Les répliques cultes de Gainsbourg
Serge Gainsbourg a trouvé comment nous dire adieu il y a 20 ans déjà. Pour l'occasion, Glamour.com revient sur les bons mots du dandy à la tête de chou et au coeur tendre.
play PAR BETHSABÉE KRIVOSHEY-
"Qui a coulé le Titanic ? Iceberg. Encore un juif..."
C'est donc clair : c'est du Gainsbourg, "oui monsieur" précise-t-il encore. Roi auto-proclamé des aphorismes, cette interview recèle de perles : "Doit-on dire un Noir ou un homme de couleur ? Tout ceci n'est pas clair." Et une dernière pour la route : "Mathématiquement, mes jours sont comptés." Sans blagues.
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"Qui a coulé le Titanic ? Iceberg. Encore un juif..."
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"L'aventure moderne n'est pas dégueulasse"
C'est ce qu'il explique à Catherine Ringer, chanteuse des Rita Mitsouko, qu'il traite au passage de "pute" alors qu'elle évoque son expérience du porno devant lui. Le ton monte, elle le traite en retour de "dégueulasse" : un point partout ?
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"L'aventure moderne n'est pas dégueulasse"
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"Le comble de la misère, "c'est l'absence de papier cul"
Voici ce qu'il déclare à Béatrice Dalle sur la fin de vie, alors qu'il lui fait une interview de Proust. On sent le vécu, les années de misère et galère pour le pianiste des Lilas. Et l'humour aussi, évidemment. D'ailleurs, Béatrice est féroce et ne se laisse pas totalement voler la vedette.
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"Le comble de la misère, "c'est l'absence de papier cul"
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"Elle me trouvait affreux, je la trouvais pas terrible."
C'est lors du tournage du film Slogan, réalisé par Pierre Grimblat en 1969, que Serge Gainsbourg et Jane Birkin se rencontrent. Présentant le film au journaliste Serge Duclos, Gainsbourg décrit en ces termes leur première impression.
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"Elle me trouvait affreux, je la trouvais pas terrible."
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"Prendre les femmes pour ce qu'elles ne sont pas et les laisser pour ce qu'elles sont."
Les aphorismes de Gainsbourg sont le comble de l'adage moderne, et de l'ironie : c'est Birkin qui est partie, avec le réalisateur Jacques Doillon.
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"Prendre les femmes pour ce qu'elles ne sont pas et les laisser pour ce qu'elles sont."
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"Moi, je suis un lâche, je frappe que les femmes."
Bambou l'interview, Gainsbourg rebondit. Lorsqu'il demande à Bambou s'il lui a déjà "cassé la gueule", elle lui répond : "Tu te rappelles pas à Los Angeles?" Souvenirs, souvenirs de Gainsbarre qui sortent du placard.
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"Moi, je suis un lâche, je frappe que les femmes."
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"Si je ne provoque pas, je n'ai plus rien à dire."
La provocation comme dynamique créative, et comme idée fixe : "J'ai envie de secouer les gens, qu'il en tombe quelques pièces de monnaie..."
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"Si je ne provoque pas, je n'ai plus rien à dire."
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"You are not Reagan, and I'm not Gorbatchev, so don't try : I said I want to fuck her."
(traduction : T'es pas Reagan, je suis pas Gorbatchev, alors arrête : j'ai dit que je voulais la b*****.) Voilà qui pourrait paniquer Michel Drucker, en direct avec Gainsbourg en mode clairement Gainsbarre, et la belle Whitney Houston, qui débarque en France... Et qui hallucine de la franchise française en version anglaise.
Whitney Houston Serge Gainsbourg
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"You are not Reagan, and I'm not Gorbatchev, so don't try : I said I want to fuck her."
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"C'est illégal ce que je vais faire, mais je vais le faire quand même."
Provocant jusqu'au bout des ongles, voici comment Gainsbourg dénonce les impôts français, qui lui taxent ses revenus à plus de 70% : en brûlant un billet vert. 500 francs en fumée à la face des bons citoyens, en direct à la télé, c'est plus que de la provo : c'est une performance.
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"C'est illégal ce que je vais faire, mais je vais le faire quand même."
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"Moi, je trouve que t'as une sale gueule."
En auto-interview, de Gainsbarre à Gainsbourg, Serge n'est pas tendre. Ce qui ne l'empêche pas d'être drôle, et lucide : "J'aimerais bien changer de queue, pour avoir un plus gros calibre. Du genre rechargeable, huit coups." Bim !
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"Moi, je trouve que t'as une sale gueule."
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"Je suis un piqueur, je suis un escroc."
Citant Nabokov à Bambou lorsqu'elle l'interroge sur le personnage de Samantha de l'album You're Under Arrest, Gaisnbourg s'affirme ainsi en tant qu'artiste : un voleur. Puis il ajoute au sujet des femmes : "Dans Harem y'a "aime", mais j'y crois pas trop. On n'a qu'un coeur, et un coeur, ça suffit une personne."
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"Je suis un piqueur, je suis un escroc."
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"Je suis en litige constant avec moi-même, constamment en porte-à-faux et jamais satisfait... C'est mon drame."
As du paradoxe, éternel incompris, insaisissable, pourtant il se confie sincèrement à Françoise Hardy.
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"Je suis en litige constant avec moi-même, constamment en porte-à-faux et jamais satisfait... C'est mon drame."
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"Je n'ai aucune prétention à être moi-même."
Prenant sa figure de poète parolier à contre-pied, voilà ce qu'il rétorque élégamment à Denise Glaser lorsqu'elle le définit comme "un faussaire de génie", capable à la fois de créer pour les autres et pour lui-même.
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"Je n'ai aucune prétention à être moi-même."
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"Ce qui est de mauvais goût, je trouve ça déjà intéressant, a priori."
On lui demande de s'expliquer sur le titre de sa chanson Nazi Rock, en 1975. Sauf qu'en 1966 déjà, Serge aimait à composer des chansons qui, sous couvert d'un titre innocent, n'en laissaient pas moins perplexes. C'est ainsi que lorsque le sucre d'orge coule dans la gorge d'Annie, elle est au paradis...
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"Ce qui est de mauvais goût, je trouve ça déjà intéressant, a priori."
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"Je suis un insoumis !"
Gainsbourg rebelle jusqu'au bout le crie tout haut sur scène à Strasbourg, lorsque les parachutistes patriotiques l'empêchent de chanter sa version de la Marseillaise, Aux armes, etc.
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"Je suis un insoumis !"
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