère. Je ne me base pas sur des faits divers. Mais je pense que l'on a tous de la violence en nous, et moi je l’exprime en écrivant, c’est ma passion. Je ne sais pas écrire autre chose que du noir, je ne pourrais jamais faire de la comédie. Et surtout, je ne pourrais pas écrire sans musique. J'écoute beaucoup de classique parce que ça m’aide à me sentir plus proche de mes personnages.

Ses 3 polars

- Blaze de Stephen King
Parce que c’est tout simplement un chef d’œuvre et un portrait épatant et tellement attachant.

- Piège nuptial de Douglas Kennedy
Parce que c’est à la fois angoissant et drôle.

- Le syndrome E de Franck Thilliez
Parce qu’on apprend beaucoup de chose du côté scientifique.

7 /7

Tim Willocks, le plus érudit

Tim Willocks, le plus érudit

Lorsque l’on rencontre Tim Willocks, on s’étonne que l’auteur de La religion, premier tome d’une trilogie historique, bute en cherchant ses mots alors que sa prose coule si facilement. S’il est en train de s’atteler au dernier livre de sa série, l’Anglais connaît déjà le fil de son prochain roman, un western qui se déroulera à la Nouvelle-Orléans.

Votre trilogie se passe à Paris, d'où est venue votre envie d'écrire sur cette ville française ?

Je voulais écrire sur cette ville, qui est sûrement la plus inspirante pour les auteurs. J’ai finalement eu l’audace de m’y mettre. La première fois que je suis venu à Paris, c’était en 1978. Depuis j’ai dû y passer trois ans. J’ai également écrit la moitié de mon dernier livre dans cette ville. Dans la pièce où je travaillais, j’avais une vieille carte de la ville où je plaçais les intrigues et les différents déplacements des personnages. Mon roman se passe au 16ème siècle, parce que la bonne vieille époque me manque. Aujourd'hui, je trouve Paris trop poli, trop propre sur elle. Ce siècle m’a intéressé à travers la politique menée autrefois. Je pense que la série se terminera avec le troisième tome mais je ne sais pas encore comment cela se finira.

Comment se passe l'écriture de vos romans ?

Pour moi, les recherches sont souvent une excuse pour ne jamais commencer un livre. J’ai beaucoup de mal à entamer un roman par peur de ne pas faire assez bien. Mais une fois que je suis lancé, j’écris en approximativement un an. Ce qui est relativement rapide comparé à l’année de recherche qui a précédée l’écriture de Les Douze Enfants de Paris et les cinq années de peur qui n’ont pas été aidées par mes trois ans de sevrage de nicotine. Pour moi, l’écriture est la partie la plus facile. Je suis souvent guidé par mon inconscient. En me relisant, je découvre littéralement des dialogues entre mes personnages, comme si je ne les avais pas imaginés moi-même. Je n’avais aucune idée de comment mes personnages avaient eu ces conversations. Je me laisse guider par mon imagination sans savoir où elle va m’entraîner.

Est-ce que votre ancienne profession de médecin influence votre façon d’écrire ?

Oui j’en suis persuadé, je pense que tout ce qu’on fait nous influence en tant qu’écrivain. Je fais souvent des références à la médecine dans mes ouvrages, particulièrement dans le dernier. Je sais que j’ai voulu donner la description la plus précise possible de la naissance. La moitié du livre est donné selon la vision d’un personnage féminin. Ce n’est pas facile de se mettre dans la peau d’une femme, c'était quelque chose que j’approchais avec moins de confiance que les personnages masculins. Mais j’aimais cette idée de donner la vie dans ce monde peuplé de morts parce que la naissance rapproche tout le monde selon moi. J’ai eu envie de commencer à écrire dès mes 15 ans mais je me suis dirigé vers une carrière de médecin, qui convenait plus à mes parents. Je n’étais pas satisfait de ma vie en tant que docteur, ce qui m’a donné envie d’écrire en parallèle. En 2005, je me suis dit que j’avais payé ma dette à la société et que je pouvais me concentrer sur ma carrière d’auteur.

Ses 3 polars préférés

- La Moisson rouge de Dashiell Hammett
Parce que c’est le premier grand roman du 20ème siècle qui lance la tradition du livre noir. Il est original, dynamique et violent et il est toujours aussi moderne.

- White Jazz de James Ellroy
Parce que j'aime son romantisme sauvage que l’on ne retrouve dans aucun autre livre. Egalement pour son style, le meilleur et ce sentiment tragique que l’on ressent pour les personnages.

- Dog soldiers de Robert Stone
Parce que l’histoire est très bien, sur un trafiquant de drogue des années 70. Et aussi parce que le héros n’est pas héroïque mais faible. Il se retrouve coincé dans cette réalité. C'est vraiment cynique mais très drole, il y a beaucoup de satire.

Sophie Bouchet
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