Livres : l'auto-édition, ça marche !

Avec son best-seller, "De mon Sang", Amanda Hocking est devenue la star millionnaire des écrivains autoédités. Tentés par ce succès, de plus en plus d’auteurs zappent la case éditeur et se lancent sur le Net. Vraie bonne idée ou pari risqué ? Décryptage.

Livres : Edite yourself !
© Getty - Gladys Marivat

Depuis cet été, on ne parle que d’eux. David Forrest, Laurent Bettoni, Gérard de Villiers… A la rentrée, sept des dix meilleures ventes sur Kindle Amazon étaient des titres édités par leurs auteurs. Marie-Pierre Sangouard, directrice de ce programme en France permettant de s'autoéditer, est formelle : "Dans le top 100 de nos ventes de livres numériques, 30% proviennent de notre plateforme d’auto-édition".

La nouvelle a provoqué une avalanche d’articles cherchant à nuancer le phénomène. Il y aurait beaucoup de déçus. Ces quelques best-sellers cacheraient la forêt des écrivains oubliés. Et comment imaginer un monde sans éditeurs ? L’étude de la société de services, Talist, la première du genre, devait apporter le coup de grâce : sur les 1007 écrivains autoédités interrogés, la moitié avait touché moins de 500 dollars en 2011. Pauvres et anonymes, les écrivains autoédités ? Certes, sans avances sur droits, ni vrai dispositif de marketing, de distribution et de diffusion, le modèle est fragile. Mais l’argumentaire mériterait d’être plus nuancé quand on sait que beaucoup d’auteurs édités traditionnellement ne vivent pas de leur plume et que les avances sur droits ont tendance à diminuer.

En France, contrairement aux Etats-Unis, l’auto-édition en ligne est perçue comme un échec. Pourtant, les lecteurs commencent à être au rendez-vous… Même si les ventes n’ont pas de quoi inquiéter les éditeurs. Bien sûr, tout n’est pas bon dans l’auto-édition. C’est une évidence. Et plutôt que de lancer un débat assez vain sur le rôle des maisons d’éditions, que personne ne conteste, mieux vaut s'intéresser au phénomène et aux auteurs. Un tremplin vers l’édition, un projet loisir, plus de liberté, ou encore l’occasion de tester des nouvelles formes d’écriture participative et/ou collaborative ? Les raisons et les motivations des auteurs sont nombreuses et témoignent de la liberté et de la simplicité qu’offre le Web. Rencontres.