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Avec "Tortues à l’infini", John Green va-t-il nous faire encore pleurer ?

Six ans après le carton de "Nos Etoiles contraires", le livre qui a vidé des milliers de boîtes de mouchoirs à l’international, l’écrivain superstar de la littérature "Young Adult" revient avec "Tortues à l’infini", paru simultanément dans le monde entier il y a quelques jours. Etude de son potentiel lacrymal.

Lycéenne à Indianapolis, ville natale de John Green, Aza Holmes est jolie, sympathique et intelligente. Mais son quotidien est gâché par un fléau qui la ronge de l’intérieur : une peur panique de la saleté et des micro-organismes comme la bactérie du Clostridium difficile. Malgré ses séances chez la psy et l’usage intensif de gel antibactérien (qu’elle va jusqu’à avaler !), rien n’y fait, Aza est régulièrement envahie par un tourbillon de pensées négatives et anxiogènes. "J’ai des pensées que le docteur Karen Singh qualifie d’‘intrusives’ sauf que, la première fois qu’elle a dit le mot, j’ai compris ‘invasives’ ; ce que je préfère, dans la mesure où, comme les mauvaises herbes, ces pensées arrivent dans ma biosphère en provenance d’une terre très éloignée et que leur propagation est incontrôlable." Sa mère, attentive, et sa meilleure amie survoltée, Daisy, n’y peuvent pas grand-chose. Jusqu’au jour où elle apprend la disparition du père de son ami d’enfance Davis. Et qu’une énorme récompense est offerte à qui contribuera à le retrouver… 

Bonne nouvelle : on ne pleure pas tant que ça en lisant le nouveau John Green. Certes, on est forcément touchées par la souffrance d’Aza, incapable de prendre la main ou d’embrasser le garçon qui lui plaît, l’échange de fluides corporels devient source d’une terreur irrépressible. Les troubles obsessionnels compulsifs sont un fardeau au quotidien, surtout à l’adolescence, quand l’apparence et la représentation de soi sont fondamentales au bien-être social. Et, évidemment, derrière tout cela, il y a un passif familial douloureux, un deuil à surmonter et un destin à affronter.

On est aussi émues par le personnage de Davis, fils du milliardaire Russell Pickett, livré à lui-même avec la seule compagnie de son petit frère Noah, et dont la solitude n’a d’égale que sa sensibilité. Tout au long du récit, notamment via son blog, on le voit se débattre dans sa mélancolie : "Le pire, dans le fait d’être totalement seul, c’est de se remémorer toutes les fois où on aurait tellement voulu qu’on nous laisse tranquille. Et puis, ça arrive, on vous laisse tranquille et on se révèle être une très mauvaise compagnie." Comme John Green, qui n’a pas caché lors de la parution de Tortues à l’infini qu’il s’agissait de son roman le plus personnel. En effet, il parle aussi de lui et de la maladie mentale dont il souffre depuis longtemps. Ce n’est pas la même que celle d’Aza, mais elle semble suffisamment coriace pour empoisonner son existence. On le croit sur parole lorsqu’il affirme qu’écrire le livre a été "un long chemin douloureux".

Or, Aza ne risque pas (vraiment) de mourir, ce qui était le cas des héros atteints de cancer dans Nos étoiles contraires. Sa pulsion de vie reste la plus forte. Sa relation avec Davis et leur rapport mutuel à l’astronomie, la faune et la flore lui permettent, finalement, de relativiser (un peu) la maladie. De plus, aussi exaspérante soit-elle, sa meilleure amie fofolle Daisy est une parfaite diversion qui permet de contourner le pathos sans en avoir l’air. Addict à Star Wars, elle écrit en ligne une fan fiction très populaire entre Rey et Chewbacca, et ne cache pas son intérêt ni pour l’argent, ni pour les garçons. Elle est l’alliée pour la vie d’Aza, malgré leurs différends : "Toute ma vie, j’ai cru que j’étais l’héroïne d’une bonne comédie romantique alors qu’en fait je suis en plein dans un film à la noix sur l’amitié."

D’autre part, le suspense suscité par l’intrigue d’influence policière permet à Tortues à l’infini de sortir aussi des états d’âme d’Aza : pourquoi le père de Davis a-t-il disparu et est-il vivant ? Ainsi, le lecteur ne se laisse pas dévorer par les "pensées en spirale" subies par Aza – définitivement l’un des personnages les plus attachants de John Green. En revanche, on vous prévient : le dénouement est à la fois une belle leçon d’optimisme et un moment très fort en émotions, le tout sur deux pages seulement. Là, peut-être, la boîte de mouchoirs pourrait s’avérer très utile...


John Green, Tortues à l’infini, Gallimard.

Sophie Rosemont
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