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"Hope" : Loulou Robert confirme son talent avec un nouveau roman

Grâce à son second roman "Hope", Loulou Robert prouve définitivement qu’elle a non seulement l’étoffe d’un top model mais aussi d’une femme de lettres. Portrait d’une jeune femme à suivre de près.

En 2016, un premier roman déboulait sur les tables de librairies, étonnant par sa justesse et sa fraîcheur. Son auteure : Loulou Robert, 24 ans, mannequin. Une lubie de modèle désœuvrée ? Pas du tout. Fille du journaliste Denis Robert, qui a dévoilé l’affaire Clearstream, elle a vécu dans l’angoisse les dix années de bataille juridique qui ont suivi. Elle trouve refuge dans la lecture : Proust, Fante ou encore Balzac. Après le bac, elle part étudier la philosophie et les sciences politiques à la Sorbonne… puis, très vite, plaque tout pour se lancer dans le mannequinat à New York.

 

Révélation littéraire

 

La voici dans un appartement de Brooklyn avec une ribambelle de colocataires. Très vite, elle s’impose, notamment grâce à une séance photo nue. Inez & Vinoodh la repèrent. Sa carrière est lancée. Mais elle décide de rentrer : "J'aime profondément New York, la ville me manque très souvent mais je ne regrette pas de l'avoir quittée. J'étais épuisée, vidée : j'avais besoin de tourner la page." Pendant ses pérégrinations américaines, une histoire se dessine dans un petit coin de sa tête.  Elle commence son premier roman dans un café, toute la journée assise devant une boisson chaude. "J'étais pressée par une envie, un besoin plutôt : écrire. J'avais un vide en moi, des questions sans réponse. Rien ne m'habitait réellement. Dès la première ligne, le vide s'est comblé. J’étais libérée, je respirais enfin. J'ai su que c'était ce qui me manquait. Que je voudrais écrire jusqu'à la fin." Ce livre s’appellera Bianca, du nom de son héroïne et narratrice. Elle est ado, anorexique et suicidaire : de quoi être envoyée en hôpital psychiatrique, où elle trouvera un peu plus de joie, de confiance et d’amour.

Un livre autobiographique ? Loulou Robert s’en défend lors des interviews dont elle est assaillie à la sortie de Bianca. Si elle a connu un épisode dépressif au lycée qui aurait affecté son alimentation, elle n’en dira pas plus. Encore aujourd’hui, lorsqu’on lui demande ce qu’elle a donné d’elle à Bianca, jeune fille au caractère trempé dans l’acier et aux propos politiquement incorrects, elle répond avec pudeur : "Bianca est très proche de moi. Elle est un double fictif, une sorte de voix intérieure... Elle a mes yeux, ma façon de voir le monde. Quand j'imagine son visage, le mien apparaît."

De Bianca à Loulou

De Bianca à Loulou

Carton plein pour Bianca, petit phénomène littéraire de 2016. Au grand plaisir de Loulou Robert : si elle croyait à la force narrative du personnage de Bianca, elle est heureuse de constater que les lecteurs aussi. Et pas seulement. Les doutes existentiels faisant partie de la vie, beaucoup s’identifient à ce récit d’apprentissage. "Savoir que Bianca avait permis que des gens se sentent moins seuls, c'est le plus beau cadeau, commente Loulou. Les retours de jeunes et de parents, d'adultes ayant traversé la même solitude que les personnages: c'est ce qui a vraiment compté. Aujourd'hui, j'attends la même chose de Hope, que les lecteurs voyagent avec Bianca, à l'intérieur d'eux-mêmes parfois. J’ai voulu faire passer un message: découvrir qui l'on est prend parfois du temps."

 

En 2017, Loulou Robert franchit l’étape du second roman avec brio. On y retrouve Bianca, désormais âgée de 18 ans, qui s’installe avec son père à New York. Elle tente de se construire une nouvelle vie au lycée, mais, rattrapée par ses démons et rongée par une déception amoureuse, elle décide une fois encore de fuir sa réalité. "Les jeunes ne m’aiment pas au début. À la fin non plus. Ils me trouvent bizarre. Trop silencieuse. Trop aigre. Trop française. Trop différente. Je passe mes journées seule", lit-on dans les premières pages.  Pas évidente à aimer, cette Bianca : on la trouve tour à tour agaçante, inconsciente, belliqueuse, insolente, nonchalante… Elle nous exaspère tout en nous séduisant : comme l’a écrit Frédéric Beigbeder, "comment ne pas rendre grâce à Loulou Robert pour sa charmante monstruosité ?"
C’est dans sa solitude et l’effervescence urbaine que son salut l’attend. Ou pas. Avec Hope, on plonge dans une New York hostile, irrésistible et imprévisible. Loulou Robert lui adresse une déclaration d’amour (ambivalente), ce qu’elle confirme : "J'ai vécu deux ans à New York. J'aime cette ville, je m'y sens chez moi. La première fois a été une claque, je suis tombée amoureuse. Puis j'ai emménagé... À New York, on a une vraie sensation de liberté mais on y est très seul, c'est dur de créer des liens sur le long terme avec les gens. Si la ville te pousse à faire des choses, elle te demande aussi beaucoup d'énergie et d'argent."

Jamais deux sans trois ?

Jamais deux sans trois ?

L’écriture de Loulou Robert est fluide, directe, sans détours. A travers Bianca sont détaillés le meilleur et le pire de la nature humaine. La jeune auteure possède un don à décrire des personnages qui, s’ils ne passent qu’un court instant, ont un rôle à jouer dans sa destinée. Comme Bianca, Hope est spontané, porté par un souffle romanesque qui n’a pas pu attendre trop longtemps : un an seulement sépare leurs publications respectives. Pourquoi être revenue si vite à la littérature ? "Je voulais attendre avant de me remettre à l'écriture, j’étais encore en pleine promotion… mais je n'ai pas réussi, raconte Loulou Robert. Bianca me manquait. Les débuts ont été difficiles car je n'aime pas faire plusieurs choses en même temps, surtout quand il s'agit de l'écriture. J'avais des angoisses. Un deuxième c'est compliqué, justement parce qu'il y a eu un premier. Les attentes, la peur de décevoir... J’ai eu quelques blocages aussi : je n'arrivais pas à savoir ce que cherchait réellement Bianca. J'ai donc laissé le manuscrit reposer, puis, vers le printemps, l'inspiration m'est revenue.... Les mots aussi. Et quand ça arrive, c'est juste merveilleux." Souhaitons à Loulou Robert que son inspiration ne la quitte pas de sitôt, afin qu’elle imagine vite les prochaines aventures de l’une des jeunes filles les plus vénéneuses de la littérature française contemporaine.

Sophie Rosemont
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